BBR m. Bibliothèque botanique EMILE BURNAT Catalogue M" Provient de Livres provenant de la bibliothèque botanique d'Emile Burnat i 1828-4920), insérés eu octobre 1920 dans la bibliothèque du Conservatoire botanique de Genève, conformément à l'Acte de donation d'Emile Burnat en date des 21 et 25 janvier 1914, § V. SU COM8EKV *'■»-— iiiiisEVS SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Paiis. — Imprimerie île L, Martinet, iuo Mignon, 2 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE FONDEE^ LE 23 AVBiL 185/» » TOME PREMIER LIBRARr NEW YOKK BOTANICAL OAKDEN . JPLICi DU CONSERVATOIRE botanique de gei- YENJPÏJ EN 1922 PARIS AU BUREAU DE LA SOCIÉTÉ RUE DU VIEUX-COLOMBIER , 24 - M ■ u, v.l Itsf '«se STATUTS ET REIiLEHE\T ADHIMSTIUTIF DE LA SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE l CHAPITRE PREMIER. Constitution de la Société. Article 1 1 1]. La Société prend le titre de Société Botanique de France. Art. 2 [II]. Elle a pour objet : 1° De concourir mu; progrès de la Botanique et des sciences qui s'y rat- tachent. 2° De faciliter, par tous les moyens dont elle peut disposer, les études et les travaux de ses membres. Art. 3 [Ulj. Le nombre des membres de la Société est illimité. Les Français, quel que soit le lieu de leur résidence, et les étrangers peuvent également et au même titre, en faire partie. Art. h. Pour faire partie de la Société, il faut s'être fait présenter dans une de ses séances par deux membres qui auront signé la présentation, et avoir été proclame dans la séance suivante par le Président. ù= Tri ^ CHAPITRE II. Administration de la Société. \ Art. 5 [IV]. L'Administration de la Société est confiée à un Bureau et à tgi Conseil, dont le Bureau fait essentiellement partie. ' Art. 6 [VIII]. Les membres du Conseil et ceux du Bureau, sauf le Pré- sident, sont élu* à la majorité absolue. (1) Les articles des statuts sont imprimés en italique. t i. a. ]J SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. Art. 7. L'élection de chaque ordre de fonctionnaires se fait au scrutin secret sur un seul bulletin. Si un second tour de scrutin est nécessaire, l'élection a lieu non plus à la majorité absolue, mais à la pluralité des suffrages. Art. 8. Aucune décision administrative ne peut être prise par la Société lorsque le nombre des membres présents est moindre que le quart des membres résidents. CHAPITRE III. Du Bureau. Art. 9 [V |. Le Bureau est compost' : D'un Président, De quatre Vice-Présidents, De deux Secrétaires, ' De deux Vice-Secrétaires, D'un Trésorier, D'un Archiviste. Art. 10 [VI]. Le Président et les Vice-Présidents sont élus pour une année ; Les Secrétaires, les Vice-Secrétaires, le Trésorier et l'Archiviste pour quatre années ; ces deux derniers sont seuls réêligibles. L,e Secrétariat est renouvelé pur moitié tous les deux ans. Art. 11 [IX]. Le Président est choisi , à la pluralité, parmi les quatre Vice-Présidents de l'année précédente. Tous les membres sont appelés « participer à son élection directement ou par correspondance. Art. 12. Pour l'élection du Président, tout membre qui ne peut assister à la réunion électorale doit envoyer au Secrétariat, avant la séance de jan- vier, son suffrage individuel dans un bulletin cacheté et enfermé dans une lettre signée de lui. Art. 13. Le Président sortant ne peut être immédiatement élu Vice- Président. Art. \h. Le Président distribue entre les membres du Secrétariat les tra- vaux du Bureau et de la correspondance avec la France et l'étranger. Art. 15. Les Secrétaires, et au besoin les Vice-Secrétaires, sont chargés: 1" De rédiger les procès-verbaux des séances de la Société et du Conseil ; 2° De diriger l'impression du Bulletin et en général toutes les publications scientifiques et administratives de la Société, conformément aux décisions des Commissions de publication, dont ils font nécessairement partie; 3° De correspondre, sous la direction du Président, avec toutes personnes STATUTS ET RÈGLEMENT. 11J eu France et à l'étranger, pour ce qui concerne les travaux et les affaires de la Société, autres que les affaires de finance ; U° De convoquer la Société, le Conseil et les Commissions quand il en est besoin; 5° De préparer les ordres du jour; 6° De veiller, avec le Président, à l'exécution du règlement. Art. 16. L'Archiviste est chargé de la garde des propriétés delà Société; il en dresse un inventaire. Il a sous sa direction la Bibliothèque ; il en forme le catalogue et il tient un registre des manuscrits envoyés. Enfin il a sous sa garde tous les documents et titres appartenant à la Société. Art. 17. Les Secrétaires ont seuls le droit d'emporter des livres delà Bibliothèque hors du local de la Société. Tls ne le peuvent faire toutefois sans en laisser un reçu sur le registre tenu à cet effet par l'Archiviste, et ils doivent les rapporter dans la quinzaine. Art. 18. Le Trésorier est chargé du recouvrement des sommes dues à la Société et des sommes provenant de legs ou donations. Il tient un registre des recettes et dépenses, que tous les membres ont droit de consulter. Art. 19. Le Trésorier ne peut faire aucun emploi extraordinaire des fonds de la Société, sans une délibération spéciale du Conseil. Art. 20. Tous les trois mois le Trésorier présente l'état des recettes et des dépenses. CHAPITRE IV. llu Conseil et des Commissions. Art. 21 [VII]. Le Conseil est formé de douze membres, dont quatre sont remplacés chaque année. Art. 22. Le Président fait convoquer le Conseil toutes les fois que les affaires de la Société le demandent. Dans tous les cas, il est tenu de le réunir sur l'invitation signée de trois membres du Conseil. Art. 23. A chaque reunion du Conseil, ses membres constatent leur pré- sence par l'apposition de leur signature sur un registre à ce destiné. Tout membre du Conseil, qui n'y assiste pas pendant trois séances consé- cutives est censé démissionnaire. Apres avoir été averti , il est remplacé, s'il ne présente des excuses valables. Art. 2k. Le Conseil ne peut prendre de décision s'il ne reunit au moins sept de ses membres. i v SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Sur la proposition de trois membres, le vote peut avoir lieu au scrutin secret. Art. 25. Sur la demande de trois membres du Conseil, il peut être fait appel à la Société des décisions qui n'auraient pas été prises aux deux tiers des voix. Art. 26. Les procès-verbaux des séances du Conseil doivent être trans- crits sur un registre coté et paraphé par un des Secrétaires. Ils doivent être écrits à la suite, sans aucun blanc ni intervalle, et signés parle Président et par le Secrétaire qui a tenu la plume. Les renvois doivent être paraphés et les mots rayés doivent être approuvés. Art. 27. Le Conseil se réunit dans la dernière quinzaine de décembre pour examiner l'état des affaires de la Société et nommer la commission de comptabilité chargée spécialement de vérifier la gestion du trésorier et la commission des Archives, chargée de vérifier celle de l'Archiviste. Ces deux commissions ne peuvent être composées de moins de trois mem- bres et elles font leur rapport dans la dernière séance de janvier. Ar.T. 28. Le Conseil élit annuellement, à la même époque, deux commis- sions permanentes d'impression , chacune de trois membres , l'une pour la publication du bulletin et l'autre pour l'impression des mémoire». Les nominations sont proclamées dans la première séance de janvier. Art. 29. La commission de publication du bulletin prononce sur l'inser- tion textuelle ou par extrait ou analyse, dans le bulletin, des mémoires ou notes lus etdes communications verbales faites à la Société. Klle vcilleà ce qu'il ne s'y introduise rien d'étranger à l'intérêt de la science. Art. 30. La Commission d'impression des mémoires fait les rapports qui lui sont demandés par le Conseil, sur les manuscrits dont l'impression est proposée. Elle veille à ce que les auteurs des mémoires admis se ren- ferment dans les limites fixées par le Conseil, pour le nombre de feuilles de texte, le nombre et l'importance des planches et a ce qu'ils n'y introdui- sent rien d'étranger a l'intérêt de la science. Art. 31. Dans le cas ou l'un des membres de la Commission d'impres- sion des mémoires aurait lui-même un mémoire en cours de publication, il ne pourra prendre part aux travaux de cette commission, tant que du- rera l'impression de son travail. Le Secrétaire qui se trouverait dans le même cas, sera remplacé , durant ce temps , dans la Commission , par l'un des Vice-Secrétaires. Art. 32. Les membres sortant des Commissions d'impression ne peuvent être réélus immédiatement membres de la même Commission, après trois ans consécutifs d'exercice. Art. 33. Les membres des Commissions peuvent être pris indistincte- ment dans la Société ou dans le Conseil. Art. V\. Tout membre d'une Commission qui n'a pas assisté a ses réu- STATUTS ET REGLEMENT. V nions pendant trois séances consécutives , est censé démissionnaire. Après avoir été averti, il est remplacé, s'il ne présente des excuses valables. CHAPITRE V. Ile la tenue des Séance», Art. 35 [X]. La Société tient ses séances habituelles à Paris, du premier novembre à la fin de juillet. Art. 36. La Société se réunit deux fois par mois. Il y a par exception trois séances dans le mois de janvier. La première est consacrée spéciale- ment aux élections pour le remplacement des membres sortants du bureau et du Conseil. Le tableau des jours de réunion est imprimé sur la couverture du bulletin. Une carte nominative, contenant les mêmes indications est envoyée chaque année à tous les membres de la Société. Art, 37. Les membres sont convoques à domicile pour la première séance de novembre, les séances d'élections et celles des compte rendus de l'année. Art. 38. Pour assister aux séances, les personnes étrangères à la Société doivent être présentées chaque fois par un de ses membres. Art. 39. La présence du Président ou d'un des Vice-Présidents, assisté d'un des Secrétaires ou Vice-Secrétaires, suffit pour constituer le bureau à chaque séance. En cas d'absence du Président et des Vice-Présidents, le Trésorier ou à son défaut l'Archiviste occupe le fauteuil; et en cas d'absence des Secré- taires et Vice-Secrétaires, le Président du jour désigne un des membres du Conseil pour en remplir les fonctions. En cas d'absence de tous les membres du bureau, les fonctions de Prési- dent sont remplies par le plus âgé des membres du Conseil présents à la séance et celles de Secrétaire par le plus jeune. Art. 40. Les procès-verbaux des séances sont rédigés dans l'intervalle d'une séance à l'autre. Art. 41. Chaque séance commence par la lecture du procès-verbal de la séance précédente et de l'ordre du jour. Le procès-verbal de la séance qui précède les vacances de la Société, est soumis seulement à l'approbation du Conseil. Les lectures faites par les membre de la Société ont lieu dans l'ordre de leur inscription et les communications des personnes étrangères à la Société vi SOCIÉTÉ BOTANIQUE 0K FRANCE. après celles des membres, sauf les cas d'urgence, qui seront appréciés par le bureau. Art. 42. Les membres de la Société ne peuvent lire devant elle aucun ouvrage déjà imprimé. Art. 43. Les membres qui ont fait des communications verbales ou pris part aux discussions peuvent remettre des notes au Secrétaire pour la ré- daction du procès-verbal. Art. 44. Aucune communication ou discussion ne peut avoir lieu sui- des objets étrangers à la Botanique ou aux sciences qui s'y rattachent. Art. 45. Dans les séances ordinaires il n'est question d'aucun objet relatif à l'administration qu'à la demande du Conseil. Toutes les observations relatives à l'administration sont adressées par écrit au Président qui en réfère au Conseil à sa plus prochaine réunion. CHAPITRE VI. Mes réunions extraordinaires. Art. 46 [XI]. La Société pourra tenir des séances extraordinaires sur des points de la France qui auront été préalablement déterminés. Un bureau sera spécialement organisé par tes membres présents à ces réunions. Art. 47. Le lieu de ces réunions sera indiqué, d'après une délibération du Conseil soumise à l'approbation de la Société. CHAPITRE VII. Des publications. Art. 48. La Société contribue aux progrès de la Botanique, par la pu- blication de son bulletin et par celle de collections de mémoires. Art. 49 [XII]. Le bulletin des travaux de la Société est délivré gratuite- ment à chaque membre. Art. 50. Ce bulletin contient les procès-verbaux des séances de la Société, une analyse des communications qui lui sont faites ou adressées dans ces mêmes séances et les décisions du Conseil qui peuvent être d'un intérêt général pour la Société. ' Il comprend, en outre, une Revue bibliographique des publications rela- tives à la Botanique qui parviennent à la connaissance de la Société. STATUTS ET RÈGLEMENT . Vlj Art. 51. Le Bulletin est imprimé aux frais de la Société dans le format m-8". Il peut être échangé contre d'autres publications scientifiques et ne peut être vendu aux personnes étrangères à la Société, qu'au prix de la co- tisation annuelle. Art. 52. Le Bulletin parait, autant que possible, au commencement de chaque mois, par cahier de deux à trois feuilles. Art. 53. LaBevue bibliographique est faite avec la collaboration de tous les membres de la Société qui voudront bien répondre à l'appel de la Com- mission du Bulletin. Cette Commission règle la nature et l'étendue des articles dont ses colla- borateurs sont chargés. Art. 54. Les articles de la Bévue bibliographique ne portent pas de signa- ture. Leurs auteurs n'y exprimeront aucune opinion sur le mérite des ou- vrages dont ils doivent simplement et brièvement rendre compte. Art. 55. Les articles de critique scientifique ne peuvent être reçus qu'à titre de communications et sont publiés, sous la responsabilité personnelle de leurs auteurs, dans la première partie du Bulletin. Art. 56. Les communications verbales dont les auteurs ne donnent pas une analyse écrite dans les huit jours qui suivent la séance où elles ont été faites, ne sont que signalées dans le procès-verbal d'après les notes prises par les Secrétaires. Art. 57. Les membres n'ont droit de recevoir que les volumes des an- nées du Bulletin pour lesquelles ils ont payé leur cotisation. Toutefois les volumes correspondant aux années antérieures à leur entrée dans la Société, leur sont cédés moyennant une indemnité déterminée par le Conseil. Art. 58. Les auteurs des notes ou mémoires insères au Bulletin et cou- tenant au moins un quart de feuille, peuvent obtenir la remise gratuite de quatre épreuves de ces communications, en en faisant, avant l'impression, la demande au Secrétariat. Art. 59. Quelle que soit la longueur des notes ou mémoires insérés au Bulletin, les auteurs pourront en faire faire, à leurs frais, un tirage à part de cinquante exemplaires au plus. L'exercice de cette faculté est soumis aux conditions suivantes : 1° L'auteur qui voudra en profiter devra en faire la déclaration expresse, et par écrit, en tête de son manuscrit. 2° Il devra s'entendre directement avec l'imprimeur pour le remaniement de la composition et le paiement. 3° Le tirage a part devra rester entièrement conforme au texte du bul- letin. Il ne pourra être remis à l'auteur que huit jours après la publication de la partie du Bulletin contenant le Mémoire. k" Le faux titre devra porter : Extrait .du Bulletin de la Société bota- nique de France. VI ij SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Art. 60. Les mémoires de la Société paraîtront, soit séparément, soit par volumes ou demi-volumes in-/i°. Un règlement particulier en fixera le mode de publication. CHAPITRE VIII. Des propriétés, «les revenus et «les dépenses «le In Société. Art. 61 [XIII]. Les dons faits à la Société sont inscrits au Bulletin avec les noms (les donateurs. Art. 62. Les échantillons envoyés à l'appui des mémoires, sont consi- dérés, par ce fait seul, comme donnés à la Société, qui en disposera comme elle le jugera convenable, à moins que les auteurs n'aient exprimé formel- lement, lors de l'envoi, une volonté contraire. Art. 63. Les membres qui cessent de faire partie de la Société ne peuvent réclamer aucune part dans ses propriétés. Art. 6^ [XIV]. Chaque membre paie une cotisation annuelle de 30 //•. Cette cotisation annuelle peut, au choix de chaque membre, être remplacée par une somme de 300 fr. une fois payée. Art. 65. La cotisation annuelle est due par les membres de la Société jusqu'au jour où ils ont reçu le Bulletin sans envoyer leur démission. Dans le cas où, après un avis du Trésorier, un membre se trouverait débiteur au 1 er janvier, d'une année de cotisation, s'il réside en France, et de deux années s'il réside à l'étranger, le Bulletin cessera de lui être envoyé. Si, sur un nouvel avis du Trésorier, qui lui sera adressé dans le courant de l'année suivante, il ne satisfait pas au paiement, il cessera de faire partie de la Société et sera rayé de la liste des membres. Art. 66 [XV]. La Société régie annuellement le budget de ses dépenses. Dans la première séance de chaque année, le compte détaillé des receltes et des dépenses est soumis à l'approbation de la Société. Ce compte est publié dans le Bulletin. Art. 67. Les dépenses sont divisées en ordinaires et extraordinaires. Les dépenses ordinaires se composent du loyer, des contributions, des frais de bureau et d'impression, des frais d'entretien des meubles et du local, et du port des lettres et paquets adressés à la Société. Les dépenses extraordinaires sont votées par la Société, sur la proposition du Conseil. Art. 68. La Société se charge de l'envoi gratuit du Bulletin, de l'affran- STATUTS ET RÈGLEMENT. 1* chissement des lettres relatives aux publications, des lettres de convocation et des avis imprimés. Art. 69. La Société ne s'engage jamais dans aucune dépense excédant •s son avoir. Aht. 70 [XVI]. En cas de dissolution, tous tes membres de la Société sont appelés à décider sur la destination qui sera donnée à ses propriétés. Disposition transitoire. — Ne seront pas soumis aux formalités pres- crites par l'art, h, les nouveaux membres qui donneront leur adhésion aux Statuts de la Société , moins d'un mois après l'expédition du premier numéro du Bulletin, lequel sera envoyé à tous les botanistes résidant en France. LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE au 15 juin 1854. AMBLARD (Louis), rue Duguay-Trouin, 17, à Paris. AVICE DE LA VILLEJAN, rue du Bac, 3/t, à Paris. BAILLON (H.), interne à l'hôpital de la Pitié, à Paris. BARAT, professeur au lycée Impérial d'Alger. BABKAU (Adolphe de), à Carcenac, près Rodez (Aveyron). BEAUTEMPS-BEAUPRÉ (Charles), substitut du procureur impérial, à Cherbourg (Manche). BONHOMME (Jules), naturaliste, à Milhau (Aveyron). BORDÈRE. instituteur primaire, à Gèdres, près Luz (Hautes-Pyrénées). BORNET (Edouard), rue Napoléon, 18, à Cherbourg (Manche). BOUCHARDAT, professeur à la Faculté de médecine, à l'Hôtel-Dieu, à Paris. ROUDIER, pharmacien, à Montmorency (Seine-et-Oise). BOUIS (de), docteur en médecine, rue Saint-Louis, hk, au Marais, à Paris. ROULOUMIÉ (louis), rue du Vieux-ttaisin, 26, à Toulouse. BOURGUIGNAT, préparateur à la chaire de paléontologie du Muséum, rue Saint- Guillaume, 2, à Paris. BOUTEILLE, à Magny-en-Vexin (Seine-et-Oise). BRICE (Georges), chef de bureau au ministère de la maison de l'Empereur, rue des Écuries-d'Artois, 13, à Paris. BRIMONT (le baron de), rue de Grenelle -Saint-Germain, 53, à Paris. BRONDEAU (Louis de), à Reignac, commune de Moirax, près Agen (Lot-et- Garonne). BRONGNIART (Adolphe), membre de l'Académie des sciences, etc., au Jardin des Plantes, à Paris. RRUTELETTE (B. de), à Abbeville (Somme). BUREAU (Edouard), rue Madame, 40, à Paris. XJj SOCIÉTÉ BOTANIQUE I>K FRANCE. CADET DE CIIAillBINF (Edmond), rue Saint-Joseph, 12, à Paris. CAILLETTE DE L'IIERVILLIERS, membre de l'Institut historique de France, rue Vavin, 6, à Paris. CALLAY (A), pharmacien, au Chêne (Ardennes). CARON (Henri), à Bulles (Oise). CHASTAIVET (A.), rue du Port-Saint-Ouen, 19, à Balignolles, près Paris. CHATIN (A.) , professeur à l'École de pharmacie , rue du faubourg Saint- Ilonoré, 208, à Paris. CHEVALLIER, chef d'institution, rue Villeneuve, 12, à la Bochelle. CLOS (D.), professeur à la Faculté des sciences de Toulouse. COMAR (Ferdinand), à Gisors (Eure). COSSOM (Ernest), docteur en médecine, rue du Grand-Chantier, 12, a Paris. COURTAUT (Henri), rue de l'Ouest, 35, à Paris. DARRIEUY (Arsène), docteur en médecine, maire de Saint-Jean-Picd-dc-Port (Basses-Pyrénées). DAUDIIV (H.), propriétaire, à Pouilly, par Méru (Oise). DECAISSE (J), membre de l'Académie des sciences, etc., au Jardin des Plantes, à Paris. DELASTRE, rue de l'Hospice, 23, à Poitiers. DELAUNAY, manufacturier, à Tours. DELESSERT (François), membre de l'Académie des sciences, etc., rue Mont- martre, 172, à Paris. DEROUET, membre du conseil général d'Indre-et-Loire, rue des Fossés-Sainl- Georges, h, à Tours, et rue Chabannais, 1, à Paris. DES MOULINS (Ch.), membre de plusieurs académies, rue et hôtel de Gourgues, à Bordeaux. DOUMET (E.), député au corps législatif, maire de Cette (Hérault). DOYERGNE, pharmacien, à Hesdin (Pas-de-Calais). DUROC (Edouard), ruedesGobelins, 27, Ingouville, au Havre (Seine-Inférieure). DUCHARTRE (P.), docteur es sciences, rue de Sèvres, 1/|, à Paris. DUFOUR (Léon), à Saint-Sever-sur-Adour (Landes). DUMOLIN (J.-B.), à Saint-Maurin, par Puymirol (Lot-et-Garonne). DUIVAL (Félix), piofesseur à la Faculté des sciences de Montpellier. DUPUY (l'abbé), professeur d'histoire naturelle au petit séminaire d'Auch (Gers). DURIEU DE MAISONNEUVE, directeur du nouveau Jardin des Plantes, allée des Noyers, 29, à Bordeaux. DUSACQ, libraire-éditeur, rue Jacob, 26, à Paris. DUVAL-JOUVE, inspecteur de l'Académie d'Alger. ÉLOY DE VICQ (Léon), place de la Placette, à Abbeville (Somme). FABRE, professeur d'histoire naturelle au lycée d'Avignon. FAYE (Léon), conseiller à la Cour impériale de Poitiers. LISTE DES MEMBRES. Xllj FÉE, professeur d'histoire naturelle à la Faculté de médecine de Strasbourg. FOVILLE (Achille), interne des hôpitaux, à la Salpêtrière, à Paris. FRANQEEVILLE (Albert deI, rue Palatine, 5, à Paris. GAY (Jacques), rue de Vaugirard, 36, à Paris. GERMAIN DE SAEVÏ-PIERRE, docteur en médecine, rue Pavée-Saint-André, 3, à Paris. GIDE (Casimir), libraire-éditeur, rue Bonaparte, 5, à Paris. GIRAUDY, boulevard Chave, 90, à Marseille. GOGOT, docteur en médecine, rue des Trois-Pavillons, h, à Paris. GONTIER, docteur en médecine, rue Saint-Honoré, 36/i, à Paris. GRAVES, directeur général des forêts, rue de Verneuil, 51, à Paris. GROENLAND (Jean), quai Bourbon, 25, île Saint-Louis, à Paris. GEBLER, agrégea la Faculté de médecine, rue de Seine, 12, à Paris. GEÉPIN, docteur en médecine, rue des Lices, 11, à Angers (Maine-et-Loire). GlIILLON (Anatole), contrôleur des contributions indirectes, rue de la Tour, 71, à Passy, près Paris. IIÉNON, interprèle militaire, à Biskra (Algérie). HENNECART, ancien député, rue Neuve-des-Matburins, il, à Paris. HÉRÉTIEE, inspecteur des contributions directes, à Montauban (Tarn-et- Garonne). HÉRINCQ, attaché au Muséum d'histoire naturelle, rue Guy de la Brosse, 11, à Paris. IIERLING (A.), rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur, 21, à Paris. HEBERT, pharmacien, à Brest (Finistère). HUGEENIN (Auguste\ à Chambéry (Savoie). IRAT (Albert), substitut du procureur impérial, à Cahors (Lot). .IAMAIN (A.), docteur en médecine, rue de Savoie, 13, à Paris. JAEBERT (le comte), ancien ministre, rue Saint-Dominique, 67, à Paris. JOEFFROY-GOESANS (M. de), rue de la préfecture, 20, à Besançon. JELLIEN-CROSNIER, conservateur du Jardin des Plantes, rue d'Illiers, 54 bis, à Orléans. KRESZ, docteur en médecine, rue des Bourdonnais, l/i, à Paris. LABOERET (J.), hôtel de l'ancienne sous-préfecture, à l'.ulTec (Cbarente). LACROIX (l'abbé de), à Saint-P.omain-sur-Vienne, par les Ormes (Vienne). LAGRANGE, docteur en médecine, rue des Francs-Bourgeois, 1/j, au Marais, à Paris. XIV SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. LAMIABLE (G.), rue Soufflot, 21, à Paris. LAMOTTE (M.), pharmacien, à Riom (Puy-de-Dôme). LA PERRALD1ÈRE (Henri de), i ue du Cornet, 1k, à Angers. LA PORTE (Edmond), boulevard de l'Étoile, 38, aux Thèmes, près Paris. LARAMBERGLE (Henri de), ù Castres (Tarn). LAREVELL1ÈRE-LÉPEAUX, au Gué du Berger, à Thouarcé (Deux-Sèvres). LASÈGL'E (A.), conservateur des collections botaniques de M. François Delessert, rue Montmartre, 172, à Paris. LAVAU (de). LEBLAîVC, ancien ingénieur en chef des ponts et chaussées, rue du Oindre, 1, à Paris. LEKEEF (Ferdinand), pharmacien, à Rayonne (Basses-Pyrénées). LEGRAND (de l'Oise), ancien député, rue Richepanse, 7, à Paris. LEMAOET, docteur en médecine, quai de la Tournelle, 33, à Paris. LENOEMANT (François), rue Neuve-des-Pelits-Cliamps, l/i, à Paris. LE PRÉVOST (Auguste), membre de l'Institut, à Bernay (Eure). LEROUX DE BRETAGNE, avocat, rue des Saints-Pères, 61, à Paris. LESPIALLT (M.), peintre d'histoire naturelle, à Néiac (Lot-et-Garonne). LESPINASSE (Gustave), agent de change, rue de l'Intendance, 9, à Bordeaux. LESTIBOLDOIS, conseiller d'État, rue de la Victoire, 92, à Paris. LOYSEL 'Charles), rue Mazarine, 3, à Paris, MAILLARD (Auguste), rue Sainl-Sulpice, 1, à Paris. MAILLE (Alphonse), rue Madame, 1, à Paris. MANESCAE, ancien représentant, à Pau (Basses-Pyrénées). MARES (P.), docteur en médecine, rue Blanche, 10, à Paris. MARJOLIN, docteur en médecine, rue Neuve-Saint-Augustin, 69, à Paris. MARTIN (Emile), juge, à Romoranlin (Loir-et-Cher). MASSON (Victor), libraire-éditeur, place de l'École-de-Médecine, à Paris. MATIGNON (E.), à Fontainebleau (Seine-et-Marne). MALGERET, inspecteur du télégraphe, à Tarbes (Hautes-Pyrénées). MELICOQ (le baron de Lafons de), rue Royale, 84 bis, à Lille. MÉN1ÈRE (le docteur), médecin de l'établissement des sourds-muets, à Paris. MICHALET (Eugène), rue Férou, 11, à Paris. MILLET (C), inspecteur des forèls, rue Casliglione, lZj, à Paris. MONIN, docteur en médecine, à Blois (Loir-et-Cher). MONTAGNE (Camille), membre de l'Académie des sciences, etc., rue des Beaux- Arts, 12, à Paris. MOQUIN-TANDON, membre de l'Académie des sciences, etc., rue de l'Est, i, Paris. MUNBV (G.), àOran (Algérie). NOÉ (le vicomte de), rue du Bac, 102, à Paris. NOELET, professeur à l'École de médecine, rue du Lycée, 8, à Toulouse. LISTE DES MEMBRES. XV PARISOT (Louis), à Belfort (Haut-Rhin). PARSEVAL (Jules), aux Perrières, près Màcon (Saône-et-Lohe). PASSY (Antoine), ancien député, rue Pigale, 6, à Paris. PAYER, professeur à la Faculté des sciences, rue Madame, 28, à Paris. PERRIO (Francisque), à Napoléonville (Morbihan). PERSONNAT (Camille), rue d'Étigny, 20, à Aucli (Gers). PERSOiYNAT (Victor), employé des contributions indirectes, à Saint-Flour (Cantal). PETIT (Guillaume), membre du conseil général de l'Eure, à Louviers (Eure). PEANCHON (J.-E.), professeur suppléant à la Faculté des sciences de Montpellier. POYOlARET (E. de), à Agen (Lot-et-Garonne). POUCIIET (Eugène), à Saint-Micliel-de-la-tlaie, par Bourgachard (Eure). PRILLIEUY (Edouard), rue de la Ville-l'Évêque, hk, à Paris. PLEL (Timothée), docteur en médecine, boulevard Beaumarchais, 72, à Paris. QUESTIER (l'abbé), curé, à Tbury en Valois, par Betz (Oise). RAROTIN, pharmacien, à Fontainebleau (Seine-et-Marne). RAMOND, directeur des douanes, au Havre (Seine-Inférieure). REVELIÈRE (Eugène), rue des Payens, à Saumur (Maine-et-Loire). RORERT (Eugène), docteur en médecine, à Bellevtie, près Meudon (Seine-et- Oise). RORIN, ancien inspecteur divisionnaire des ponts et chaussées, rue de la Chaussée- d' An lin, 27 bis, ?» Paris. ROUSSEL, ancien pharmacien du Val-de-Gràce, rue des Fossés-Saint-Jacques, 26, à Paris. SAUBIXET aine, membre de l'Académie impériale de Reims (Marne). SALLCY(de), membre de l'Institut, etc., place Saint-Thomas-d'Aquin, à Paris. SAU7.É (C), docteur en médecine, à la Mothe-Saint-Heraye (Deux-Sèvres). SCHlillPER (W.-P.), conservateur du Musée d'histoire naturelle de Strasbourg. SCIIOEYEFELD (\V. de), rue de Seine, 72, à Paris. SERINGE, professeur à la Faculté des sciences de Lyon. SERRES (Hector), pharmacien, à Dax (Landes). SOUREIRAN (Léon), quai de la Tournelle, Zi7, à Paris. TCIIÎIIATCHEFF (P. de), membre de l'Académie des sciences de Berlin, etc., rue de la Paix, hôtel Mirabeau, à Paris. THURET (Gustave), rue Napoléon, 18, à Cherbourg (Manche). TILLETTE DE CLERMONT, député au corps législatif, à Abbeville (Somme). TIMRAL-LAGRAVE, pharmacien, rue Pargaminière, 8Zi, à Toulouse. TISSEUR (l'abbé), missionnaire, aux Chartreux, à Lyon. T1TON, interne des hôpitaux, à l'hôpital Saint-Louis, à Paris. xv j SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. TRAC Y (de), ancien ministre, rue d'Anjou-Saint-IIonoré, Z|8, à Paris. TRÉCUL (A.), rue Cuvier, 20, à Paris. TLLASME (L.-R.), membre de V Académie des sciences, etc., rue de Vaugirard, 73, à Paris. VANDERMARQ, rue Neuve-Saint-Auguslin, 75, à Paris. VILLIERS DU TERRAGE (le vicomte de), ancien pair de France, rue Racine, 8, à Tours. VILMORIN (L.), quai de la Mégisserie, 28, à Paris. WERB (Philippe Barker), avenue Marbœuf, 15, à Paris. UEDDELL (II.-A.), docteur en médecine, aide-natnralisle au Muséum, vue de Poissy, \, à Paris. FONDATION DE LA SOCIÉTÉ B'roci^-ïci'iiiiin de la réunion préparatoire du t 2 niais vt de la séance dm 2.1 aircl î*S5-8. Le douze mars mil huit cent cinquante-quatre, les personnes dont les noms suivent se sont réunies à Paris, chez M. Antoine Passy, rue Pigale, n° 6. Étaient présents: MM. Brongniart, Decaisne , Moquin-Tandon, membres de l'Académie des sciences, comte Jaubert, Graves, vicomte de Noé, Puel, Robin, Maille, Cosson, Duchartre, de Schœnefeld, de Bouis, Germain de Saint-Pierre. L'Assemblée s'étant formée à une heure, sous la présidence de M. Brongniart, M. Passy a dit que la réunion avait été convoquée d'après le désir exprimé par la plupart des personnes présentes, d'examiner s'il ne conviendrait pas d'organiser à Paris une société centrale, qui se proposerait pour objet de contribuer aux progrès de la Botanique, et de multiplier, en les régularisant, des relations utiles à la science. Après une discussion approfondie, l'Assemblée décide, à l'unani- nimité, la création d'une Société Botanique de France. M. Passy dit ensuite que la Société Géologique, fondée depuis vingt-quatre ans, et qui n'a cessé de s'accroître depuis son origine, parait devoir sa prospérité aux heureuses combinaisons de son règle- ment constitutif. Il propose donc de prendre dans le règlement actuel de la Société Géologique les bases principales des statuts à imposer à l'association projetée. L'Assemblée entend la lecture, du règlement dont il s'agit, en dis- cute les articles, et en adopte- la plupart des dispositions. T. T 1 2 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. D'après les décisions prises, le nombre des membres de la Société sérail illimité, et il n'y aurait aucune distinction entre eux. Toutes les fonctions seraient données par l'élection et n'auraient qu'une durée déterminée. La Société publierait un bulletin périodique, qui serait envoyé à chaque membre, en échange de la cotisation annuelle, dont le taux serait fixé à trente francs payables d'avance. L'Assemblée n'adopte pas la proposition d'exiger, comme à la Société Géologique, le payement d'un droit d'entrée. Elle réserve, pour un examen ultérieur, la question de savoir si la Société Bota- nique tiendra des séances hors de Paris, et si elle organisera des collections et une bibliothèque. L'Assemblée décide qu'il sera fait appel à toutes les personnes ré- sidant à Paris, et qui, à un litre quelconque, peuvent s'intéresser à la création de la Société Botanique, pour les inviter à joindre leurs efforts aux siens. On adressera ensuite une circulaire, signée de tous les adhérents, aux professeurs et amateurs des sciences naturelles habi- tant les départements, pour provoquer leurs souscriptions. Lorsque les réponses seront parvenues, l'Assemblée se réunira de nouveau, afin de constater, avec certitude, quelles chances de succès et de durée doit résulter, pour la Société projetée, du nombre de souscrip- tions obtenues. On statuera alors sur l'organisation la plus conve- nable a donner à la Société. Jusqu'à ce moment les décisions prises n'auront qu'un caractère provisoire et n'obligeront personne. Enfin l'Assemblée nomme une commission composée de MM. Passy, Graves et de Schœnefeld, pour assurer l'exécution des mesures qui viennent d'être votées, et pour convoquer de nouveau, lorsque le moment sera venu, les personnes présentes et celles qui auront fait connaître ieur adhésion. Le vingt-trois avril mil huit cent cinquante-quatre , sur une con- vocation de MM. les Commissaires provisoires, nommés dans la réu- nion préparatoire du 12 mars dernier , les personnes qui ont donné leur adhésion au projet de Statuts annexes à la circulaire datée égale- ment du 12 mars, se sont réunies à Paris, rue Taranne , n° 12, à l'effet d'organiser la Société Botanique de France. Sur la demande des Commissaires provisoires , M. le Préfet de Police avait bien voulu autoriser cette réunion, par une lettre adressée à M. Graves, en date du 22 avril. FONDATION DE LA SOCIÉTÉ. 3 M. Adolphe Brongniart, conformément au vœu unanime de l'As- semblée, occupe le fauteuil et ouvre la séance à midi et demi, MM. Graves et A. Passy, commissaires, se placent au bureau au- près de 31. le Président. M. de Schœnefeld , troisième commissaire, est chargé de la rédaction du procès-verbal. M . Graves lit le procès-verbal de la réunion préparatoire du 12 mars, qu'il a bien voulu rédiger. Ce procès-verbal est adopté par l'Assemblée. M. A. Passy donne lecture a l'Assemblée du rapport des Commis- saires, qui rend compte de la mission dont ils ont été chargés. Ce rapport conclut à l'adoption par l'Assemblée des quatre propositions suivantes : 1° La Société Botanique de France est fondée. Les Statuts publiés sont la base de sou organisation. 2° Il va être procédé immédiatement à l'élection des membres du Bureau et du Conseil d'Administration. 3" Il sera donné au Bureau et au Conseil toute autorisation pour arrêter un règlement administratif conforme aux Statuts proposés. h" Le Bureau et le Conseil sont chargés de rédiger et de publier le pre- mier numéro du recueil qui contiendra les Statuts, la composition du Bureau et du Conseil et la liste des membres. Avant de mettre aux voix ces propositions, M. le Président invite M. de Schœnefeld à lire la liste des personnes qui ont déjà donné leur adhésion à la Société. L'Assemblée est appelée ensuite à voter l'adoption de la première des quatre propositions du rapport de la Commission. Sur les obser- vations présentées par quelques-unes des personnes présentes, il est déclaré bien entendu que l'Assemblée se réserve le droit, dans une prochaine réunion et sur la proposition du futur Conseil d'adminis- tration, de modifier les Statuts de la Société en tout ce qu'ils n'ont point d'essentiel et dans le sens des observations qui pourraient arriver à ce sujet des départements Cette réserve faite, l'Assemblée déclare unanimement que la Société Botanique de France est fondée. La seconde proposition du rapport de la Commission est également mise aux voix et adoptée par la Société. La Société est donc appelée à élire immédiatement les membres du Bureau, par scrutin de liste et à la majorité absolue des suffrages. h SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Sont proclamés , comme Membres du Bureau , ayant obtenu la majorité des suffrages : Président : M. Ad. BRONGMART. Vice-Présidents: MM. DECAISNE. J. GAY. F. DELESSERT. MOQUIN-TANDON. Secrétaires : MM. DE SCHOENEFELD. DUCHARTRE. Vice-Secrétaires: MM. PUEL. COSSON. Trésorier : M. CAILLETTE DE L'HERVILLIERS. Archiviste : M. DE BOUIS. Après avoir ainsi constitué son Bureau, la Société procède à l'élec- tion des douze membres du Conseil d'administration, également par scrutin de liste, à la majorité absolue des suffrages. Sont proclamés, comme Membres du Conseil d'administration, ayant obtenu la majorité des suffrages : MM. GRAVES. A. PASSY. CIIATIN. MONTAGNE. Vicomte DE NOÉ. WEDDELL. Comte JAUBERT. BOUC1IARDAT. L.-R. TULASNE. GERMAIN DE SAINT-PIERRE. Baron DE BRIMOiNT. MAILLE. Les troisième et quatrième propositions qui terminent le rapport de la Commission sont successivement mises aux voix et adoptées par la Société. La séance est levée, à trois beures et demie, sans qu'on ait iixé le jour de la prochaine réunion. — La Société sera convoquée aussitôt que le Conseil aura préparé le projet de règlement. SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. SÉANCE DU 24 MAI 1854. PRÉSIDENCE DE M. AD. BRONGNIART- La Société se réunit à sept heures et demie du soir, rue du Vieux- Colombier, 2/i, dans le local que le bureau de la Société Géologique a bien voulu lui céder pour la tenue de ses séances. M. de Schœnefeld, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance du 23 avril, dont la rédaction est adoptée. Dons faits à la Société. 1° Par M. Ad. Brongniart, président : Annales des sciences naturelles, partie botanique, quatrième série, t. I er (1854), n os 1 et 2 (1). Enumération des genres de plantes cultivées au Muséum d'histoire na- turelle, deuxième édition, 1850. 2° Par M. Puel : Catalogue des plantes vasculaires qui croissent dans le département du Lot. 1 vol. Cahors, 1845-53. INote sur YArenaria Gouffeia, Chaub. 3° Par MM. Puel et Maille : Catalogue de l'herbier de Sgrie, publié par MM. T. Blanche et C Gaillardot. (1) M. le président annonce en outre, le don qu'il veut bien faire à la Société de la collection complète des deuxième et troisième séries de la partie botanique des Annales des sciences naturelles, formant quarante volumes. Cette collec- tion sera remise à la Société aussitôt que son local sera disposé. 6 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. h° Par M. Léon Soubeiran : Etudes microscopiques sur quelques fécules, thèse présentée à l'Ecole de pharmacie. 5° De la part de M. Timbal-Lagrave, de Toulouse : Etudes sur la Flore d' Aquitaine, Fasc. 1. 6° Dr la part de M. Ch, Des Moulins, de Bordeaux : Lettre sur la maladie de la vigne adressée à ML le docteur Montagne. 7° De la part de M. Léon Faye, de Poitiers : Catalogue des plantes vasculaires du département fie la Charente- Inférieure. Trente-deux adhésions nouvelles, reçues par le Conseil depuis la dernière séance, sont communiquées à la Société. Les nouveaux adhérents sont proclamés membres de la Société 1 1 .). M. de Schœnefeld annonce la perte bien regrettable de M. Emile Desvaux, membre de la Société, décédé le 13 de ce mois, à l'âge de vingt-quatre ans, et qui s'était déjà l'ait connaître par un travail remarquable sur les Graminées et les Cypéracées du Chili. M. le Président prononce ensuite le discours suivant : Messieurs, Depuis longtemps la Botanique reclamait en France un centre auquel pussent venir aboutir les efforts de tous ceux qui, dans notre pays, s'appli- quent à étendre son domaine, et qui pût mettre en rapport tous les hommes qui, avec un but différent, s'occupent de son étude. Les pertes cruelles que la Botanique a éprouvées depuis deux ans dans ses chefs les plus illustres, nous privent du concours précieux que nous aurions trouvé dans des savants qui étaient, pour la plupart d'entre nous, des amis et des maîtres; dont les noms enregistres depuis plusieurs généra- tions dans les fastes de la science, auraient donné tant d'éclat a notre jeune Société et dont un surtout, véritable personnification de la Botanique fran- çaise depuis plus d'un siècle, aurait si bien présidé à son inauguration. Mais c'est peut-être le moment de resserrer le faisceau des amis dispersés de notre science, de ranimer leur zèle, d'aider leurs études, d'en faire con- naître les résultats, de remplacer pour plusieurs d'entre eux l'appui bien- veillant qu'ils auraient trouvé dans les savants dont nous regrettons si vive- ment la perte prématurée. (1) Leurs noms sont compris dans la lisle placée à la suite du Règlement. SÉANCE !>li 'lk MAI 1 S 5 Z| . 7 Espérons que laci'éation de la Société Botanique de France aura ce résultat. L'utilité des Sociétés spéciales fondées sur la large hase de l'association de tous ceux qui, à un titre quelconque, prennent intérêt à la culture et à l'avancement d'une branche des connaissances humaines, déjà constatée an- ciennement en Angleterre, est également bien reconnue en France. Fa idéographie, la géologie, la météorologie, l'horticulture possèdent des Sociétés fondées sur ce principe, qui prospèrent et contribuent par leurs travaux aux progrès et a la diffusion des sciences. 11 était temps que la Botanique qui, sur tous les points de notre sol, offre tant de personnes qui se consacrent à son étude d'une manière plus ou moins spéciale, constituât, comme ces diverses sciences, une Société particulière, qui devînt un lien commun entre tous ceux qui la cultivent. C'est là le but que se sont proposé les fondateurs de la Société Botanique de France; l'adhésion qu'ils ont reçue immédiatement de la part d'un grand nombre de botanistes, tant à Paris que dans les départements, l'espoir que nous avons d'en voir un plus grand nombre encore s'unir à nous pour en répandre le goût et la culture, lorsqu'ils connaîtront mieux notre but et notre organisation, nous prouvent que nous ne nous étions pas trompés en considérant la fondation de cette Société comme un besoin senti par la gé- néralité des personnes qui aiment et cultivent la Botanique. La Société, forte de ce concours immédiat de. plus de cent personnes dé- vouées à la science à laquelle elle se consacre, s'est déclarée constituée; elle a admis comme base de son organisation les Statuts qui avaient été pré- sentés à l'adhésion des personnes qui se sont ralliées au premier noyau de ses fondateurs; elle a nommé son Bureau et son Conseil d'administration con- formément à ces Statuts et a chargé trois commissions de compléter son règlement, de rég!er le mode de publication de son bulletin et de fixer ses dépenses. Depuis cette première séance d'installation, ces questions ont été l'objet d'un examen approfondi de la part de votre Conseil. Les mesures qu'il a adoptées vont vous être communiquées, et nous pourrons dès aujour- d'hui nous consacrer sans plus de retard aux travaux scientifiques qui sont l'objet de la création de la Société. En m'appelant à l'honneur de la présider pendant la première année de son existence, la Société m'a donné un témoignage, auquel j'ai été très sen- sible, de la confiance qu'elle avait dans mon dévouement pour une science qui a fait l'objet, des études de toute ma vie et dans mon zèle pour la nou- velle institution qui doit contribuer à ses progrès; j'espère que nos efforts réunis assureront son succès. Mais permettez-moi, Messieurs, en commençant ces fonctions et pour répondre a votre confiance, de vous exposer en quel- ques mots comment je comprends le but et la direction de nos travaux ; j'espère que ces vues seront conformes aux vôtres et qu? nous pourrons en commun en poursuivre la réalisation. 8 SOCIÉTÉ BOTANIQUE 1>K KRANCE. Si, dans l'état actuel des sciences, des Sociétés spéciales, dans lesquelles on peut discuter avec fruit des questions intéressantes seulement pour les personnes déjà initiées, par leurs études, aux connaissances particulières qu'elles supposent, sont devenues indispensables pour le progrès de chaque science, ces Sociétés cependant doivent embrasser un champ assez vaste pour ne pas isoler les unes des au 1res les diverses branches d'une même science, qui doivent à chaque, instant se prêter un mutuel appui; aussi, en ce qui nous concerne, la Société a compris qu'elle devait embrasser toutes les parties diverses de l'étude du règne végétal, depuis l'examen minu- tieux des diverses formes d'une espèce ou d'un genre, qui peuvent souvent jeter plus de jour qu'on ne le croirait sur des questions plus élevées et plus générales, jusqu'aux études les plus approfondies de l'anatomie ou de la physiologie végétales ; qu'elle devait aussi comprendre dans ses attributions les applications de la Botanique a la culture, à l'industrie et à la médecine; enfin, toutes les questions qui intéressent la distribution géographique des végétaux et l'histoire du règne végétal pendant les périodes géologiques. En embrassant ainsi les études de toute nature qui ont pour objet le règne végétal, la Société s'adresse à l'universalité des hommes que ces études intéressent , elle réclame leur concours, leurs communications; elle espère intéresser également a ses travaux le botaniste qui, isolé dans la campagne, suit avec persévérance le développement, et compare, les caractères de quelques-uns des végétaux de nos contrées, qui dresse le cata- logue et reconnaît les stations des plantes de ses environs, et prépare ainsi les éléments de la géographie botanique de la France, et celui qui, ayant à sa disposition des matériaux plus nombreux, préparera la monographie d'un genre ou d'une famille peu connue, ou la flore d'une contrée éloignée; elle doit espérer que des expériences intéressantes pour la physiologie végétale ou des recherches anatomiques que rendent chaque jour plus précises les perfectionnements du microscope, lui seront souvent communiquées, et que les discussions qu'elles amèneront dans la Société jetteront de nouvelles lumières sur ces questions importantes. Klle réclamera avec instance le concours des hommes éclairés que pos- sèdent maintenant l'agriculture et l'horticulture etdont les observations peu- vent si puissamment contribuer aux progrès de la physiologie végétale, de la connaissance des maladies des plantes et de bien d'autres parties obscures de la Botanique. Enfin, les sciences médicales ne nous feront pas défaut, car sans compter beaucoup de médecins et de pharmaciens pour lesquels la botanique est une étude accessoire et une agréable distraction, les recherches relatives à la matière médicale, à l'étude et a l'origine des substances médicamenteuses du règne végétal , constitueront une partie intéressante des travaux de la Société. SÉANCE 1)1 2/l MAI 185/|. il Kspérons aussi que les géologues nous feront participer a leurs décou- vertes et a leurs observations en ce qui concerne les végétaux fossiles. L'étude des végétaux des anciennes créations est inséparable de celle des végétaux actuels, et leur comparaison peut souvent devenir, dans le sein de notre Société, l'objet de discussions pleines d'intérêt. JNous avons l'assurance qu'avec un cbamp aussi vaste , nos séances ne manqueront pas de communications variées et intéressantes. Nous les ap- pelons de la part de nus confrères et de la part aussi des botanistes qui n'appartiennent pas encore à la Société. JNous espérons surtout que le concours de nos confrères des départements amènera à chaque séance des communications utiles pour le perfectionne- ment de la Flore française, soit en apportant plus de critique dans la dis- tinction des espèces ou même en en faisant connaître qui auraient échappé jusqu'à ce jour aux recherches des botanistes, soit en étudiant avec plus de soin leur distribution géographique et leur mode d'existence. Le Bulletin de la Société, en joignant au procès-verbal des séances un résumé plus ou moins étendu de ces communications, les fera parvenir ra- pidement à la connaissance de tous les membres de la Société et facilitera ainsi leurs propres études; cette partie relative aux travaux propres de la Société s'étendra, non seulement d'après 1 importance de ces communica- tions, mais aussi d'après les moyens de publication dont la Société pourra disposer. Mais, en nous bornant à enregistrer et à répandre les travaux inédits qui nous seront communiqués , nous pensons que la Société n'atteindrait pas complètement le but qu'elle doit se proposer , celui de faciliter les études de ceux de ses membres qui, éloignés des grands centres scientifiques, restent le plus souvent et à leur grand regret, étrangers aux publications de Bota- nique si nombreuses et si variées qui se font sur tous les points du globe, et dont la connaissance est cependant indispensable à celui qui veut étudier et surtout publier le résultat de ses recherches. Aussi rien à mes yeux ne sera plus utile aux progrès de toutes les bran- ches de la Botanique en France et plus digue par cette raison des efforts de la Société, que la publication, à la suite du bulletin de ses séances et des travaux de ses membres, d'une Bévue analytique des ouvrages, mémoires ou notices de Botanique de toute nature publiés tant en France qu'a l'Etranger. Pour rendre cette Bévue aussi complète que possible, la Société doit né- cessairement réclamer le concours de beaucoup de ses membres ; son éten- due dépendra de leur zèle et des moyens dont la Société pourra disposer pour l'impression de cet utile travail; mais le Conseil, pour donner une grande variété à cette Bévue, a cru devoir donner aune commission de pu- blication le droit de maintenir chacun des articles dans une juste mesure et en exclure toute discussion critique, réservant pour des communications 10 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. faites à la Société elle-même, les examens plus approfondis que quelques- uns de ses membres voudraient faire, sous leur propre responsabilité, d'ou- vrages d'une plus grande importance. La Société n'offrirait pas alors dans son Bulletin seulement l'analyse de ses propres travaux, mais celle de tous les travaux de Botanique qui auraient pu parvenir à sa connaissance; elle ferait ainsi participer les membres les plus éloignés du lieu de ses séances , aux moyens d'étude qui s'y trouve- raient réunis, et chercherait par ce moyen à procurer à tous ses membres des avantages égaux, comme elle leur donne les mêmes droits et leur im- pose les mêmes obligations. Pour atteindre ce même but, la Société aura sans doute souvent à renvoyer a des commissions composées de quelques-uns de ses membres, les questions qui pourraient lui être adressées par ceux de ses membres qui, éloignés de Paris, n'ont pas à leur disposition les moyens d'étude qui sont réunis clans ce grand centre scientifique ; ce ne seront pas des jugements académiques que ces commissions auront à porter, mais des avis et des renseignements propres à éclairer les membres éloignés du lieu de ses séances sur des points obscurs dont ils auraient sollicité l'examen. En établissant ainsi des liens permanents entre tous les hommes qui, en France et même à l'Étranger, s'occupent des mêmes études, en leur fournis- sant dans la capitale un lieu commun de réunion ou, à des jours déterminés, les botanistes des extrémités opposées de la France pourront se rencontrer et se mettre immédiatement en relation avec tous les hommes qui, à Paris, se livrent à des recherebes du même genre qu'eux, la Société Botanique de France contribuera, sans aucun doute, d'une manière très efficace aux progrès d'une science également utile et agréable, qui fournit une distrac- tion charmante à celui qui ne veut l'étudier que superficiellement, qui élève l'âme et l'intelligence de celui qui cherche à en pénétrer les lois et à en découvrir les mystères. Les modifications, apportées aux Statuts provisoires par le Conseil, sont soumises à la Société et adoptées par elle. Les Statuts de la Société se trouvent ainsi définitivement arrêtés. La Société décide, sur la proposition du Conseil, que pour l'exer- cice 185/i, lequel, devant être clos le 31 décembre prochain, n'aura qu'une durée effective de huit mois, la cotisation des membres sera réduite à 20 francs. M. de Schœnefeld donne ensuite lecture du règlement adminis- tratif arrêté par le Conseil. Ce règlement deviendra immédiatement exécutoire; il sera imprimé, avec la liste des membres, en tète du premier numéro du Bulletin. SÉANCE DU '2I\ MAI 185Z|. 11 M. E. Cosson l'ait à la Société une communication dont voici le résumé : CLASSIFICATION DES ESPÈCES DU GENRE AVENA DU GROUPE DE VAVENA SATIVA {Avena, sect. Avenatypus), ET CONSIDÉRATIONS SUR LA COMPOSITION ET LA STRUCTURE DE L'ÉPILLET DANS LA FAMILLE DES GRAMINÉES, par M. K. C'OSSOX. M. Durieu de Maisonneuve a publié, en 1845 (Duchartre, lie eue botanique, 1. 1, p. 359), trois espèces nouvelles du genre Avena (A. longiglumis, clauda, eriantha) du groupe de VA. sativa; dans la description de ces espèces se trouve déjà indiquée l'articulation du rachis de l'épillet, particularité de structure qui n'avait pas encore été signalée par les auteurs. Les études auxquelles M. Durieu et moi nous nous sommes livrés, depuis cette époque, nous ont amenés, par l'examen de nombreux échantillons spontanés et cul- tivés des diverses espèces du groupe, à distinguer ces plantes par des carac- tères assez remarquables pour que je pense devoir en faire l'objet d'une communication ù la Société. Nous devons adresser ici des remerciments à M. filialisa, qui, ayant été également à même d'étudier à Oran, où elles se trouvent réunies, toutes les espèces algériennes voisines de VA. sativa, a bien voulu nous communiquer le résultat de ses recherches et nous fournir les plus utiles renseignements. Nous croyons donner plus d'intérêt à la communication que nous avons l'honneur de faire à la Société, en faisant suivre l'exposé des caractères des espèces, de quelques considérations sur la composition et la structure de l'épillet dans la famille des Graminées. Ces considérations feront, du reste, mieux comprendre les caractères que nous aurons indi- qués, et donneront, de la disposition des parties, une idée plus exacte que celle qui résulte des phrases descriptives; dans nos descriptions, en effet, nous avons cru devoir, pour plus de clarté, conserver les dénominations généralement admises, bien qu'elles ne présentent pas la précision rigou- reuse qu'exige le langage organograpbique. Voici l'exposé sommaire des caractères du genre Avena et de ceux des espèces de la section Avenatypus : AVENA L. ex parte. Épillets 2-3 flores ou pluriflores, à fleurs hermaphrodites espacées, arti- culées ou non avec le rachis, la supérieure ordinairement stérile rudimen- taire. Giumes 2 , membraneuses ou herbacées-membraneuses, concaves, mutiques, égalant ou dépassant les fleurs, rarement plus courtes, presque égales on inégales, l'inférieure plus courte, à 7-9 nervures ou à 1-3 ner- vures. Glumelle inférieure atténuée à la base en un callus plus ou moins allongé, ordinairement velu, concave, membraneux, devenant ordinaire- 12 SOCIÉTÉ BOTANIQUE OE H4AJNCE. ment coriace a la maturité, ordinairement terminé au sommet par deux dents, deux pointes ou deux arêtes, donnant naissance, sur sou dos, a une arête ordinairement genouillée et tordue au-dessous du genou , l'arête quelquefois nulle par avortement ; glumelle supérieure bicarénée, ordinairement biiide au sommet. Squamules 2, étamines 3, stigmates 2, subsessiles, terminaux, plumeux, sortant vers la partie inférieure de la fleur. Caryopse allongé, presque cylindrique, creusé du côté intérieur d'un sillon longitudinal dont le fond est occupé par une macule hilaire linéaire, poilu, au moins dans sa partie supérieure, libre! mais étroitement renfermé entre les glumelles devenues coriaces, plus rarement lâchement recouvert par les glumelles qui sont restées membraneuses. — Epillets souvent assez grands, en panicule rameuse. Obs. — Le genre Avena, ainsi limité, s'éloigne du genre Aira par les fleurs es- pacées et non pas presque sessiles, par les glumes ordinairement à plusieurs nervures et non pas a une seule nervure, par le caryopse libre, et surtout par un port totalement différent. — Il ne se distingue du genre Tri- setum que par le caryopse muni d'un sillon et velu, et non pas dé- pourvu de sillon et glabre. Malgré le peu de valeur de ces caractères dif- férentiels, nous avons été amenés à séparer génériquement les Trisetum des Avena, car, ainsi que JM. Emile Desvaux (Gramineœ Chilenses) l'a très bien reconnu, les Trisetum sont encore plus distincts des Avena qu'ils ne le sont des Kœleria ; et si, avec cet observateur distingué, on doit réunir les Kœleria aux Trisetum, on ne saurait néanmoins former un vaste genre de l'agglomération disparate des véritables Avena, des Trisetum et des Kœleria, car la plupart des auteurs l'apportent ces deux derniers genres à des divisions différentes de la famille, rattachant les Trisetum aux Avcneœ et les Kœleria aux Festuceœ. — Nous n'avons observé de caryopse adhérent dans aucune des espèces du genre Avena que nous avons observées; du reste, la villosité de ce caryopse s'oppose à sa soudure avec les glumelles. Nous croyons donc que si la plupart des auteurs ont décrit le caryopse comme adhérent, ce n'est que par suite d'une erreur d'observation résultant de la consistance des glumelles. — Nous devons appeler l'attention sur les caractères tirés de la présence d'une macule hilaire linéaire et colorée au fond du sillon du caryopse; AI. Emile Desvaux [loc. cit.) a, le premier, signalé toute l'importance que présente cette macule correspondant au bile, c'est-à-dire à la soudure primitive de la jeune graine et du péricarpe. Cette macule, dans quelques genres voisins, est réduite à un point, situé vers la partie inférieure du côté intérieur du caryopse. SECTION — AYENATYPUS, Coss. et Germ. FI. par. 636. Plantes annuelles à feuillesplanes. Epillets atteignantgénéralementd'assez SÉANCE DU 24 MAI 1S5/|. 13 grandes proportions, pendants, au moins après la floraison. Glumes à 7-11 nervures. Obs. — Les autres espèces du genre appartiennent à la section Avenas- trum (Koch, Synops., éd. 2, 918), caractérisée par la souche vivace émettant des fascicules de feuilles stériles, par les épillets non pen- dauts, par les glumes à 1-3 nervures. Sous-section I. Sativœ. < — Fleurs non articulées sur le rachis de l'épillet, et ne se détachant que par la fracture du rachis lui-même. 1. A. sativa (L, sp. 118). Panicule a rameaux étalés dans tous les sens; glumes presque égales ; fleur inférieure suhsessile; glumelle inférieure 2-3 dentée ou brièvement bifide au sommet, à arête tordue inférieurement. — Très fréquemment cultivé en grand , quelquefois subspontané. 2. A. oiuENTALis (Schreb., Spicil. 52). — Panicule étroite, uni- latérale ; glumes presque égales; fleur inférieure subsessile ; glu- melle inférieure 2-3 dentée ou brièvement bifide au sommet, à arête flexueuse non tordue inférieurement. — Cultivé en grand comme l'espèce précédente, rarement subspontané. 3. A. strigosa (Schreb., Spicil. 52). — Glumes un peu inégales, dépassant un peu les fleurs; fleur inférieure stipitée; glumelle infé- rieure bifide au sommet, à lobes prolongés en arêtes allongées, glabre ou plus ou moins poilue sur le dos, à arête tordue inférieu- rement. — Cultive et subspontané çà et là. h. A. brevis (Roth, Abhandl. 42, et Tent. fl. Gcrta., 1,401 — Glumes un peu inégales, égalant environ la longueur des fleurs; fleur infé- rieure stipitée; glumelle inférieure bidentée au sommet, glabre ou plus ou moins poilue sur le dos, à arête tordue inférieurement. — Rarement cultivé, çà et là dans les moissons en Allemagne (Koch, Syno/ts.). Obs. — \:A. unifiora (Parlât., ap. Webb, Phyt. Can., sect. III, 401, t. 248) ne nous parait être qu'une forme uniflore (c'est-à-dire à une seule fleur fertile) de cette espèce assez variable du reste. Si notre manière de voir doit être admise, les iles Canaries seraient la véritable patrie de l'A. brevis. 5. A. nuda (L., sp. 118). — Glumes plus courtes que les fleurs; fleur inférieure subsessile, les supérieures longuement stipitées; glumelle inférieure membraneuse a 9-11 nervures très marquées comme dans les glumes, ne devenant pas coriace, comme dans les \JX SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. autres espèces de la section , pour enfermer étroitement le ca- ryopse. — Cultivé çàet là, et rarement subspontané. Sous-section II. Agrestes. — Fleur inférieure articulée avec le rachis de l'épillet et s'en détachant très facilement à la maturité, a callus sou- vent atténué en forme d'éperon (1), présentant, après la chute de la fleur, une cicatrice (empreinte inserlionnelle) très nettement tranchée et de la même forme que la portion du rachis qui persiste entre les glumes. O^s. — Il résulte de l'organisation même de l'épillet des espèces de cette section qu'aucune d'entre elles ne saurait être cultivée en grand, car on ne pourrait en faire la récolte sans déterminer la chute des fleurs. § 1. Biformes. — Fleurs de deux sortes : l'inférieure seule arti- culée avec le rachis de l'épillet, a callus présentant une cicatrice très nettement tranchée; les supérieures non articulées ne se dé- tachant que par la fracture du rachis. 6. A. vEisTiucosA (Balansa, pi. Alger, exsicc, n. 557). — Glumes un peu inégales, glumelle inférieure de la fleur inférieure atténuée en un callus en forme d'éperon subulé à cicatrice linéairetrès étroite. — Lieux incultes de l'Algérie occidentale. 7. A. stemms (L., sp. 118). — Glumes presque égales; glumelle inférieure de la fleur inférieure à callus court présentant une cica- trice large, ovale, ou suborbiculaire. — Répandu dans toute la région méditerranéenne. 8. A. erianthv (DR., ap. Duchartre, Rev. bot., I, 360, et in Expl. se. Alger., t. M,f. 3).— Glumes inégales, l'inférieure presque de moitié plus courte; glumelle inférieure de la fleur inférieure atténuée en un callus en forme d'éperon subulé à cicatrice linéaire-elliptique, velue et bifide au sommet, a lobes obtus. — Lieux incultes de l'Al- gérie occidentale et orientale. var. aeuminata. — Glumelle inférieure glabrescente au sommet et terminée par deux longues arêtes. § 2. Conformes. — Fleurs toutes conformes, articulées avec le ra- chis de l'épillet, à callus présentant une cicatrice très nettemeut tranchée. (1) Pour étudier avec plus de facilité le mode d'insertion des fleurs et la forme de la cicatrice, il est utile d'enlever, avec précaution, au moyen d'un instrument tranchant, les poils qui se trouvent, en plus ou moins grande abondance, sur le callus de la plupart des espèces. SÉANCE DU 2/l MAI 185/i. 15 9. A. longiglumis (DR., ap. Duehartre, Rev. bot., T, 359, et in Expl. se. Alger., t. M, f. 1). — Glumes presque égales, dépassant longuement les fleurs; glumelle inférieure atténuée en un callus en forme d'éperon subuié à cicatrice linéaire, bifide au sommet, à lobes prolongés en arêtes allongées. — Espagne australe, Algérie occi- dentale. 10. A. cxauda (DR., in Duehartre, Rev. bot., t. 360, excl. syn. et mExpl.sc. AUj<'r., t. l\2, f- 2). — Glumes inégales, l'inférieure presque de moitié plus courte; glumelle inférieure atténuée en un callus linéaire presque obtus à cicatrice linéaire elliptique, bifide au sommet, à lobes prolonges eu arêtes. — Algérie, Grèce. var. eriantka. — Glumelle inférieure velue au sommet. Obs. — Cette variété simule l'A. criant/ta, dont on la distinguera fa- cilement par les caractères tirés de l'articulation des fleurs avec le rachis de l'épillet. 11. A. htrsuta (Roth. eut. — A. barbata, Rrot. — A hirtula, La- gasc. — A. atherantba, Presl.). — Glumes presque égales, dépas- sant peu les fleurs; glumelle inférieure a callus linéaire assez court presque obtus à cicatrice linéaire-oblongue, bifide au som- met, à lobes ordinairement prolonges en arêtes allongées. — Ré- pandu dans toute la région méditerranéenne, plus rare dans l'Europe centrale. 12. A. fatua (L. , sp. 118). — Glumes presque égales , dépassant peu les fleurs ; glumelle inférieure à callus court à cicatrice oblongue ou ovale suborbiculaire, bidentée ou brièvement bifide au sommet. — Ça et là dans les moissons de l'Europe centrale et australe. Cau- case. Sibérie. Orient. Abyssinie. Amérique australe, ou il a été pro- bablement introduit. var. glabrescens(A. bybrida, Peterm., ap. Koch, Synops. fl. Germ., éd. 2, 917. — A. Byzantina C. Kocb). — Glumelle inférieure glabre, à l'exception du callus, ou à peine poilue sur le dos. Si l'on examine attentivement l'insertion de la glumelle inférieure dans les fleurs non articulées avec le rachis de l'épillet, on voit que cette glu- melle s'insère presque horizontalement sur le rachis, et que son callus est a peine distinct. — Si, au contraire, on étudie l'insertion de la glu- melle inférieure dans une fleur articulée avec le rachis, on peut voir facilement que cette glumelle est insérée plus ou moins obliquement, et qu'elle est atténuée en un callus d'une longueur variable, passant de la forme ovale ou oblongue a la forme subulée, la cicatrice, c'est-à-dire l'em- 16 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. preinte insertionnelle, s'allongeant proportionnellement au callus. — Les intermédiaires que l'on rencontre, entre les cicatrices à forme ovalaire et celles a forme linéaire, démontrent, d'une manière péremptoire, que ces formes ne sont que des modifications d'un même type et qu'elles pro- viennent de la plus ou moins grande obliquité du callus. Le fragment du rachis, qui persiste entre les glumes après la chute de la fleur inférieure et qui présente la même forme et la même longueur que la cicatrice elle- même, prouve encore que la désarticulation a lieu au niveau de l'insertion de la giumelle inférieure. Que la Heur soit articulée ou non, les bords de la giumelle inférieure sont soudés dans leur partie inférieure et constituent un canal tubuleux, plus ou moins long, traversé par le rachis de l'épillet. — Le point où s'in- sère la giumelle inférieure et où a lieu la désarticulation ne pouvant être qu'un nœud, il en résulte que le callus est composé de la gaine de la giu- melle inférieure, qui renferme le rachis de l'épillet et l'axe propre de la fleur. — La séparation du callus et du reste de la giumelle est indiquée par un changement dans l'apparence du tissu, analogue à celui qu'on remarque vers le point de jonction de la gaine des feuilles et de leur limbe. Pour se servir, dans la dénomination des parties constitutives de l'épillet, d'un langage plus rigoureusement exact, il faudrait désigner également sous le nom de glumes, les bractées qui portent habituellement ce nom, et aussi celle qui est appelée giumelle inférieure et qui s'insère sur le rachis commun de l'épillet; dans cette nomenclature plus précise, la giu- melle supérieure, portée par l'axe qui se termine par la fleur, c'est-a-dire par le perianthe (squamules) et les organes sexuels, devrait conserver seule le nom de giumelle. Si nous comparons l'épillet, ainsi envisagé comme une inflorescence, avec une tige de Gramiuée munie d'un rameau, nous verrons l'analogie frappante qui existe dans la disposition des parties: en effet, les deux feuilles insérées sur la tige, inférieurement a celle qui donne à son aisselle naissance au rameau, sont les analogues des glumes ; la feuille à l'aisselle de laquelle naît le rameau, représente la troisième glume (giumelle inférieure); enfin la feuille inférieure du rameau, située entre la tige et le rameau , doit être assimilée à la giumelle (giumelle supérieure). — Cette dernière feuille, en raison de fétroitesse de la gaine de la feuille caulinaire, qui renferme la base du rameau, se trouve serrée entre la tige et le rameau, et s'ap- plique, par une concavité, sur la tige, tandis qu'elle enveloppe la base du rameau par une concavité en sens opposé. La concavité qui embrasse le rameau est le résultat du développement de deux nervures latérales, les autres nervures latérales, ainsi que la nervure moyenne de la feuille, ayant ordinairement disparu sous l'influence de la pression exercée par les parties voisines. Nous devons ajouter que. cette même feuille est généralement bifide SÉANCE DU 24 MAI 185/L 17 au sommet; la présence de deux nervures latérales très développées et l'ab- sence de nervure moyenne rappellent encore, d'une manière évidente, la structure de la glumelle. Pour nous donc, la glumelle, quoique bicarénée, n'est composée que d'une seule pièce comme la feuille qu'elle représente, et l'absence de sa nervure moyenne serait due à des causes analogues (1). Bien qu'il ne faille pas chercher dans les glnmes ou la glumelle l'ana- logue d'un calice ou d'une corolle, la plupart des Graminées ne seraient pas, selon nous, dépourvues d'enveloppes florales; car nous sommes amené, avec plusieurs auteurs modernes, à considérer comme un véritable pé- rianthe les écailles membraneuses ou cbarnues (squamules) qui entourent les étamines alternant avec elles, et nous sommes porté à admettre que l'avortement fréquent de la troisième squamule adjacente à la glumelle serait le résultat de causes analogues à celles qui déterminent l'avortement de la nervure moyenne de cette glumelle elle-même (2). M. Brongniart fait observer que Turpin [Mémoire sur l'inflores- cence des Graminées et des Cypérées, Paris, 1819) avait déjà émis une opinion analogue sur la composition de l'épillet des Graminées, et comparé la glumelle supérieure aux bractées des Iridées, et par- ticulièrement des Glaïeuls. M. Cosson reconnaît que plusieurs auteurs ont déjà signalé l'ana- logie de l'épillet des Graminées avec une véritable inflorescence, et que, depuis longtemps, on a distingué les deux axes différents sur lesquels s'insèrent les glumelles supérieure et inférieure (3). Aussi le but de sa communication était-il seulement d'insister sur la nature du (1) On observe quelquefois une nervure moyenne dans la glumelle de certaines Graminées : nous nous bornerons à ciler ici le genre Coix où la glumelle (glumelle supérieure) de la fleur inférieure des épillels mâles présente cette disposition. Quelques espèces du genre Crypsis ont également la glumelle uninerviée. (2) Il est bon de faire remarquer que lorsque deux des trois étamines avortent, ce sont celles qui sont le plus rapprochées de la glumelle bicarénée. (3) Turpin (Mémoire sur l'inflorescence des Graminées et des Cypérées, etc., dans les Mémoires du Muséum, t. V) avait déjà indiqué très nettement que les glumelles inférieure et supérieure s'insèrent sur deux axes différents, et que par conséquent on ne devrait pas leur donner un même nom, et encore moins les assimiler collec- tivement à un calice. Dans le même mémoire, cet habile observateur a également signalé la position remarquable de l'écaillé inférieure des bourgeons dans la famille des Graminées et dans un grand nombre de monocolylédones : « celte écaille ou feuille rudimentaire extérieure étant interposée entre le bourgeon qui la porte et la tige de la plante à laquelle elle s'adosse. » Il fait remarquer en outre que celte T. I. 2 18 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DR FRANCK. calliis et sur ce fait, qu'il croit avoir Suffisamment établi, que la glumelle supérieure est composée d'une seule pièce et est tout à fait l'analogue de la feuille bicanaliculéedes rameaux, le véritable périantbe étant représenté par les squamules. M. J. Gay pense que c'est à tort que M. Cosson attribue une aussi grande influence à la compression, et, selon lui, l'absence de la nervure moyenne dans les feuilles bicanaliculées doit être rapportée à des causes toutes différentes. M. Cosson admet que la compression peut n'être pas la cause unique de cette disparition de la nervure moyenne, mais il a reconnu, dans un grand nombre de cas, rinlluence delà compression exercée, sur la glumelle supérieure, par l'axe de l'épillet ou par les bords de la glumelle inférieure. M. Trécul présente à la Société la communication suivante : DISPOSITION HES STIPULES ET DES FEUILLES DU MIUÈBIUM CODOPHYLUJM ET VÉGÉTATION" SINGULIÈRE DE CETTE PLANTE, par 1M. A. TRÉCUL. • Je prie la Société de vouloir bien me permettre de l'entretenir de la dis- position remarquable que présentent les stipules du N'elumbium codopkyl- lum, disposition qui est en rapport avec la manière de vivre non moins intéressante de cette belle plante. Les stipules sont rangées par les botanistes en deux catégories, suivant qu'elles sont axillaircs ou latérales. Quand elles sont latérales et libres de toute adhérence avec le pétiole, elles protègent leur propre feuille; quand elles sontaxillairesou latcral<>$-p Nous venons de passer en revue toutes les espèces françaises de Lythrum, » et sur chacune d'elles nous avons vu le bourgeon géminé. Le bourgeon infé- » rieur est de seconde génération, relativement au supérieur : c'est là sans » doute ce qui explique la fréquence plus grande de ses avortements, les » arrêts et les retards de son développement. Le bourgeon supérieur esttou- » jours floral sur les espèces dont les fleurs naissent à l'aisselle des feuilles, » le long de la tige (geminiflorum, hyssopifolia, thymifolia, Graefferi, » bibracteatum). Il est raméal, en dessous de l'inflorescence, sur notre unique » espèce à fleurs en épi (Salicaria). Le bourgeon inférieur est tantôt cou- » stamment floral sur une même espèce (geminiflorum et Salicaria), tantôt «constamment raméal (thymifolia, Graefferi, bibracteatum) Quel- » quefois ie bourgeon inférieur se développe indifféremment en fleur ou en » ramule (hyssopifolia), etc. , etc. L'auteur parle aussi de la manière dont se forment, dans le genre Lythrum, les 8, 10 ou 12 lobes du limbe calycinal, et des caractères que peuven REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 29 fournir, pour la distinction des espèces, les différents modes de disposition des feuilles sur l'axe caulinaire, lesquels entraînent d'autres différences dans le nombre des anales ou côtes dont la tige est marquée. BOTANIQUE DESCRIPTIVE. Notices botaniques, par MM. Grenier et Godron , lues le 22 mars \$5k, a la Société d'émulation du Doubs, par M. Grenier. — Besançon , b.r. in-8°, U pages. Cet opuscule est un emprunt fait par MM. Grenier et Godron, au troi- sième volume de la Flore de France, actuellement sous presse. Il a pour but de démontrer que certaines plantes linnéennes, qui avaient été consi- dérées jusqu'à ce jour comme occupant « une aire immense » de géographie botanique, sont « des êtres complexes, des espèces multiples qui vent se relayant, ou se substituant l'une à l'autre. » MM. Grenier et Godron citent comme exemples les espèces suivantes: Melica ciliata, L. , Asphodelus ramosus, L. , et Fritillaria Meleagris, L. Ils conservent le nom de M. ciliata, I .., à la plante suédoise, qui s'étend de Stockholm et de l'île d'Aland aux collines calcaires de l'Alsace, en traver- sant la Saxe et le Palatinat, et qui est caractérisée par des « cariopses ridés sur tonte leur surface. » La plante des Vosges et de la Lorraine , qui a les « cariopses très lisses sur le dos, mais finement chagrinés sur la face interne » est le M. nebrodensis, Pari. , qu'on retrouve à Besançon, à Langres, et plus loin à Tours, dans les Deux-Sèvres, la Dordogne, les Pyrénées, etc.... En outre, MM. Godron et Grenier décrivent sous le nom de M. Magnolii , Godr. et Gren. (Gramen montanum avenaceum lanuginosum MagnoL, Bot. Monsp.), une espèce nouvelle, à « cariopses très lisses, » dont le centre de végétation est dans la région des oliviers, et qui se retrouve notamment à Mende, a Castellane, à Lyon , à Montbrison , dans la Limagne d'Auvergne, à Bagnères-de-Luchon , etc. . . . Des études analogues sur les genres Asphodelus et Fritillaria ont conduit MM. Grenier et Godron a proposer comme espèces nouvelles : Asphodelus delphinensis , Gren. et Godr., qui n'a encore été signalé que dans les Alpes du Dauphiné; A. sphœrocorpus, Gren. et Godr. , décrit d'après des échantillons récoltés dans le département des Deux-Sèvres ; Fritillaria tubœformis, Gren. et Godr., plante alpine, indiquée dans les Hautes-Alpes du Dauphiné, à Gap, àGlaix, à Séuse, à l'Arche, au mont Viso, au Lautaret, et à Luzette-en-Luz, dans la Drôme. 30 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. JVotice snr quelques plantes récemment observées tlans le département «lu Jura et le pays de Gex, par INI. Eugène Michalet, de Dôle (Jura). — Besancon, 185fr, br. gi\ in-8°, 16 pages. La Flore du Jura a déjà été étudiée avec soin par MM. Grenier, Thur- mann, Godet, Babey, Beuter, etc.... A son tour, M. Michalet ayant par- couru les parties de cette chaîne comprises dans le département du Jura et du pays de Gex , a présenté dans la notice qui fait le sujet de cet article, le résultat de ses explorations. 1° Il a signalé un grand nombre de localités nouvelles pour des plantes qui figurent déjà dans les ouvrages antérieurs ; or parmi ces plantes, il en est plusieurs qui étaient à peine indiquées dans le Jura méridional, telles sont : Androsacelactea, L., Arabîs muralis, Bert., etc.... 2° Il a fait connaître comme appartenant à la Flore du Jura , plusieurs espèces qui avaient échappé aux recherches des autres botanistes : nous citerons comme exemples, Adenocarpus complicatus, Gay , Epilobium Duriœi, Gay, Liparis Loeselii, Bich., Elatine triandra, Schkuhr, Alche- milla Pyrenaka, L. Duf., Gnaphalium supinum, L., Petasites niveus, Bauing. , etc.... 3° M. Michalet a décrit une espèce nouvelle de Bidensh laquelle il donne, le nom de B. fastigiata. U" Fnfm il a porté particulièrement son attention sur les hybrides des genres Cirsium, Carduus et Scutellaria, dont il a décrit plusieurs formes nouvelles. Note sur l'Ophioglossum lusitanieum, Linn., communiquée à la Soc. linn. de Londres. Un botaniste anglais, M. Wolsay, a fait, cette année, la découverte de cette petite plante dans l'île de Guernesey, sur les rochers qui bordent la baie du petit port. On sait que cette fougère se rencontre a Brest et sur plusieurs autres points des côtes de la France ainsi que de la péninsule Hispanique, et en général, dans toute la région méditerranéenne. Son habitat s'étend au sud, jusqu'aux îles Canaries et à Madère. Dernièrement, M. T. Moore, en rendant compte de la découverte de M. Wolsay, a fait remarquer qu'un des traits les plus caractéristiques de l'histoire de cette plante curieuse, c'est la précocité de son développement. M. Wolsay l'a rencontrée en pleine fructification dès le milieu de janvier, et il a vu ses frondes se détruire peu après. Étant avertis de cette particu- larité, les botanistes en feront peut-être la découverte dans des localités où, jusqu'ici, on n'en a pas soupçonné l'existence. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 31 Ensayo tic ah usa Flora faiiei'ogamica £-alIe%-a, ampliatla eon ■ii(lieacioiie.«; aeerea los «asos meriicos de las especies que se «îescriweii ( Essai d'une Flore phanérogamique de la Galice), par don José Planellas Giralt. 1 vol. in-8 de 652 pages; Santiago, 1852. Sous ce titre, l'auteur donne une description succincte des plantes qui croissent spontanément en Galice, ainsi que de celles qui y sont le plus fréquemment cultivées, avec l'indication, quand il y a lieu, de leur emploi en médecine et dans les arts ou l'économie domestique. La partie descrip- tive est précédée d'une introduction assez étendue dans laquelle on trouve un résumé des travaux botaniques faits en Galice, un tableau de la géo- graphie physique de cette région, et enfin un aperçu de la distribution gé- nérale des végétaux qui composent sa Flore, et que l'auteur compare à celle des pays voisins. Icônes et «ieseriptiones plasitantm novarum eritieartim et s'arioeum Europa? aiistro-occidenlalis, pra*eipue Hispanise , auctore Mauritio Willkomm. Tomus primus, fascic. I-V. Lipsiœ, 1852-1856 , in-4. La publication, qui date déjà de quelques années, du bel ouvrage de M. Boissier, intitulé : Voyage botanique dans le midi de l'Espagne, a appelé l'attention sur la flore de ce pays. Plusieurs découvertes ont été faites dans ces dernières années en Espagne, en Portugal et en France. On a trouvé dans ces pays, et particulièrement dans le sud-ouest de la France et en Corse, un nombre considérable de plantes nouvelles qui, pour la plu- part n'ont pas encore été figurées et dont il n'existe (de même que pour les plantes découvertes en Espagne) qu'un petit nombre d'échantillons dans les herbiers de France et de Suisse. La rareté et souvent l'importance botanique de ces espèces, les rendaient plus dignes d'être décrites et figurées que bien des plantes d'une autre partie de l'Europe. Aon seulement M. Willkomm se propose, de figurer ces plantes dans l'ouvrage qu'il fait paraître sous le titre à" Icônes, etc., mais il veut y ajouter encore les descriptions et les figures, d'après des échantillons originaux, de certaines espèces qui n'ont jamais été publiées ou qui ont été illustrées d'une manière inexacte, dans des ouvrages rares et particulièrement par les anciens botanistes espagnols et portugais, tels que Ortega, Asso , Cavanilles, Bou- telou, Clémente, Lagasca, Brotero , l'abbé Lourret , etc. M. Willkomm annonce dans le prospectus d'où sont extraits les détails qui précèdent, que, parmi les nouvelles découvertes qui trouveront place dans les Icônes, il petit mentionner les suivantes: 1° Les espèces nouvelles trouvées par M. Léon Du four dans la Valence, l'Aragon et la Navarre; par M. Durieu de Maison- 32 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. neuve dans les Asturies; par M. Webb dans le midi de l'Espagne et en Portugal; par le comte Hoffmannsegg et MM. Link, Welwitsch, etc., en Portugal ; 2° les espèces nouvelles trouvées par M. Boissier , en Espagne, et qui n'ont pas été publiées dans sonVoyage ; par M. Reuter dans la Nouvelle- Cnstille et dans les montagnes de Guadarrama, en 1841, et par lui-même dans ses voyages en Espagne et en Portugal ; 3° les plantes du docteur Funk, de M. Bourgeau , les espèces nouvelles du Pugillus de MM. Boissier et Reuter, de la Flore française de MM. Grenier et Godron; les plantes décrites par M. Jordan , appartenant au midi de la France, et celles que pourrait publier M. Moquin-Tandon dans sa Flore de la Corse. Les Icônes de M. Willkomra sont arrivés à leur cinquième fascicule qui renferme les planches 29-35. Ces planches, du format in-4, comme le texte, et souvent dessinées dans le format in-folio et pliées en deux , sont gravées et coloriées de même que dans le Voyage de M. Boissier. LesThalamiflores, groupe des Sileneœ, commencent, l'ouvrage, et les fascicules publiés jusqu'à présent sont consacrés aux genres Dianthus , Melandrium , Eudyanthe , Pelrocoptis, Gypsophila t Saponaria et à une partie du genre Silène. Aucune espèce absolument nouvelle ne se trouve décrite, dans les cinq livraisons qui font l'objet de cet article. Florula IBonu Koiigeiisis (Floride de Hong-kong). ( Hooker's Journal of Botany, vol. VI, 1854, p. 1.) M. George Bentham continue, dans cet article, rénumération des plantes recueillies dans l'ile de Hong-kong par le major J.-G. Champion. Cet offi- cier, qui a séjourné pendant, trois ans dans cette île, est revenu en Europe en 1850, avec une collection de cinq à six cents plantes phanérogames, comprenant, à quelques exceptions près, toutes les espèces déjà trouvées dans l'île par M. Hinds, et un nombre considérable de plantes tout à fait nouvelles ou qui n'avaient pas encore été rencontrées sur la côte chinoise. M. Champion a remis une collection de ces plantes à M. Bentham, qui a revu le tout et dans l'herbier duquel sont déposés les échantillons originaux des espèces qu'il décrit dans le Journal of Botany. Depuis l'année 1851, M. Benlham publie les déterminations de ces plantes, et le premier cahier de 1854 du Journal of Botany présente la suite de ce travail. L'article dont il est ici question est consacré à la famille des Eu- phorbiaciées, et renferme, dans ses neuf pages d'impression, un genre nou- veau (Stipellaria) composé de cinq espèces ainsi dénommées : £. trewioides, mollis, villosa, tiliœfolia et parviflora, et trois autres espèces également nouvelles appartenant, à trois genres différents, savoir: Stillingia discolor, Croton lachnocarpum et. Glochidion eriocarpum. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 33 Flora of Neiv-Zealand [Flore de la Nouvelle-Zélande), par J.-l). Hooker, part. V. In-h de 80 pages, avec 20 planches. Londres, 185/u Cette livraison commence le deuxième volume de la Flore de la Nou- velle-Zélande , qui elle-même constitue la troisième partie du Botany of the antarctic voyage, publiée par l'infatigable voyageur et botaniste M. Joseph Dalton Hooker. Elle comprend les ordres ou familles des Fougères, des Lycopodiacées. des Marsiléacées, des Characees et le commencement de la famille des Mousses. Les Fougères décrites sont au nombre de cent cinq. Le recensement publié en 1846, par M. Raoul {Choix de plantes de la Nouvelle-Zélande) , en a compté cent quatre; on peut donc admettre avec probabilité que la Nouvelle- Zélande n'eu renferme pas beaucoup plus de cent espèces. II est vrai que M. Dalton Hooker réunit sous un même nom, notamment dans les genres Gleichenia, ffymenophyllum, Cheilanlhes , Asplenium, Opkioglossum, des plantes que MM. Robert Rrown, Hooker père, Kunze, etc., considèrent comme des espèces distinctes. M. D. Hooker regarde comme simples va- riétés de V Opkioglossum vulgare, les 0. eostatum, Rr., 0. gramineinn, Willdi, et YO. lusitfinicum , ce qui pourra devenir un sujet d'étonnement pour les botanistes européens. Mais à côté de ces réunions, l'auteur fait connaître sept espèces nouvelles, savoir : Cyathea Cunninghamï, Cyathea Smithii, figuré, tab. 72. Alsophila Colensoi , Hymenophyllum Lyalli , Tricltomanes Colensoi, Lomaria Banhsii , figuré tab. 76, Asplenium Ri- chardi. Les Lycopodiacées comptent treize espèces, toutes déjà connues. Les Marsiléacées sont représentées par YAzolla rubra, Br., et les Characees par la Nitella Hookeri, Alex. Braun. La livraison comprend quatre-vingt-treize Mousses, dans les tribus des Andréacées, Sphagnacées et Rryacées, et sur ce nombre les planches en représentent cinquante-trois, avec les grossissements convenables. Les espèces nouvelles sont : Phnsann apieulatum; — Weissia floripes; Fissulens rigidulus , brevifolîus, œruginosus, tenellus, pallidus, oblongi- folius, ligulatus, dealbatus ; — Campylopus pallidus, — Trichostomum hngulalum, phœum , setosum, fusceseens ; — Didymodon papillatus ; — Ortliotrichum calvum. — Toutes ces plantes sont figurées. Le nombre des nouveautés serait plus grand, si déjà une certaine quantité n'avait été signalée dans la première partie de la Flora antarctica', relative aux iles Campbell et Auckland. La Nouvelle-Zélande produit aussi des Mousses réputées européennes, entre autres les Sphagnumcymbifolium, compnctùm et. cuspidatum, Weissia t. i. » 34 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. controversa, plusieurs Fissidensel Dicranum, le Tortula c/doronotos, Brid., propre jusqu'à présent à la zone méditerranéenne, le Ceratodon purpu- reus, etc. On y trouve en outre le Conomitriwn Dillenii , Montag., plante américaine jusqu'à ce moment. Les livraisons suivantes seront très prochainement publiées, l'ouvrage entier étant terminé. Cyneracerc Ciimingianrc [Insularum Philippinensium) Herbarii Lindleyani , auctore Neesio ab Esenbeck, 1849. [Journal of Rotany^ vol. VI, 1854, p. 27.) Cet article, communiqué par M. Lindley, est consacré à la détermination de trente-neuf espèces de Cyp^racées, dont six nouvelles, avec les numéros correspondant à ceux des échantillons de cette collection. Voici les nu- méros et les noms de ces six espèces : K° 2437. Cyperus (Pycreus) lampro- carpus ; n° w 2372. Mariscus irroratus; 932. Baumea falcata; 807. Remirea wightiana; 1764. Carex cirrhulosa ; 1795. C. oliyostachya. Notices of sonie new species of ]?Iosses froiu f lie Pacific Islands , in the Collection of the United States exploring expédition under captain Wilkes [Notices sur quelques nouvelles espèces de Mousses des îles de l'Océan pacifique), par M. William S. Sullivant. Cambridge, janv. 1854, 12 p. in-8. Les Mousses décrites dans cette notice ont été ainsi présentées pour assurer a l'expédition la priorité de ses découvertes. Des notices semblables sur de nouvelles Mousses et Hépatiques de la Terre de feu et de l'Orégon, et appartenant à la même collection, ont déjà paru dans le second volume du Journal of Rotany de sir W .-.T. Hooker, vol. II, 1850. Vingt-quatre espèces nouvelles de Mousses, y compris une espèce rap- portée avec doute au genre Hypnum, se trouvent décrites, chacune assez longuement, dans les douze pages de cette brochure. Ces douze espèces sont rapportées aux sept genres suivants : Hypnum (16 espèces), Hookeria (3), Mniadelphm (1), Pilotrichwn (1), Cryphœa (1), Neckera (1) et Rhizo- gonium (1). Décades de Champignons, parle rév. M.-J. Berkeley. (Hooker's Journal of Rotany, vol. VI, 1854, p. 129-143.) Le numéro de mai du Hooker's Journal of Rotany, renferme les décades 41-43 des Champignons publiés par le révérend M.-J. Berkeley. Ces trois décades donnent le signalement et la description des espèces rapportées de l'Himalaya et de la péninsule indienne par les docteurs Hooker et Thomson ou envoyées de Ceylan par M. Thwaites. Sur ce nombre de 30 espèces, on ItEVIE BIBLIOGRAPHIQUE. 30 compte 3 Agarics, 1 Lactarius:, 3 Lentinus, 1 Xerotw, 3 Lénzites, 3 Bolets et 16 Polypores. Voici l'indication de ces espèces nouvelles : 1. Agoricus (f.epiota) mon- tosns; 2. A. (Naucoria) A7iasiensis; 3. A. (Psailiota) fulviceps ; h. Lacta- rius slramineus ; 5. Lentinus nepalensis ; 6. L. prœrigidus ; 7. L. inqui- ntms ; 8. A'erotus lobatus; 9. Lenzites oèàrophylius ; 10. /.. eximia; 11. L. subferruginea; 12. Boletus flavipes ; 13. B. pusillus; 14. B. verru- carius; 15. Polyporus (Mesopus) nodipes ; 16, P. (Mesopus) florideus; 17 /'. (Pleuropus) versi forints ; 1$. P. (Pleuropus) pudens ; 19. P. (Pleu- ropus) vallatus; 20. P. (Pleuropus) squnma'formis; 21. P. (Merisma) flmumans; 22. /\ (Anodermei) digitalis; 23. /*. (Anodermei) vivax; 1h. P. (Anodermei) elat irais ; 25. P. (Placodermei) medullaris ; 26. P. (Placodermei) adamantinus ; 27. /'. (Placodermei) endop/tœus ; 28. / J . (Pla- codermei) Tkoinsoni ; 29. / J . (Placodermei) scoptdosus; 30. /'. (Placo- dermei) sernitostus. Sltoi»t cliaraeters of titrée new Algrc front tlte sltores of Ceylatt [Caractères succincts de trois nouvelles A/ gués des côtes de Ceyluu, par M. W.-H. Harvey). (Hooker's Journal of Botany, vol. VI, 185Zi,p. U3-ia5, pi. V, VI.) M. W.-H. Harvey, qui exécute en ce moment un grand voyage bota- nique, a déjà adressé de Ceylan à sir William Hooker, une petite notice sur trois magnifiques thalassiophytes , découvertes par lui sur les côtes de cette île. Ces Algues appartiennent à la tribu des Floridées qui renferme les genres Claudea, Martensia, Dictyurus, et l'une d'elles vient ajoutera cette tribu un nouveau genre sous le nom de Vanvoorstia spectabilis (tab. V.). Les deux autres sont un Claudea multifida (tab. VI.), et un Martensia fragilis. BOTANIQUE APPLIQUÉE. Kew Garden IVIusettm [Musée du jardin de Kew). (Hooker's Journal of Botany, vol. VI, 185&, p. 10.) Sir W.-J. Hooker s'est proposé de donner, dans une série d'articles, dont le premier a paru en 1853, une notice sur l'origine du Musée de Botanique économique attaché au jardin royal de Kew, et sur quelques- uns des produits végétaux qu'il renferme. On sait que sir W. Hooker, directeur du jardin de Kew, a créé ce musée dans le but de rendre ser- vice non seulement aux botanistes, mais encore aux marchands, aux manufacturiers, aux médecins, aux droguistes, aux charpentiers, etc., qui peuvent y trouver les matériaux employés dans leurs diverses proies- r>(5 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DR FRANCE. sions, correctement nommés, et accompagnés d'une note sur leur origine, sur leur histoire, etc., soit attachée aux échantillons, soit rappelée dans un catalogue populaire. L'article que nous annonçons ici est consacré aux Papavéracées. Il ren- ferme un rapport très intéressant sur le système de culture du Papaver som- niferum, et la préparation de ïopiwu dans l'établissement de Benares, extrait des Archives du gouvernement du Bengale. Quinologie, ou Mes Quinquinas et des questions qui, tlans l'état présent de la scienee et du commerce, s'y rattachent avec le plus d'actualité, 1 vol. \n-h, avec 23 pi. Chez Germer Baîllièfe, rue de l'École-de-Médecine, 17. MM. Aug. Delondre et A. Bouchardat viennent de puhlier sous ce titre un ouvrage dont le sujet est lié à la Botanique par des liens trop intimes pour que nous ue croyions pas devoir en donner ici l'analyse. Dans ce tra- vail, qui présente une iconographie presque complète des Quinquinas du commerce européen, les auteurs paraissent avoir eu pourohjet essentiel de réhabiliter dans l'esprit public les écorces de la Nouvelle-Grenade, ces pro- duits ayant été affectés pendant longtemps d'un discrédit qu'ils regardent comme peu mérité. Les lignes suivantes, qui forment l'épigraphe du livre de MM. Delondre et Bouchardat, disent quels sont les caractères qui devraient selon eux, être employés de préférence dans la classification des écorces du quinquina: « Il en a été de même jusqu'à nos jours de tous les Quinquinas ; » chacun a fourni sa dénomination particulière, et, à la suite de tant de dis- » eussions sur la classification botanique des espèces et sur leur efficacité, » il est né une confusion que l'analyse seule, à notre avis, peut faire cesser, » en présentant les écorces sous le nom de leur provenance et avec leur va- » leur en alcaloïdes. D'après cette manière de voir, nous avons eu pour but » de faire plutôt un traité pratique qu'un ouvrage de science. » Le côté botanique de la question des Quinquinas est, en effet, presque complètement laissé de côté dans l'ouvrage tout pratique que nous exami- nons ; le passage suivant, que nous citons aussi textuellement, étant le seul, pour ainsi dire, qui l'effleure: « Outre la certitude que nous avons acquise » de la valeur thérapeutique de chaque écorce, grâce aux travaux immor- ■> tels de Pelletier et Caventou, il nous a été permis d'étudier les feuilles des » quinquinas de la Nouvelle-Grenade, recueillies dans diverses parties des » montagnes, et qui ne nous paraissent pas différer des feuilles que nous » avons vues dans les forêts de Santa-Ana (1) et de celles qui proviennent » de notre première expédition en Bolivie. Cette collection , composée de (1) Village du Pérou situé au nord de Cuzco. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 37 » trente spécimens, qui nous a ete donnée pardon Kafaei Duque Uribe, de » Bogota, est jointe aux échantillons de toutes les écorces de quinquina que )> nous avons décrites et que nous avons réunies pour les offrir au Muséum » d'histoire naturelle. » Le texte du volume de MM. Détendre et Bouchardat comprenant environ Zi8 pages, est divisé en quatre parties : La première (Aperçu historique des. Quinquinas, p. 3 à p. 15), contient une revue des explorations entreprises dans les régions où croit l'arbre du quinquina et l'exposé des faits relatifs à la découverte de ses propriétés. Tout ce qui touche à la vie de Mutis, l'un de ceux à qui l'on doit la découverte du quinquina dans les forêts de la Nouvelle-Grenade, y est traité avec une sorte de prédilection. Quelques au- teurs, on le sait, ont disputé au célèbre directeur de l'expédition botanique de laNouvelle-Greiuide, une partie de ses titres à l'admiration de la posté- rité ; MM. Détendre et Bouchardat ont cherché, de leur côté, à le réhabiliter et à prouver qu'il méritait bien ce titre pompeux, bien qu'un peu vide, de Phytologorum americanorum princeps que se plaisait à lui donner Linné. Les auteurs du livre que nous parcourons, attachent une grande importance à démontrer que le nombre de quatre espèces de quinquina découvertes par Mutis des l'année 1792, était arrive a sept en 1800; car ils pensent avoir re- trouvé dans le commerce d'aujourd'hui ces mêmes variétés dont Mutis s'était plu a constater et à louer les propriétés bienfaisantes. Nous passerons la seconde partie de l'ouvrage (Episode du voyage de M. Aug. Delondre dans tes mers du Sud, p. 16 à p. 22), pour arriver à la troisième partie ou Description des Quinquinas, m suivant la chaîne des Andes depuis la Bolivie jusqu'à la Nouvelle-Grenade. Ainsi que l'a donné à entendre une des citations faites plus haut, les ecorces commerciales se trouvent ici décrites dans l'ordre de la station géographique des arbres qui les fournissent, en commençant par le quinquina Calisayade la Bolivie et en finissant par le quinquina de Maracaybo, à la suite duquel sont énurnerés quelques quinquinas de qualité inférieure et plusieurs autres écorces sans valeur (1 ) confondues à diverses époques avec le produit des arbres du genre Cinchona. Des ligures coloriées, lithographiees avec beaucoup de soin, par M. Bion, sont jointes aux descriptions, et les auteurs ont eu soin d'indiquer eu marge de chacune des planches, d'après les analyses faites en fabrique, par l'un (J) Un fait très remarquable, signalé par MM. Delondre et Bouchardat au sujet des faux quinquinas, c'est la présence dans deux d'entre eux des alcaloïdes que plusieurs auteurs ont cru jusqu'ici être l'apanage des seules espèces du genre Cin- chona. L'une de ces deux écorces est le quinquina blanc de Mutis, produit par une espèce du genre Cascarilla, Wedd. ; l'autre est le quinquina des îles Lagos, écorce importée des côtes de l'Afrique, et dont on ignore complètement l'origine botanique. 38 KEYTE BIBLIOGRAPHIQUE. d'eux (M. Aug. Delondre), les quantités relatives de quinine et de cmcho- nine contenues dans chacune des écorces qui s'y trouvent représentées. L'espace nous manque pour suivre les auteurs au milieu des détails rela- tifs à chaque espèce commerciale. Nous ne pouvons cependant omettre de faire remarquer que relativement à l' identification de l'écorce à laquelle Mutis appliquait le nom de quinquina rouge, MM. Delondre et Bouchardat émettent une opinion différente de celle des auteurs qui les ont précédés. Pour ces derniers, le quinquina rouge de Mutis serait une écorce sans valeur produite par un arbre étranger au genre cinchona (Cascarilla magni folia , Wedd.), tandis que pour MM. Delondre et Bouchardat le quinquina rouge de Mutis ne serait autre que la variété d'écorce du Cinchona lanci folia dont on a retiré si particulièrement dans ces derniers temps l'alcaloïde connu sous le nom de quinidine, mais que ces auteurs ne considèrent que comme un état particulier d'hydratation de la quinine. Enfin, un point de l'examen purement chimique des écorces a également attiré notre attention. Il semhle, d'après les expériences de M. Delondre, qu'il y aurait dans certains cas conversion réciproque des alcaloïdes des quinquinas et notamment de la cinchonine en quinine. Telles écorces, en effet, qui, traitées séparément, fournissent des proportions déterminées de quinine et de cinchonine, donnent, étant traitées en mélange, des proportions différentes de ces mêmes alcaloïdes; la proportion de la quinine augmen- tant en raison de la diminution de la cinchonine. Les Quinquinas les plus riches en quinine, d'après les analyses de M. Delondre, sont le Calisaya de Bolivie et le Calisaya de Santa-Fé (Nou- velle-Grenade), qui produiraient tous les deux de 30 à 32 grammes de sul- fate de quinine par kilogramme, le rouge vif de l'équateur et le Pitayo (Nouvelle-Grenade) , qui fourniraient 20 à 25 grammes du même sel. L'espèce qui contiendrait la plus grande proportion (30 grammes par kilo- gramme d'écorce) de cinchonine serait le jaune de Guayaquil. Ces chiffres parlent très éloquemment, il faut le reconnaître, en faveur de la zone sep- tentrionale de la région des quinquinas. MM. Delondre et Bouchardat terminent leur traité par un chapitre (4 e partie. — Déductions pratiques, p. 43 à 45) où ils appellent l'attention des médecins sur l'emploi de la cinchonine, oubliée par beaucoup d'entre eux, malgré son efficacité reconnue, au profit de quelques prétendus succé- danés dont les vertus sont tout au moins fort problématiques'. MELANGES ET NOUVELLES. Sur le Welliiigtonia gigantea. (Gardener's Chronicle, numéros des 2k décembre 1853, \k janvier et 10 juin 185/t.) Il n'est guère de journal où il n'ait été question dans ces derniers temps de l'arbre immense décrit récemment en Angleterre, sous le nom de Welling- tonia gigantea. Voici quelques détails sur cet arbre, tirés essentiellement des articles écrits à ce sujet par M. Lindley dans le Gardener's Chronicle (numéros des 2k décembre 1853, \k janvier et 10 juin 185/r). L'infortuné Douglas, lors de son dernier voyage en Californie, écrivait à sir William Hooker : « L'arbre qui imprime à la végétation de la Californie » le plus beau cachet est une espèce de Taxodium ; il donne aux montagnes » un aspect tout spécial (j'allais dire imposant) qui nous dit clairement » que nous ne sommes pas en Europe. J'en ai mesuré quelques individus, » dont la longueur était de 270 pieds (82 m ,350) et la circonférence de » 32 pieds (9 m ,760), à 3 pieds du sol. Quelques-uns ont même plus de » 300 pieds du haut (91 n, ,500); mais chez aucun, l'épaisseur du tronc ne » surpasse celle que j'ai indiquée. » Quel était cet arbre? c'est ce que l'on n'a pas pu savoir exactement. M. Lindley a d'abord pensé et quelques autres personnes pensent encore qu'il pourrait bien être le même que celui dont il est question dans une note envoyée à M. Veitch d'Exeter par son habile collecteur M. W. Lobb, mais il parait aujourd'hui probable que l'arbre de Douglas [Séquoia gigantea, Kndlich.) n'est autre que le Séquoia sempervirens (1). Voici la note de M. Lobb sur le Wellingtonia : « Ce magnifique arbre vert, dit-il, mérite bien par ses dimensions extraor- » dinaires le titre de monarque des forêts californiennes. Il habite un district » écarté, sur les pentes élevées de la Sierra-Nevada , près des sources des » rivières de Stanislas et de San-Antonio, par 30° lat. N et 120°10' » long. (2) O., à une élévation d'environ 5,000 pieds au-dessus du niveau de la » mer. Il en existe de 8(1 à 90 individus se rencontrant tous dans une étendue » d'environ un mille carré et variant pour la hauteur de 250 à 320 pieds (1) Voyez, à ce sujet, une lettre de M. Lobb, dans le numéro 2 du Gard. Chrun.. 1854. (2) De l'observatoire de Greenwïch. /]() SOCIÉTÉ BOTANIQUE l)E ii'.A.NCK. » (76"',250 a 97'", (500), et, pour le diamètre du tronc-, de lOu 20 pieds (3'", 50 » à 6 m ,100). Leur mode de végétation ressemble beaucoup à celui du » Séquoia ( Taxodium) sempervirens ; les uns sont solitaires, d'autres croissent » par paires et assez souvent en groupes de 3 ou h individus. Le tronc d'un » arbre récemment abattu avait environ 300 pieds de long (91'", 500), et un » diamètre de 29 pieds 2 pouces (18"\N96), en y comprenant l'écorce, à » 5 pieds de terre ; à 18 pieds de terre, le diamètre était de \h pieds 6 pouces » {h"',hT2) ; à une hauteur de 100 pieds, il était de 1 U pieds 6 pouces (V,270); » enfin, à 200 pieds de terre, son épaisseur était encore de 5 pieds 5 pouces » (i m ,652). L'écorce, dont la couleur est à peu près celle de là cannelle, a » une épaisseur de 12 à 15 pouces. Les rameaux sont cylindriques, un peu » pendants et ressemblent un peu à ceux d'un cyprès ou d'un genévrier. Les » feuilles sont d'un vert pâle ; celles des plus jeunes arbres sont étalées et se » terminent en pointe aiguë et acuminée. Les cônes ont une longueur de » 2 pouces et demi et un diamètre de 2 pouces dans leur partie la plus » épaisse. Le tronc de l'arbre dont je parlais plus haut était sain dans toute » ses parties; son âge, à en juger par le nombre des cercles concentriques » qu'il présentait, devait être de trois mille ans ; son bois est léger, tendre et » d'une teinte rougeâtre, comme celui du Taxodium sempervirens. L'écorce » de ce végétal monstre en a été retirée jusqu'à la hauteur de 21 pieds, pour « être exposée à San-Fiancisço , où elle forme (les morceaux ayant été » rajustés) une chambre spacieuse, tapissée et contenant un piano et des » sièges pour 40 personnes. Un jour, 140 enfants y ont tenu sans se » gêner (1). » Un autre récit relatif au même sujet et probablement de même date (juillet 1853), a paru plus récemment dans le même journal; mais il ajoute peu aux détails donnés par M. Lobb, Voici maintenant les caractères génériques du genre Wellington^ tels qu'ils sont donnes par M. Lindley: — Strobilus oblongus liguais; squamis numerosis, cuneatïs, truncatis, per apophysin transverse (ob bracteam wqui- longam omninè adnatam) sulcatis, mucronc in medio. Semina 7 cuique squamœ, supra médium pendulfl, compressa, utrinque alata. —Foi ta alterna, juniperina. Le Wellingtonia giganteuesl un arbre a feuilles squamiformes et imbriquées comme celles de certains genévriers; elles sont attachées au rameau par une base large, et quand, ainsi que cela arrive dans les pousses vigoureuses, elles acquièrent un plus grand développement, ce sont encore des corps sessiles, à coupe triangulaire, ne tendant jamais enfin à former un limbe plan. Elles sont alternes et non opposées. Dans les genres Séquoia et (1) Nous apprenons que Ton est sur le point de transporter ce cylindre colossal d'écorce en Angleterre, où il prendra place parmi les curiosités du palais de cristal, à Sydenham. NOUVELLES ET MÉLANGES. Zjl Sciadopitys, les feuilles sont également alternes: ees feuilles prennent un développement analogue à celui qui s'observe chez les Taxus et les Podo- carpus. Pour les dimensions et la forme, les cônes sont comme ceux du Sciado- pitys; mais les bractées, au lieu d'être demi-libres, sont si complètement soudées aux écailles, qu'elles ne forment avec eux qu'un seul corps dont la double nature n'est perceptible que sur une section transversale pratiquée au milieu de leur extrémité tronquée, ou par la présence d'un mucron dépen- dant évidemment de la bractée et qui s'élève du milieu du sillon, ou enfin par la double couche de matière ligneuse qui constitue chaque écaille. Sous ce dernier rapport, le genre Wellingtonia se rapproche, il faut le dire, du Séquoia; mais les écailles strobilaires sont en petit nombre chez ce dernier, elles sont onguiculées et presque peltées, et ne tiennent que. faiblement a l'axe qui est assez grêle. Dans le Wellingtonia, au contraire, les écailles forment de véritables coins dont la double partie ligneuse intérieure se lie à un axe si dur et si épais qu'il ne faut rien moins qu'un bon ciseau et un fort coup pour les séparer. Les graines du Wellingtonia se rapportent bien à la figure et a la description données par Zuccarini de celles de Sciadopitys, soit par leur forme, soit par leur nombre et leur point d'insertion sur les écailles. Les graines du Séquoia en différent en ce qu'elles sont bien plus minces et que leur aile est plutôt subéreuse que membraneuse, en ce qu'elles sont en plus petit nombre et qu'elles s'insèrent presque au bord des écailles onguiculées. Ces considérations, dit M. Lindley, ne permettent guère de douter que cette forme de conifères ne soit entièrement nouvelle ; et il est possible que ses fleurs mâles fournissent encore de nouveaux caractères pour la distin- guer. Quoi qu'il en soit, l'introduction en Kurope d'un arbre comme celui- là, dont la rusticité n'est guère douteuse, et dont toutes les graines importées en Angleterre ont déjà donné de jeunes pieds vigoureux, est d'une impor- tance facile à comprendre. S'il est vrai surtout que l'espèce n'est repré- sentée en Californie que par un assez petit nombre d'individus, menacés encore de destruction par la hache des spéculateurs, il est heureux de pouvoir espérer que ce « roi des conifères » continuera parmi nous son règne paisible. NÉCROLOGIE. WALLICB Aux pertes si nombreuses que la Botanique a souffertes dans ces derniers temps est venue s'ajouter celle d'un autre de ses représentants les plus popu- laires, et dont le nom a acquis dans le monde une célébrité des plus méri- tées. Nous voulons parler du docteur Natbaniel Wallich, mort à Londres le W2 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 20 du mois d'avril dernier, à l'âge de soixante-huit ans. Les travaux de ce botaniste infatigable sur la flore de l'Inde sont trop connus pour qu'il soit nécessaire d'en faire l'éloge. Nous nous contenterons de résumer ici, d'après un article du Gardeners Chronicle (1), les traits les plus saillants de sa carrière si bien remplie. Danois d'origine, le docteur Wallich fut admis de bonne heure comme médecin au service de sa mère patrie, et fut attaché en 1807, en qualité de chirurgien , à la colonne danoise de Sérampore , aux Indes orientales. Lorsque cette place tomba au pouvoir des Anglais, plusieurs officiers danois entrèrent au service de la compagnie des Indes, et parmi eux le docteur Wallich. Sa profonde connaissance du règne végétal ne tarda pas à fixer l'attention du gouvernement des Indes, et lorsque le docteur Hamilton donna, en 1815, sa démission du poste de directeur du Jardin de Botanique de Calcutta, Wallich fut désigne pour ie remplacer. A partir de ce moment, l'activité qu'il déploya a réunir desplantes de toutes les parties de l'Empire des Indes, à les décrire, a les faire dessiner, et en expédier des individus vivants à sa patrie adoptive, fut sans exemple. De 1818 a 1828, il y avait à peine en Angleterre un jardin d'une certaine importance qui ne lui dût quelqu'une de ses richesses. En 1820, il com- mença, de concert avec le docteur Caiey, la publication du Flora indica de Roxburgh, qui se trouva considérablement, augmenté par ses propres découvertes ; et dès que le nouvel art de la lithographie put être utilisé dans l'Inde, il en profita pour porter à la connaissance du monde la llore du Népaul. Le Tentamen florœ Nepolensis, ouvrage in-folio, avec planches, vit alors lejour. C'était la mise en œuvre de nombreux matériaux recueillis par Wallich durant l'examen officiel qu'il avait fait de cette partie de l'Inde en 1820. En 1825, le gouvernement le chargea de l'étude des forets de bois de construction de l'Hiudouslan occidental. Enfin, en 1826 et 1827, il fit un voyage dans le district d'Ara et dans les territoires nouveaux récem- ment acquis de ce même côte. Vers cette époque, la santé déjà altérée du docteur Wallich rendit néces- saire sou retour en Europe, où il apporta de nouvelles preuves de son zèle in- cessant pour la science. Huit mille espèces de plantes recueillies par lui, ainsi qu'un nombre prodigieux d'échantillons, arrivèrent en bon état à Londres, et furent promptement distribués, sur sa recommandation, dans les herbiers publics de l'Europe et de l'Amérique. La compagnie des Indes donna noble- ment son appui à cette grande opération, et en prit tous les frais à sa charge. Pendant ce temps, le grand ouvrage de Wallich, Plantœ Asiaticœ rariores, était en voie d'impression; il forma, en 1833, trois volumes in- folio, avec 300 planches coloriées. (1) Numéro du 6 niai. NOUVELLES ET MÉLANGES. A3 Lorsque *VYallich fut de retour dans l'Inde, on lui confia la direction d'une expédition scientifique chargée d'explorer la province d'Assam, nouvellement acquise, au point de vue de la culture du thé que l'on disait s'y rencontrer. Sa santé continuait malheureusement de faiblir, et après une visite au cap de Bonne-Espérance et une nouvelle lutte contre un climat qui s'était toujours montré son plus grand ennemi, il fit ses derniers adieux à l'Inde, et regagna l'Angleterre avec sa famille, en 1847, pour ne jouir que pen- dant un temps bien court des honneurs et du repos acquis au prix de tant de travaux. — Tous les botanistes, mais surtout ceux qui s'occupent de l'étude des Algues, connaissent les beaux travaux de M. Harvey sur cette classe de vé- gétaux. Ce que peu de personnes savent, c'est que ce savant est parti l'année dernière dans le but d'explorer la mer Rouge, les côtes de Ceylan, Singa- pour, Batavia, les parties occidentales et orientales de l'Australie, Van Diemen, et les côtes de l'Amérique méridionale baignées par l'océan Paci- fique. Il consacrera un an ou deux à cette exploration, et l'on peut être assuré que, habile et expérimenté comme il l'est en phycologie, il rap- portera des mers qu'il va visiter, des collections intéressantes et sans doute beaucoup de nouveautés. Ces collections, dont il a supposé que les plus complètes se composeraient de cinq à six centuries, il les distribuera à son retour, et après les avoir bien étudiées, à ses nombreux souscripteurs au nombre desquels nous savons qu'on peut compter chez nous le Muséum d'histoire naturelle, ÎNIM. Delessert, Montagne, Thuret, le comte de Tillette de Clermout et Duby de Genève. Chaque centurie sera livrée aux souscripteurs au prix de 55 francs. Avant de partir d'Angleterre, M. Harvey avait réuni 80 souscriptions. — M. Bourgeau, que ses magnifiques collections de plantes des Canaries et du midi de l'Europe ont fait connaître très avantageusement des bota- nistes, exécute en ce moment son sixième et dernier voyage en Espagne. Cette fois le cercle de ses explorations est la Nouvelle-Castille, et il se pro- pose de visiter avec soin plusieurs chaînes peu connues et cependant très intéressantes du centre de la péninsule, telles que la sierra de Guacîarrama, la sierra de Grédos, les montagnes de Tolède , etc. Dans cette exploration, dont on doit attendre d'excellents résultats , M. Bourgeau marche sur les traces de M. Reuter; mais il a l'avantage d'être parti de Paris muni d'ins- tructions précises qui lui permettront de résoudre quclques-imes des questions soulevées par les récoltes et les recherches de son savant prédécesseur. C'est en avril que notre zélé collecteur a commencé son voyage. Pour cette explo- ration de la Nouvelle-Castille, il est patronné par le docteur Graells, profes- seur de zoologie à Madrid, qui, à sa profonde science dans la branche de kk SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. l'histoire naturelle dont l'enseignement lui est confié, joint une connaissance complète de la végétation de son pays. Le docteur Graells travaille à un catalogue des productions zoologiques de sa province, et, dans ce but, il est obligé d'y faire de fréquentes excursions. M. Bourgeau doit l'accompagner dans plusieurs de ses voyages, et il trouvera certainement de grands avan- tages à parcourir cette partie de l'Espagne en compagnie d'un naturaliste si savant et si expérimenté. — Les botanistes apprendront avec satisfaction que M. Balansa, l'un de nos plus zélés et de nos plus habiles collecteurs , se trouve en ce moment à Smyrne pour en explorer attentivement les environs. Cette partie de l'Asie- Mineure est un champ d'exploration d'un haut intérêt. Depuis Tournefort jusqu'à nos jours, il a été visité par un assez grand nombre de voyageurs; mais tous n'ont fait à peu pies qu'y passer pour se rendre ensuite dans l'in- térieur du pays ou dans les parties plus méridionales de la Turquie d'Asie. Seul parmi tous ces botanistes, Shérard , consul général d'Angleterre à Smyrne, a fait un long séjour dans cette riche contrée, et en a récolté avec soin les productions végétales. L'herbier qui contient les produits de ses explorations fait partie des précieuses collections du Musée britannique, à Londres. En outre, il existe au Muséum de Paris un assez grand nombre de plantes récoltées par le célèbre botaniste anglais. Aujourd'hui M. Balansa se propose de consacrer six mois à des herborisations dans les environs de Smyrne, et de faire ainsi pour notre temps, autant qu'il lui sera possible, ce que fit Shérard au commencement du siècle dernier. Depuis son arrivée en Asie, il a déjà donné des nouvelles qui permettent d'espérer qu'il obtiendra un plein succès dans son entreprise. Non content d'explorer les environs immédiats de Smyrne, il se propose de visiter encore les côtes voisines de Téos. Vurla, Tschesmè, etc., le mont Sipyle et plusieurs autres localités d'un grand intérêt. M. Balansa est arrivé à Smyrne au commencement du mois de mars, lorsque toutes les montagnes voisines étaient encore couvertes de neige. Il a vu ainsi la végétation à son réveil, et il a pu récolter un grand nombre d'espèces printanières qui ont dû échapper a la plupart de ceux qui ont exploré le pays avant lui. — Dans une lettre adressée a M. le docteur Puel , en date du 22 mai 185&, M. Liudeberg, de Gotheborg (Suède), annonce qu'il partira le 17 juin pour aller explorer les Alpes de Dover ou Dovre (Norvvége). Il se propose de récolter les plantes spéciales à cette partie intéressante de la région Scandinave , et d'en former des collections qui seront mises à la disposition des botanistes souscripteurs, dès que son voyage sera terminé. Paris — Imprimerie de L. Maktinet, rue Mignon, 2. SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. SÉANCE DU 14 JUIN 1854. PRÉSIDENCE DE M. AD. BRONGNIARÏ. M. de Schœnefeld, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance du 2/i mai, dont la rédaction est adoptée. Dons faits à la Société. 1° Par M. Auguste Maillard : Catalogue des graines récoltées en 1848 au jardin botanique de Dijon, suivi d'Adnotationes ob Alexis Jordan digestœ. 2° Par M. Ménière : Détermination d'un herbier attribué à, J.-J. Rousseau. 3° Par M. Gubler: Observations sur quelques plantes naines, suivies de remarques géné- rales sur le nanisme dans le régne végétal, Mémoire lu en 18^i8 à ta Société de Biologie. Seize adhésions nouvelles, reçues au Secrétariat depuis la dernière séance, sont communiquées à la Société. Les nouveaux adhérents sont proclamés membres de la Société (1). Conformément à l'article 28 du Règlement, M. le président l'ait connaître à la Société les noms des membres de la Commission du Bulletin, élus par le Conseil dans sa séance du 26 mai. Cette commission se compose, pour l'année 185/i, de Î\I3I. J. Gay, (1) Leurs noms sont compris dans la liste publiée dans le premier numéro du Bulletin. T. I. k ll(\ SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. Lasègue et Weddell, auxquels soui adjoints MM. les secrétaires el les vice-secrétaires. La Société ne pouvant, dès cette aimée, s'occuper de la publica- tion d'un recueil de Mémoires, le Conseil n'a pas cru nécessaire d<> désigner une commission chargée de ce soin. M. J. Gay présente à la Société la communication suivante : NOTE SUR LES CARACTÈRES ESSENTIELS DU POTAMOGETON TMCHGIDES, Chara., par M. J. GAY. Les plantes qui paraissent les plus insignifiantes ne sont pas toujours celles dont l'étude offre le moins d'intérêt. C'est ce que prouverait, au besoin, un Potamot de la Flore française, que j'ai suivi avec curiosité pendant de longues années, et dans lequel j'ai successivement découvert plusieurs caractères qui en font une des espèces les plus remarquables du genre. Je veux parler de l'espèce qu'eu raison d'un de ces caractères, je nommai autrefois Potamogeton monogynus, mais que j'ai reconnue, depuis être le P. trickoides de Chamisso, sur lequel j'avais pu me tromper d'autant plus facilement qu'il avait été décrit par l'auteur dans l'ignorance com- plète de la plupart de ses principaux caractères. Ces caractères sont au nombre de quatre, et je vais les exposer dans l'ordre où ils se présentent naturellement lorsqu'on étudie la plante de bas en haut. Dans tout vrai Potamot , la tige se revêt d'abord de feuilles alternes, plus ou moins nombreuses et disposées sur deux rangs, avec un bourgeon dans chacune de leurs aisselles. Généralement ce bourgeon se développe en un seul rameau, précédé de deux feuilles rudimentaires , ou préfeuilles, qui, toutes deux , sont stériles, et qui s'ouvrent en sens oppose, la première ou inférieure du côté de la feuille mère. C'est ce qu'on voit dans le plus grand nombre des espèces; mais il eu est trois, à ma connaissance, qui font exception. Ce sont les P. trickoides, peçtinatus et filiformis, chez lesquels une même aisselle donne naissance a deux, trois ou quatre rameaux . pré- cédés d'un nombre double de feuilles rudimentaires, ou préfeuilles. Etudie sur de jeunes tiges et à l'état frais sur le P. trickoides, ce phénomène m'a présenté les caractères suivants: il n'y a qu'un bourgeon dans l'aisselle. Ln axe rudimentaire , indéter- miné et long d'à peine un millimètre, lui sert de base. Sur ce rudiment d'axe, quatre, six ou huit feuilles rudimentaires (réduites à leur stipule), sont insérées, étroitement embrassées les unes par les autres, disposées sur deux rangs opposes , et alternativement ouvertes en sens inverse, la pre- mière, la troisième , la cinquième et la septième du côté de la feuille mère, les autres du côté de l'axe primaire. Les feuilles rudimentaires de cette dernière série sont toutes stériles. Celles de la première ont toutes un SÉANCE DU lll JUIN 1854. /j7 rameau dans leur aisselle, un véritable rameau qui peut s'allonger, se revêtir de feuilles vertes et se ramifier lui-même. Les deux, trois ou quatre rameaux du bourgeon sont doue superposés les uns aux autres, dans une même série, sur un même côté de l'axe rudimentaire, sur le côté qui regarde l'axe primaire, etil est à remarquer qu'ils sont d'autant plus développés qu'ils ris. 2. Coupe transversale du nœud fotiai 1, la feuillu mère (a de la figure I); 2, 0, 7, feuilles mdimentuires du bourg des mêmes chiffres dans lu li ; b. c, Par M. Trécul! Nouvelles observations relatives à l'accroissement en diamètre des arbres dicotylédones, 1853. Formation des vaisseaux (filets radiculaires de quelques auteurs) au- dessous des bourgeons, soit adventifs, soit normaux, isolés par des décor t i cations , 1 S 5 3 . Mémoire sur le développement des Loupes et des Broussins envisages au point de vue de l'accroissement en diamètre des arbres dicoty- lédones. Mémoire sur la formation des perforations (pie présentent le* feuilles de quelques Aroïdées. Mémoire sur la formation des feuilles. h Par M. Eugène Michalet, de Dole : Noté sur quelques plantes récemment observées dans te département du Jura et le pays de Gex. Besançon, l85ft. 5° Par M. Léon Soubeiran : Une lettre autographe de feu l'ose, son aïeul maternel, en date du 11 août 1818. (V 1 De la part de M. II. Lecoq, de Clermont-Ferrand : /{tudes sur la géographie botanique de l'Europe, et en particulier sur la végétation du plateau central de la France, tome I, 1854. M. le Président donne lecture de l'extrait suivant d'une lettre qu'il a reçue de M. Godron, recteur de l'Académie du Doubs : Besançon, l/i juin 185/|. Monsieur. Pendant, votre séjour à Besançon, vous m'avez hiâiiifesté l'intérêt que vous portiez aux expériences que j'ai entreprises dans le luit • le reproduire, par la fécondation artificielle, WFgilops, triticoides, et de donner le caractère d'une démonstration complète à l'opinion que j'ai émise sur l'origine de cette plante. Aussi je me fais un devoir de nous annoncer que ces expériences ont parfaitement réussi. Je suis parvenu, en lecondaut WEgilups ovata par le pollen du Blé barbu et du Blé sans barbes, a reproduire les deux formes d\F. triticoides que j'ai observées dans le Midi. J'ai obtenu également deux formes hybrides nouvelles, l'une qui résulte de la fécondation de Y. F. ovata par le Triticiim Speltù, l'autre de I' /'. triaristata par le Triticum duruni. SÉANCE DU 28 JUIN 1854. 07 M. Trécul t'ait la communication suivante : EXTRAIT D'UN MÉMOIRE INÉDIT SUR LES FORMATIONS SPIRALES, ANNULAIRES ET RÉTICULÉES DES CACTÉES, DU CUCURBITA PEPO, ETC., par M. A. TRÉCUL. Les Cactées , dout les formes sont généralement si remarquables, ont un système fibro-vasculaire qui , à la première vue, semble ne pas différer de celui des autres végétaux dicotylédones; mais les espèces qui ont la tige courte ou globuleuse, principalement, comme les Echinocactus, les Matnil- laria., les Melocactus, etc., ont une structure qui n'a pas d'analogue chez les autres végétaux. Les fibres ligneuses ordinaires y sont presque toujours remplacées par des cellules oblongues, à parois minces, transparentes, qui renferment tantôt une lame spirale contournée comme un escalier à vis, tantôt des anneaux ou des disques percés d'un trou au milieu, et placés a des intervalles réguliers en travers de ces utricules. Ces éléments divers sont mélangés dans la même plante avec des vaisseaux spiraux, qui s'en distinguent surtout par leur spiricule plus étroite. Cette curieuse structure a été connue de Meyen, de R. Brownj mais MM. Brongniart et Scbleiden l'ont étudiée simultanément avec beaucoup de détail. Ils ont donné d'excellentes figures de ces organes, dont je complé- terai l'étude en décrivant leur mode de développement et leur structure plus intime. Cet examen jettera un jour tout nouveau sur la formation des vaisseaux spiraux, des vaisseaux annulaires, des réticulés et même de cer- tains vaisseaux ponctués, sur la production desquels il règne encore beau- coup d'obscurité. En effet, la spiricule est-elle un vaisseau roulé en hélice autour d'un tube membraneux contenant, de l'air, comme le pensait Hedwig; ou bien ne sont-elles que le résultat d'une découpure en spirale d'une membrane utriculahe, ainsi que le croyait M. de Mirbel? ou bien encore, cette découpure en spirale ne s'est-elle opérée qu'après que des dépôts en hélice se sont faits à la surface interne de la membrane utriculaire, comme le pensent MM. H. Mohl , Scbleiden et avec eux presque tous les botanistes de notre époque, qui croient, aussi que ce sont de tels dépôts qui donnent lieu aux réticulations , aux anneaux, etc., que. présentent la plupart des vaisseaux? La description des faits nous dira ce que l'on doit penser de ces théories. En cherchant l'origine des fibres ligneuses spirales et annulaires des Cactées, j'ai vu qu'elles naissent absolument comme les fibres ligneuses ordinaires. Dans de jeuues Mamillaria quadrispina, Echinocactus Cou- rant i.i , elles étaient disposées dans la couche génératrice en séries horizon- tales rayonnantes, sous la forme de cellules oblongues, à parois minces et transparentes. Dans les plus rapprochées du cylindre fibro-vasculaire, je visse dessiner une ligne spirale sur la membrane qui était d'abord lisse. (38 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Cette spiricule, à peine perceptible, d'une teinte plus claire que le reste de la membrane , a ses tours de spire écartés dès le principe; et ses bords, primitivement diffus, se dessinent bientôt avec netteté. Une étude attentive fait voir qu'elle occupe une partie de l'épaisseur de la membrane, dont elle est évidemment une dépendance, et non un simple dépôt formé à sa face interne. Quand la spiricule est bien définie, la membrane de la cellule, qui croît plus vite qu'elle, se renfle dans les intervalles qui séparent ses tours de spire, en sorte qu'à cette éqoque un sillon suit à l'extérieur de la cellule les contours de l'hélice ; mais la spiricule, en continuant son accrois- sement, efface peu à peu ce sillon, et finit même par faire saillie à son tour. D'abord simple linéament à la face interne de l'utricule, elle s'élargit au point d'occuper fréquemment presque tout le rayon de la cellule; c'est alors qu'elle figure une lame contournée comme un escalier à vis. Cette spiricule ne s'accroît donc pas par des dépôts successifs de la matière con- tenue dans la cellule; elle s'accroit par intussusception. Tous les phénomènes que je viens de décrire se retrouvent dans la formation des fibres annulaires du Mamillaria quadrispina; seulement ce sont des anneaux qui naissent tout d'abord au lieu de la spiricule. A la forme annulaire près, c'est le même aspect au début, la même dilatation successive de la membrane et des anneaux. Quand la membrane est plus dilatée, il serait impossible de s'imaginer qu'il y a là une simple cellule, si on ne l'avait pas vue se modifier; ou plutôt elle a tout l'aspect d'une cellule mère qui s'est partagée par des cloisons pour produire plusieurs autres cellules. La spiricule et les anneaux, aussi minces que la membrane de leur cellule mère, à leur origine, se dilatent dans tous les sens, prennent une épaisseur plus grande que la sienne, car elle conserve à peu près la même ténuité à tous les âges ; c'est pourquoi les anneaux et la spiricule, ayant plus de consistance que les parois utriculaires, les refoulent vers l'axe de chaque cellule adjacente. Cependant la compression que les cellules exercent les unes sur les autres, a pour effet de faire prendre souvent aux anneaux et aux spiricules des formes variées ; leur contour est alors marqué de quel- ques échancrures plus ou moins profondes. Tels sont les phénomènes qui accompagnent l'évolution de ces organes. Jusque-là, tous les tissus que composaient ces jeunes cellules étaient trans- parents, celles-ci ne contenant que des liquides; mais quand leur accrois- sement est terminé, les tissus s'imprégnant de gaz, une opacité complète succède à la Irausparence primitive. C'est alors que commence une autre période, qui mériterait peut-être d'être appelée période physiologique, la précédente ne me paraissant être que la période d'évolution. La similitude qui existe entre la structure et le développement des fibres ligneuses spirales et des trachées , la présence des gaz dans l'un et dans SÉANCE DU 28 JUIN 1854. 69 l'autre cas, ne semblent-ils pas engager à considérer les tissus qui sont composés de ces fibres spirales et annulaires, comme une exagération du système trachéen aux dépens du système fibreux, de même que j'ai montré ailleurs le système des vaisseaux ponctués et réticulés se formant aux dépens du même système fibreux, lorsque les besoins de la plante le néces- sitent^). Est-il doue rationnel de supposer que toute action physiologique cesse pour ces éléments spiraux et annulaires, qui constituent presque tout le corps ligneux des Mamillaria, etc., et pour les trachées, à l'époque de l'apparition des gaz, c'est-à-dire au moment où leur développement s'achève, quand ils semblent être arrivés à leur état de perfection. Ce sont là des considérations que je soumets à la critique des physiolo- gistes. Je n'ai rien dit encore d'un point très important de la structure des organes dont je viens d'esquisser révolution. La découverte de ce phéno- mène a eu pour résultat de me conduire à d'autres observations du plus haut intérêt. J'ai vu, en effet, d'abord dans des fibres ligneuses spirales qui avaient macéré, ensuite dans des organes frais, que la spiricule, qui était considérée comme formée d'une substance homogène déposée sur la mem- brane par le liquide contenu dans la cellule, j'ai vu, dis-je , que cette spiri- cule est composée de deux substances : 1° d'un tube creux, à parois minces bien définies, d'une cellule spirale enfin ; 2° d'une matière gélatineuse que celle-ci renferme, qui a une couleur différente et une consistance variable. Pour les apercevoir plus aisément, il faut avoir une section ou une cassure bien perpendiculaire à l'axe de la spiricule. Les anneaux ont la même structure. J'ai reconnu aussi cette composition dans les vaisseaux du Cucurbita Pepo. J'ai même observé dans les vaisseaux réticulés de cette plante et dans ceux des Cactées, que les mailles du réseau qui constituent les parties déprimées, le sont en dehors aussi bien qu'au dedans, ce qui exclut l'idée de dépôt secondaire effectué à l'intérieur pour produire les réticulations; j'ai vu également que le réseau formé par les parties renflées est creux comme les spiricules et contient comme elles une substance gélatineuse. Ce sont les vaisseaux réticulés, dont les dépres- sions ne sont que linéaires et les réticulations très larges, qu'il faut choisir pour mieux apercevoir ces cavités. Les formations spirales, les annulaires et les réticulées, ne sont pas les seules qui offrent cette structure; certains vaisseaux ponctués, certaines cellules ponctuées peuvent aussi la présenter. J'ai rencontré assez souvent de ces vaisseaux , moins souvent de ces cellules, dont les ponctuations (1) Voyez, Annales des sciences naturelles, [\ e série, t. I, mon Mémoire sur la formation des ruisseaux (filets radiculaires de quelques auteurs) au-dessous des bourgeons, suit adventifs, suit normaux, isolés par des décortications, etc. 70 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. étaient dues à des cavités analogues existant dans l'épaisseur même de la membrane de ces organes, sans communication directe avec l'intérieur de la cellule ou du vaisseau. Je dois ajouter tout de suite que j'ai observé aussi, comme tous les ana- tomistes, des ponctuations qui ont une autre origine. Je dirai également que beaucoup d'entre elles ne sont point dues à l'épaississement de la membrane au moyen d'incrustrations qui se déposent à l'intérieur de la cellule, laissant, à des intervalles réguliers, des points où ces dépôts ne s'effectuent pas; dans une multitude de cas, ces épaississements ont lieu par l'interposition d'une matière intercellulaire qui refoule la membrane primaire vers le centre de la cellule, la où ces interpositions sont faites ; et ce sont les points où elles ne se font pas, qui, dans les cas dont je parle en ce moment, ont l'aspect de ponctuations Tous ces faits prouvent que les théories fondées sur des dépôts formes à l'intérieur des utricules ne sont pas aussi générales qu'on le pense com- munément. M. Germain de Saint-Pierre demande comment M. Trécul a pu se convaincre que la spirieule est, creuse. Il a plusieurs fois vainement essayé de constater ce l'ait. M. Trécul affirme de nouveau que la cavité dont il a parlé est 1res visible. M. Brongniart ajoute que les spiricules des Cactées sont particu- lièrement favorables à cette élude, et que M. Trécul lui a fait voir les faits tels qu'il vient de les exposer. Ces faits, (railleurs, ne s'ap- pliquent peut-être pas aux trachées ordinaires chez les autres \égéfîiux. M. Decaisne présente des échantillons de plusieurs Conifères gigantesques de la Californie, récoltés et envoyés au Muséum par M. Boursier de la Rivière, agent consulaire de France : L'un de ces échantillons se rapporte a un Çhamœcyparis, auquel M. De- caisne donne le nom de C. Boursieri; cette espèce se distingue de ses con- génères parla brièveté de ses feuilles, très étroitement imbriquées, ovales, acuminées et munies chacune d'une glande à sa partie moyenne ; ses plus jeunes rameaux, dépourvus de cônes, ressemblent à ceux de ['Arthrotazis zi'laginoidcs. Les autres échantillons présentes par M. Decaisne se rapportent aux Seqnoia sempervirens et gigantea II fait observer que l'existence, chez ces SÉANCE DU 28 .JUIN 185/|. 71 arbres, de différentes formes de feuilles, ne peut justifier l'établissement du genre Wellingtonia, que M. Lindley a cru pouvoir baser sur cette particu- larité. En effet, les Conifères présentent toutes ce caractère à un degré plus ou moins remarquable, et en lui accordant la valeur que lui assigne M. Lindley, on se trouverait conduit a séparer génériquement chacune des espèces du groupe des Entassa. M. Decaisne ajoute que le Séquoia sempervirens présente souvent sur le même rameau des feuilles imbriquées et des feuilles distiques, comme cela se rencontre chez plusieurs Dacrydium, Podocarpus, etc.. cl parmi les Conifères fossiles, dans le Voltziù hierophylla, etc. — Passant ensuite à la structure des fruits et des graines, il démontre que leur identité est parfaite dans les Séquoia sempervirens et gigantea, et qu'il n'existe a cet égard qu'une simple différence de grosseur dans les cônes : le nombre et la forme des écailles, leur insertion sur l'axe, tout est semblable de part et d'autre, et rien n'y rappelle la structure du Sciadûpitys, au fruit duquel M. Lindley compare celui de son genre Wellingtonia. Il en est de même pour les graines, qui sont toutes semblables quant à la forme, et qui se trouvent au nombre de cinq sur chaque écaille. Enfin, pour prouver plus complètement encore l'identité générique de ces deux arbres gigantesques, M. Decaisne fait remarquer qu'ils renferment l'un et l'autre une substance colorante rouge, solnbledans l'eau et qui a fait donner au S. sempervirens le nom de red /rond (bois rouge) par les Anglo- Américains. Eh terminant, le même membre rappelle que l'on connaît actuellement au Mexique ou sur la côte occidentale de l'Amérique du Nord plusieurs espèces d'arbres gigantesques : le Thuia gigantea (figuré dans la tew horticole, 185'i), le Séquoia sempervirens, dont le tronc atteint jusqu'à 5 mètres de diamètre, le S', gigantea qui a jusqu'à 100 mètres de hauteur et S à 9 mètres de diamètre; le Chamœcyparis Boursier!, qui rivalise avec ce dernier, le TaxbdiWn d'Oaxaca ('/'. Montèzwnœ, Decaisne) (l), confondu avec le Taxodimn distiehum de la Louisiane, et enfin le Ptnus f.mu- bertianà. M. Decaisne présente déplus à la Société un fruit de Paria, également originaire de la Californie; ce fruit mesure 8 centimètres de longueur et le marron qu'il contient en a 21 de circonférence. Malheureusement lorsqu'on l'a reçu, ce marron était complètement ^àté. il eût été intéressant de savoir si cette espèce possède les qualités alimentaires des graines du Pavia ma- cfostachya. (1) M. Decaisne a donné à eelto espère le nom de TaxodiuM MoftiezUmce, afin de rappeler que cel arbre était déjà célèbre par ses énormes dimensions, à l'époque de la conquête du Mexique par t'ernand Gortez, 72 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. M.Germain de Saint-Pierre fait à la Société la communication suivante : SUR LA DISPOSITION DES FEUILLES DANS LA FAMILLE DES RUBIACÉES , par M. E. GERMAIN DE SAINT-PIERRE. Les botanistes considèrent généralement les feuilles verticillées de nos Rubiacées indigènes (dites Stellatœ ou Étoilées) comme étant le résultat du développement normal de stipules foliacées situées entre des feuilles opposées, et présentant la même forme et la même dimension que ces feuilles. Ils ont été conduits à cette explication de la disposition exceptionnelle des feuilles dans cette tribu de la famille si naturelle des Rubiacées, par la comparaison et par l'analogie de la structure et de la disposition des feuilles chez les autres tribus de cette nombreuse famille, où les feuilles sont, comme on le sait, généralement opposées et munies de stipules. En effet, les plantes de la tribu des Rubiacées-étoilées présentant, au premier abord, un organe important de moins que les plantes des autres tribus : les stipules, et présentant un organe important de plus : les feuilles surnuméraires; d'autre part, ces feuilles surnuméraires étant privées de bourgeon à leur aisselle, tandis que les feuilles essentielles, alternativement opposées, se distinguent, dans le verticille, par la présence de leur bourgeon , on avait dû être porté à voir dans les feuilles surnuméraires, qui complètent le verticille, les organes manquant en apparence, c'est-à-dire les stipules. Un fait intéressant quej'ai observé en comparant entre elles nos Rubiacées indigènes, afin de m' éclairer sur les lois qui président à la transformation des stipules en feuilles, pourra peut-être faire passer à l'état de certitude la probabilité de cette transformation. J'ai trouvé cbez le Galium linifolium, Lam., plante des Alpes françaises, de véritables stipules sétiformes et aciculées, absolument semblables à celles qui existent chez un grand nombre de Rubiacées à feuilles opposées; ces stipules occupent la place qu'occuperait l'une des feuilles du ver- ticille. Tantôt l'une, tantôt l'autre, quelquefois une seule, quelquefois plu- sieurs des feuilles revêtent cette apparence stipulaire ; aucune régularité de disposition ne préside à cette importante modification. On ne saurait méconnaître, dans ces stipules tendant ainsi à remplacer toutes les feuilles surnuméraires des verticilles supérieurs, les feuilles sur- numéraires elles-mêmes, excessivement réduites dans leur volume par suite de l'appauvrissement ou de l'épuisement qui a lieu dans les ramifica- tions terminales de la plante. Or, la consistance et la forme des stipules dans la famille des Rubiacées étant le plus généralement la consistance membraneuse et la forme subulée, on doit en conclure que, dans la section des Stellatœ, une sorte d' hypertrophie normale rend les stipules amples SÉANCE DL 28 JUIN 185/i. 73 et foliacées, et que, chez le Galium linifoUum, les stipules retournent a la forme subulée (théoriquement normale) par une atrophie anormale. Je me suis assuré, par l'examen d'un grand nombre de tiges, que les organes subulés, qui me semblent pouvoir être appelés du nom de stipules, n'occupent jamais la place de l'une des deux feuilles opposées qui présentent des bourgeons ou des rameaux à leur aisselle, ces organes occupant tou- jours la place de l'une des feuilles supplémentaires situées dans les deux intervalles qui séparent les feuilles normales. Or, si les feuilles supplémentaires de ce Galium retournent à l'état de stipules dans les verticilles supérieurs, les feuilles larges des autres verticilles qui présentent la même disposition sont également des stipules. La même conséquence peut et doit s'étendre aux autres espèces du même genre et aux autres genres de la même tribu, dont le système phyllotaxique présente la même disposition. Un autre fait, que j'ai recueilli en continuant les mêmes recherches, m'a conduit au même résultat: Chez Y Asperula arvensis, le verticille deuxième de la plante (celui qui suit immédiatement le premier qui n'est compose (juc des deux feuilles cotylédonaires) est composé généralement de quatre feuilles; deux de ces feuilles, celles qui alternent avec les feuilles cotylé- donaires, présentent des bourgeons à leur aisselle et sont les véritables feuilles; des deux autres feuilles, alternes avec les précédentes (et situées au-dessus des cotylédons), l'une est souvent le siège d'un dédoublement qui fait passer les feuilles de ce verticille du nombre quatre au nombre cinq. Ce dédoublement incomplet nous donne l'explication de ce qui a lieu lorsque le verticille présente un plus ou moins grand nombre de feuilles; l'augmentation est due au retour à l'état libre des stipules, qui sont confondues deux en une seule lorsque le verticille ne présente que quatre feuilles; qui sont libres lorsque le verticille présente six feuilles; qui sont confondues par deux sur un des côtés de la tige, et libres de l'autre côté, lorsque le verticille (comme dans le cas décrit) est à cinq feuilles; qui sont, enfin, [plus ou moins dédoublées lorsque le verticille est à plus de six feuilles. Notre collègue M. le docteur Weddell, qui s'est occupe avec tant de succès de la tribu des Cinchoneœ (Quinquinas) , m'a fait remarquer que, dans certaines divisions de cette tribu à feuilles opposées, il existe des genres chez lesquels laplupart des espèces sont à feuilles verticillées : tel est, par exemple, le genre Bouvardia (qui renferme principalement des plantes du Mexique). — Ayant examiné les espèces de ce genre, qui font partiede la collectioudu Muséum, j'ai trouvé, chez l'une d'elles, les rameaux principaux à feuilles verticillées par quatre, et les rameaux secondaires à feuilles opposées {B. leiantha); chez un autre (B. Jacquini), j'ai trouvé les rameaux prin- cipaux à feuilles verticillées par trois, et les rameaux secondaires à feuilles 1k SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. opposées. Chez d'autres, toutes les feuilles sout verticillées par trois ou par quatre; chez d'autres enfin, le nombre des feuilles du verticille varie: il est d'autant plus considérable que le verticille occupe la partie la plus vigou- reuse du rameau, c'est-à-dire la partie moyenne. Or, chez ces Rubiacées à feuilles verticillées, il existe constamment des stipules subulées, alternes avec les feuilles, tant avec les feuilles qui corres- pondent aux feuilles opposées qu'avec les feuilles supplémentaires. Il ne fallait donc pas chercher dans ces tribus l'explication de l'augmentation du nombre des feuilles dans une transformation foliacée des stipules, ainsi que chez les Rubiacées-étoilées. J'en voyais l'explication dans un dédoublement des feuilles normales, analogue au dédoublement qui fait passer si fréquem- ment le Lysimachia vulgaris de la forme normale à feuilles opposées, à la forme anormale fréquente à feuilles verticillées par trois et pur quatre. Mais je désirais vivement trouver un fait démonstratif de cette théorie chez les Rubiacées elles-mêmes, lorsqu'un hasard inespéré m'a fait rencon- trer, parmi les spécimens de l'herbier du Muséum, un /Jouvardia [ /J. uugustifolia) chez lequel une feuille de l'un des verticilles présentait l'état intermédiaire entre une feuille et deux feuilles. Cette feuille bifide ou incom- plètement dédoublée latéralement, qui m'a permis de prendre en quelque sorte la nature sur le fait, fournit la preuve la plus irrécusable du mode de multiplication des feuilles par dédoublement chez les Rubiacées, à feuilles opposées et à stipules, des tribus exotiques. Chez nos Rubiacées-etoilees, la question de multiplication des feuilles par transformation des stipules peut se compliquer du dédoublement des véritables feuilles que nous avons observé chez les Rubiacées à feuilles franchement opposées. — Chez les espèces du genre Jlubiu (Garance), par exemple, les véritables feuilles et les rameaux qui naissent à leur aisselle sont, comme chez les autres genres, alternativement opposes, mais il arrive néanmoins assez fréquemment qu'un même verticille présente trois bour- geons ou trois rameaux, et, dans ce cas, on doit voir, dans la feuille qui donne naissance au bourgeon supplémentaire, plutôt le résultat d'un dédou- blement d'une feuille véritable, que le résultat de la transformation foliacée d'une stipule/ lui effet, si le bourgeon supplémentaire appartenait à une sti- pule, il occuperait la partie moyenne de l'un des deux côtés qui séparent les bourgeons des deux feuilles normales : les trois bourgeons seraient donc inégalement espacés; or, c'est ce qui n'est pas : les trois bourgeons ou les trois rameaux que présentent ces tiges de Hubia sont également espacés et forment un verticille parfaitement régulier; j'en conclus qu'ils naissent à l'aisselle, l'un d'une feuille normale, et les deux autres des deux feuilles qui résultent du dédoublement de l'autre feuille normale. Je présenterai, plus tard, des faits d'après lesquels on peut établir cette loi, que les feuilles qui résultent d'un dédoublement (et les rameaux qui naissent a leur aisselle) SÉANCE DU 2$ JUIN J85/|. 75 partagent symétriquement la circonférence de la tige avec les feuilles nor- males. Ces feuilles normales se trouvent par conséquent déplacées (dans une série de veiticilles successifs), par le fait du dédoublement de l'une d'elles, et entrent dans une nouvelle combinaison symétrique. .M. Brongniart présente la communication suivante : DES GLANDES NECTARIFERES DANS DINEUSES FAMILLES DE PLANTES MONOCOTYLEDQNE& par 91. A». BROXGM.iRl . L'origine du lluide ordinairement visqueux et sucré, quelquefois presque aqueux, qu'on observe au fond de beaucoup de Heurs et qui constitue ce qu'on a nomme le nectar des fleurs, est loin d'avoir été bien constatée dans la plupart des plantes. Si, dans plusieurs cas, on a observé des organes glanduleux extérieurs soit autour de la base de l'ovaire, soit vers la base des étamines ou des pétales auxquels on a pu attribuer cette sécrétion, il est d'autres cas fort nombreux où l'on n'a rien observé de semblable et où l'on a du considérer le fond du tube de la corolle ou la base de l'ovaire comme l'organe sécréteur lui-même. La plupart des Liliacées, des Amaryllideeset des Broméliacées paraissaient dans ce cas; car à l'exception des Fritillaires et d'un petit nombre d'autres genres, ou n'y avait pas observé d'organes sécréteurs extérieurs, et cependant presque toutes ces plantes offrent au fond de leurs fleurs un liquide abon- dant au moment de la floraison. II y a déjà fort longtemps que, cherchant à vérifier une hypothèse mise en avant sur la composition du pistil de diverses familles de monoeotylé- dones, et d'après laquelle les carpelles ou parties constituantes du pistil ne correspondraient pas aux loges mais aux valves qui alternent avec elles, et la cloison ne serait qu'un repli du milieu de cet organe (1), j'ai étudié la constitution des cloisons qui séparent ces loges, pour chercher à reconnaître si dans leur système vasculaire ou dans quelque point de leur organisation on trouverait une preuve ou de leur simplicité ou de leur formation par l'adossement des parties latérales des carpelles. Cet examen me montra que dans beaucoup de Liliacées, la cloison qui sépare les loges de l'ovaire présentait, dans son milieu et dans une étendue plus ou moins considérable, un dédoublement et une cavité étroite dont les parois étaient généralement appliquées l'une contre l'antre , mais n'étaient cependant nullement adhérentes. I.a cloison est ainsi partagée, dans une étendue plus ou moins grande. (I) Mémoire de M. Steinhei), Annales 'les sciences naturelles, deuxième série, t. I, p. 99 (iSoli). 76 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. en deux feuillets qui appartiennent à chaque carpelle et qui ne sont reunis que vers l'axe et vers la surface externe. Le tissu qui forme cette partie non adhérente de la cloison et qui tapisse ainsi cette cavité à parois contigués est plus dense que celui du reste de l'ovaire; il est composé de cellules plus petites, d'une forme différente et ordinairement colorées en jaune, tandis que le reste de la cloison, comme les parois externes de l'ovaire, est formé d'un tissu cellulaire plus lâche, spongieux, incolore ou souvent rempli de matière verte. L'aspect du tissu qui tapisse ces cavités me porta presque immédiate- ment à le considérer comme un tissu glanduleux, et, en effet, en examinant avec soin la disposition de cette sorte de fente ou de dédoublement de la cloison, je vis que, fermée du côté central de l'ovaire par l'adhérence et la continuité de la partie de la cloison qui correspond aux placenta, fermée également du côté extérieur par l'union des deux carpelles juxtaposés, elle se prolongeait cependant vers l'extérieur, soit dans sa partie inférieure, soit dans sa partie moyenne, soit plus rarement, du moins dans les Liliacées, vers le haut, en un canal étroit qui venait aboutir à la surface de l'ovaire dans le fond du sillon qui indique presque toujours au dehors la ligue de jonction des carpelles. Souvent, par ce petit orifice extérieur formant une fossette à peine distincte, et lorsque la sécrétion ne remplit pas encore le fond de la fleur ou lorsqu'on l'a enlevée avec soin, on voit s'épancher une gouttelette de liquide (1). On ne saurait donc douter que ces cavités à parois appliquées l'une contre l'autre ne soient des cavités sécrétantes tapissées par un tissu glanduleux, et destinées à fournir à la fleur le liquide qu'on observe en effet le plus souvent autour de la base de l'ovaire. Je désignerai maintenant ces glandes sous le nom de glandes septales de l'ovaire; elles constituent une forme des organes sécréteurs bien rare dans le règne végétal ; car, dans presque tous les cas connus, ces organes sont extérieurs, représentant le plus sou- vent une sorte de cupule qui, à un moment donné de la vie du végétal, se couvre d'un liquide plus ou moins abondant, sécrété par sa surface. C'est ce qu'on observe dans les glandes pétiolaires de beaucoup de végétaux, et dans ces sortes de scutelles sécrétantes placées à la base des pétales des Fritillaires et de plusieurs autres Liliacées, organes qu'on retrouve avec des formes diverses dans beaucoup d'autres fleurs de diverses familles. Dans d'autres cas très fréquents, la sécrétion s'opère dans une cavité close de toute part, formée par le tissu cellulaire sécréteur, et qui ne laisse (1) Cette petite fossette avait été observée par Steinlieil sur l'ovaire des Scilles, mais il Pavait considérée comme l'organe sécréteur lui-même, et clans ie caractère du genre Urginea, il dit : Ovarium tripartitum apice glanduloso nectariferum. — Annales des sciences naturelles, deuxième série, t. VI, p. 276 (1836). SÉANCE DL 28 JUIN 185/1 . 77 échapper le liquide qui s'accumule clans cette cavité que par transsudation ou par le déchirement artificiel de son tissu. C'est ainsi que sont constituées les cavités glanduleuses si apparentes de la peau de l'orange ou du citron, et celles, plus petites mais bien plus fréquentes, des feuilles de beaucoup de végétaux. Mais je ne sache pas qu'on ait déjà reconnu dans le règne végétal des cavités sécrétantes bien définies, à parois formées par un tissu glanduleux propre, et possédant un conduit excréteur régulier, comparable, jusqu'à un certain point , à ceux des organes glanduleux , ou surtout de certains cryptes des animaux. Le désir de voir jusqu'à quel point ces organes pouvaient fournir, par leur absence ou leur présence, et par leurs modifications de forme, des ca- ractères naturels, m'a fait longtemps tarder à publier mes observations à ce sujet; mais, sans être encore parvenu à les multiplier autant que je l'aurais désiré, je crois cependant leur avoir donné assez d'extension pour qu'elles offrent quelque intérêt; car j'ai reconnu l'existence de ces organes sécré- teurs dans des plantes appartenant à cinq des familles les plus importantes parmi les Monocotylédones, savoir : les Liliacées, les Amaryllidées, les Broméliacées, les Cannées et les Musacées. Dans les Liliacées, les plantes qui les montrent de la manière la plus ap- parente, et dans lesquelles je les ai particulièrement étudiées, sont : Aspho- delus luteus, Scilla amœna etperuviana, Albuca major, Phalangium Lilias- trum, Ornithogalum umbellatum, Hyacinthus serotînus, Aloe tubcrculata et nigricans, Yucca glor iosa, diverses espèces d'Allium (A. ursinum, subhirsutum, Moly, scorzonérœfolium), dans lesquels ces glandes occupent particulièrement le gynobase, et s'ouvrent à la base de l'ovaire (1). Ces glandes deviennent très peu étendues dans les Asparagus et les Pofy- gonatum ; elles me paraissent manquer complètement dans beaucoup d'Às- paragées [Convallaria majalis , Smilacina racemosa, Danaida racemosa , Smilax herbacea), et dans plusieurs Liliacées d'autres tribus : Fritillaria imperialis, Lilium candidum, Eremurus, Notoscordum gramineum et fra- grans, Streptopusroseus, ErythroniumDens-canis, Peliosanthes Teta. Ce qui semble indiquer que, si la présence ou l'absence de ces organes peut concourir a fournir de bons caractères génériques, leur valeur ne s'élève pas au rang de caractères de tribus ou de familles. Mais ces organes, que j'ai d'abord observés dans les Liliacées, ne sont (1) M. Gay, dans son Mémoire sur quelques es})èces d'Allium (Annales des sciences naturelles, troisième série, t. VIII, p. 185, 1847), avait déjà observé cette position des organes nectarifères ; mais je crois, d'après les descriptions qu'il en donne, qu'il n'avait observé que leurs orifices extérieurs sans reconnaître la vraie surface sécrétante intérieure. 78 SOCIÉTÉ BOTAÏVIOJJ!'; DE I KANGE. pas limites a cette famille; ils acquièrent même un plus grand développe- ment dans d'autres groupes de Monocotylédones. Ces glandes septales paraissent exister, avec des dimensions variables, dans presque toutes les vraies Amaryllidées. Je lésai observées occupant une grande étendue dans les cloisons qui séparent les loges de l'ovaire des Amaryllis, des Pancratium et des Crinum, du Clivia nobiiis, de plusieurs Agave. Dans toutes ces plantes, elles viennent s'ouvrir au sommet de l'ovaire, au fond du tube du périantbe, autour ou dans la base même du style, et leurs trois orifices se montrent d'une manière très apparente, quand ou coupe le tube du périantbe très près de la surface supérieure de l'ovaire, sous forme de trois petits pores correspondant aux cloisons de l'ovaire. Dans le Crinum taïtense, on observe un fait qui se présente plus fréquem- ment dans les Broméliacées, c'est la confluence de ces trois fentes glandu- leuses vers la base de l'ovaire et au-dessous des loges qui le partagent. Dans les Narcisses, ces organes disparaissent presque: ils m'ont paru ne former que trois petits canalicules étroits peu étendus, qui s'ouvrent cepen- dant comme ceux des autres Amaryllidées. Enfin dans le Galanthus nivalis et dans plusieurs Alstrœmeria, je n'en ai trouvé aucune trace; les [ridées m'en paraissent constamment dépourvues, je n'en ai du moins vu aucune trace dans plusieurs Iris et Ixia. Ces glandes me paraissent, au contraire se montrer d'une manière presque constante dans les Broméliacées, où elles acquièrent généralement un très grand développement ; elles m'ont paru cependant manquer dans une nou- velle espèce de Gttsmannia , et je n'ai pas pu encore constater leur présence dans les Tillandsia et les genres voisins. Mais c'est surtout dans les Broméliacées à ovaire adhérent ou semi-adbe- rent qu'elles sont très développées. — Lorsque l'ovaire est complètement adhérent, comme dans les genres Bromelia, BillOergiu, Aeckmea , ces glandes s'ouvrent de même que chez les Amaryllidées, sur le sommet de l'ovaire, au fond du tube formé par la partie libre du calice; elles sont sou- vent conlluentes vers le centre et offrent des replis nombreux qui augmentent la surface sécrétante. Dans les genres dont l'ovaire adhère seulement par sa base au lube du calice, tels que les Pitcairnia, les Pwja et mon nouveau genre Melinonia, c'est dans cette partie inférieure que ces glandes se développent presque uniquement; elles y sont conllueutes au centre, très sinueuses et comme ra- mifiées, et s'ouvrent au-dessus de cette partie adhérente, entre les car- pelles, profondément séparées dans la partie qui n'adhère pas au calice. tîn nouveau genre à ovaire complètement libre, que je ferai connaître sous le nom de Pogospernium {Tillandsia nutans, Swartz, et Tillandsia nitida, llook.), offre, dans ses cloisons, des glandes plus petites et non con- tinentes, comme chez les l.iliacées. SÉANCE Dl 28 JUIN 1854. 79 Il y a enfin deux autres familles dans lesquelles j'ai également observe ces organes sécréteurs; mais jusqu'à ce moment, mes observations ne portent que sur un genre de chacune de ces familles, ce sout les Canna, dans la famille des Cannées, et les Strelitzia, dans celle des Musacées. Dans les Canna, ces glandes sont étroites, placées près de l'axe, au bord interne des cloisons, entre les faisceaux vasculaires placentaires, dont elles se distinguent facilement par la nature de leur tissu, qui ressemble presque à celui de l'hyménium d'un champignon thécasporé, et qui tapisse la cavité étroite à parois contiguès de ces trois glandes, parfaitement distinctes dans toute leur étendue, et s'ouvrant par trois pores, au fond du tube du pé- rianthe. Dans le Strelitzia ovata, ces cavités glanduleuses sont très développées dans la partie moyenne de l'ovaire, où elles occupent presque toute la largeur des cloisons et sont plissées longitudinalement, de manière a pré- senter une ligne sinueuse sur la coupe transversale. Ces cavités, complète- ment séparées au centre, ne s'étendent pas jusqu'à la base de l'ovaire; supérieurement elles se prolongent chacune en un canal étroit, mais très long, et toutes trois s'ouvrent sur le sommet de l'ovaire adhérent , par trois orifices bien distincts autour de la base du style, en face de chacun des pétales. Les détails daus lesquels je viens d'entrer montrent que ces organes sé- créteurs se présentent avec une forme presque identique dans des familles de Monocotylédones très diverses; les principales différences qu'ils offrent consistent : I" Dans le point où viennent s'ouvrir leurs canaux excréteurs, dont la position varie surtout suivant que l'ovaire est libre ou adhérent. 2" Dans l'étendue qu'ils occupent dans les cloisons, et dans leur con- fluence vers le centre en une seule cavité sinueuse et a paroi plissée et fort étendue, comme on l'observe surtout dans les Broméliacées. M.Gaydit: Qu'il a écouté avec un grand intérêt l'exposé que vient de faire M. Brou- gniart, et qui se rapporte a un sujet qu'il a lui-même effleuré, il y a plu- sieurs années, dans un travail relatif a plusieurs espèces algériennes du genre Allium (Ann. des se. nat., 3 e série, tome Vllf, is; ( 7, p. 195-228 . Dans ce travail. M. Cay décrivait avec soin l'appareil nectarifère de huit espèces d'ail, en avançant que le même appareil devait se retrouver, sous différentes formes, dans toutes les espèces du genre, a condition d'en ex- clure le Notoscordum , qui lui paraissait dépourvu de pores nectatïferes et qui différait d'ailleurs des vrais Allium par son ovaire non gynobasique, comme M. Cay le faisait dès lors remarquer après Auguste de Saint- 80 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Hilaire. Par l'expose qu'il vient de faire, M. Brongniart ajoute beaucoup au travail de son prédécesseur ; il appuie ses observations sur des recherches anatomiques dont M. Gny ne s'était pas occupé, et il étend à un grand nombre de genres, ainsi qu'à plusieurs familles monocotylédonees, ce que M. G;iy avait signalé dans un seul de ces genres. C'est un travail d'en- semble, un commencement de monographie d'un organisme jusqu'ici très peu étudié, surtout anatomiquement. M. Gay en félicite M. Brongniart, et il ajoute que, le 11 juin, une lettre de Florence lui annonçait la publication très prochaine d'un Mémoire de M. Parlatore sur plusieurs genres et espèces nouvelles de Monocotylédones , et sur l'organe qui, dans ces plantes, sé- crète la liqueur nectarine. C'est précisément le sujet dont M. Brongniart vient d'entretenir la Société, et il est a présumer que les deux auteurs se sont rencontrés sur plusieurs points. Mais le procès-verbal de la séance de ce jour assurera à notre honorable président, si ce n'est peut-être l'antério- rité, du moins la propriété des observations et des faits dont nous venons d'entendre la lecture. M. Fermond présente quelques considérations générales sur la symétrie dans le règne inorganique, servant d'introduction à une communication sur la symétrie chez les végétaux qu'il compte faire dans la prochaine séance. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. PHYSIOLOGIE VEGETALE. Ueber «las Verhaeltiiiss «les amorphe» Pliosphors zur Végétation (Action du phosphore amorphe sur la végétation), par M. Vogel. (Gelehrte Anzeigen der A", bayer. Akademie d. Wissensch^ 12 avril 185Z», n° kh, col. 553.) M. Vogel a lu à l'Académie des sciences de Munich, dans la séance du 11 février dernier, une note relative aux résultats qu'il a obtenus en essayant de faire germer des graines de Cresson alénois sur du phosphore amorphe. Ou sait que le phosphore cristallisé agit sur les animaux comme un poison violent, tandis que le phosphore amorphe n'exerce pas sur eux d'action nuisible. M. de Bry a montré qu'on peut en prendre à l'intérieur des doses assez considérables sans qu'il en résulte un empoisonnement. M. Vogel a voulu voir si ce phosphore amorphe n'aurait pas non plus d'influence nuisible sur la germination. Ses expériences lui ont montré que cette substance agit de manière beaucoup plus défavorable sur les végétaux que sur les animaux. Pour ces expériences il a employé le phosphore amorphe à l'état de poudre rouge, tel qu'on le trouve ordinairement dans le commerce. La substance a été humectée d'eau distillée jusqu'à former une pâte claire dans laquelle on a semé des graines de Cresson alénois, en les espaçant assez pour que chacune en fût entourée. Après plusieurs jours, on n'a pas reconnu le moindre développement dans l'embryon, tandis que dans le même temps des graines semées comparativement dans du quartz pulvérisé, avaient parfaitement germé. L'eau qui avait été en contact avec le phos- phore avait alors une réaction fortement acide; et le phosphore lui-même avait de son côté une réaction analogue, très vive, qu'il devait à de l'acide phosphorique et à de l'acide phosphoreux. Une portion de ce même phos- phore amorphe fut alors lavée à l'eau distillée, jusqu'à ce qu'elle ne roujjit plus le tournesol. La substance ainsi lavée ne s'acidifie plus, même après un assez long contact avec l'eau. Or, de nouvelles graines de Cresson alénois semées sur ce phosphore lavé ne présentèrent non plus aucun signe de uermination. 82 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Ce phosphore absorbe l'eau avec une telle avidité que , délayé a l'état de bouillie, il forme bientôt un corps assez dur pour opposer un obstacle mécanique à la germination. M. Vogel, pensant que c'était là probablement la cause de l'insuccès de ses tentatives, modifia son appareil. Afin de ne donner que l'humidité nécessaire, il étendit du phosphore amorphe lave sur du papier a filtrer qu'il posa sur une soucoupe remplie d'eau, et il sema les graines sur celte couche ainsi constamment humectée par imbibition. Il obtint de la sorte quelques germinations, mais seulement après six jours ; tandis que, dans les circonstances ordinaires, vingt-quatre heures suffisent pour l'aire germer le Cresson alénois. « On doit conclure de là, dit M. Vogel, que le phosphore amorphe, qui n'est pas nuisible a la vie animale, exerce une influence défavorable sur là végétation, et, dans tous les cas, retarde considérablement la germi- nation. » sur la matière colorante de» fleurs «lu Strelitein Reffintt? , par M. G. La w son. Une communication sur ce sujet a été faite a la Société botanique d'Edimbourg, le 13 avril dernier, par M. (1. I.awson, qui a mis en même temps sous les yeux de la Société des préparations et des dessins à l'appui de ses observations. Déjà M. H. Mohl avait signale {Grundz.d. Anat. u. Physiol. areg. Le Gardeners Chronicité du J 7 juin dernier publie un fait curieux de viviparité. Quelques pieds de Pernettya mucronata furent placés, est-il dit dans ce journal, dans une atmosphère chaude et humide qui leur permit de mûrir leurs baies. En ouvrant quelques-unes de celles-ci, on fut surpris de voir que toutes les graines qu'elles renfermaient avaient germé dans leur intérieur, de telle sorte que chacune d'elles renfermait une masse déjeunes plantes. Ces graines germées furent retirées avec soin; mises en terre, elles continuèrent leur développement. A l'extérieur, les baies dans lesquelles ces germinations avaient eu lieu ne différaient en rien de celles qui étaient venues à l'air libre ; elles étaient seulement peut-être un peu plus volumi- neuses et plus pâles. Il est bon de faire remarquer que ce fait intéressant est moins rare qu'on ne serait tenté de le croire. Il se présente fréquemment dans les fruits charnus des régions a la fois chaudes et humides; ainsi , M. Perrotet nous assure l'avoir observé fréquemment à la Guyane. Même dans nos climats, il est assez commun dans lesoranges et dans les fruits de quelques Cucurbi- tacées. Enfin nous rappellerons qu'il a etéobservé et signalé par M. Decaisne chez le Psammisia penduliflora. (Voyez Rev. hortic, numéro du 1 èr jan- vier 185/i, page 6.) lie Jardin ries Plantes de Montpellier. Essai historique et descriptif, accompagné de 9 planches, par Charles Martins, professeur de botanique et d'histoire naturelle médicale à la Faculté de médecine de Montpellier et directeur de ce jardin. Montpellier, 1854. 90 pages in-V. L'importance du jardin botanique de Montpellier ne saurait être mise en doute. Créé vers la fin du \\v siècle, il est regardé comme le plus ancien de France et sa position le rend éminemment propre à l'acclimatation des végétaux étrangers. M. Charles Martins, directeur actuel de ce jardin, a entrepris d'en donner l'histoire et la description. Il a divisé son travail en trois périodes, dans lesquelles il indique les transformations successives qu'a subies le Jardin des Plantes de Montpellier, depuis l'époque de sa fon- dation jusqu'à présent. Ces trois périodes correspondent aux trois siècles a compter depuis la création de cet établissement Ainsi la première période, MÉLANGES ET NOUVELLES. 103 qui part de la fondation du jardin, renferme son histoire pendant le xvn e siècle, de 1593 à 1697, ou depuis Richer de Belleval jusqu'à Pierre Magnol : la deuxième, de 1698 à 1803, comprend le xvin e siècle, ou de- puis François Chicoyneau jusqu'à Gouan; et la troisième, qui s'arrête à 1854, contient la première moitié du xix e siècle, ou d'Auguste Broussonnet jusqu'à nos jours. Toute cette partie, remplie de détails curieux sur les différents personnages qui ont figuré dans l'histoire du Jardin de Montpellier, se fait lire avec beaucoup d'intérêt. On sait que de l'École de Montpellier sortirent la plupart des hommes qui professèrent la science des végétaux dans les universités; l'auteur les fait passer sous nos yeux dans son introduction. Parmi eux se retrouvent Léonard Fuchs, Charles de I Ecluse, Lobel, les deux Bauhin, etc. Parmi les hommes appelés à diriger le Jardin des Plantes de Montpellier, apparaissent encore des noms bien connus : « Créé deux fois par Pierre Richer de Belleval, dit l'auteur, il languit sous son neveu et sous la longue dynastie des Chicoyneau : Magnol et Sauvages lui redonnent quelque vie pendant leur direction. Imbert et Barthez, continuellement en lutte entre eux, sont impuissants pour l'améliorer. Gouan devient direc- teur, mais à un âge où l'activité ne répond pas a la bonne volonté. C'est de Broussonnet que date sa résurrection : de Candolle l'agrandit, et Delile l'en- richit d'un grand nombre de plantes. » A la suite de tous ces renseignements historiques, M. Martins nous donne la description détaillée du Jardin qu'il fait suivre de neuf planches lithographiées représentant des portraits et des vues. I.a planche « entre autres, far simile réduit de moitié d'une estampe a l'eau forte attribuée à Richer de Belleval et conservée dans la bibliothèque du Jardin, donne une vue perspective du Jardin des Plantes de Montpellier en 1596. Histoire et statistique «Je la Flore de la Nouvelle- Zélande (Flora of Néiv-Zealand . d'après M. Jos. DaltonHooker. I.e nombre des espèces signalées par M. Jos. JJ. Ilooker dans sa Flore p., 100 lab. 11 en a paru, parmi les mémoires de la Société de physique el d'histoire naturelle de Genève, dix fascicules qui ont été tirés à part. Depuis plusieurs années, M. Moricand avait a peu près abandonne la botanique pour s'occuper de zoologie, particulièrement de conchyliologie. Il a publie, sur ce dernier sujet, quelques mémoires qui se trouvent dans la collection qui renfermait déjà ses fascicules de plantes nouvelles d'Amé- rique. se — MM. Blauche et Gaillardot, lixes depuis plusieurs années en Syrie proposent de publier une série de fascicules de plantes récoltées dans cette région classique de l'Orient : ils se sont attaches spécialement à rechercher les espèces découvertes par les anciens voyageurs, tels que Rauwolf, Russel, Hasselquist, Olivier et Labillardjère , et celles décrites récemment par MM. Decaisne et Boissier. Les types du voyage d'Olivier sont déposes dans l'herbier du Muséum, el ceux de Labîllaidière dans l'herbier de M. Webb : les plantes récoltées par MM. Blauche et Gaillardot ont été comparées avec ces types précieux. Les autres plantes ont été soumises au visa de MM. Decaisne , Webb et particu- lièrement de M. Boissier. Celte collection porte le titre de : Herbier de Syrie. Le prix de chaque fascicule, composé de 51) espèces, est de 15 francs. MM. Puel et Maille, boulevard Beaumarchais, 72, sont les dépositaires de ces plantes. — L'herbier de Lichens de feu le pasteur Schœrer vient d'être acheté par M. Edmond Boissier, de Genève. Mais il reste encore à vendre les collec- tions qui ont fourni déjà les matériaux des Lichenes helvetici exsiccati du même, botaniste. Ces collections comprennent environ 650 espèces ou variétés représentées chacune, a peu d'exceptions près, par 10 à 50 échantil- lons. Elles ont été évaluées par MM. Shottleworth etGuthnick à 1500 francs, prix que ces botanistes regardent comme bien inférieur à leur valeur réelle, et sur lequel cependant on obtiendrait encore, selon toute apparence, une légère diminution. — Nous avons annoncé dans le dernier Bulletin le voyage entrepris par M. Balansa, qui a pour objet l'exploration botaniquedes environs de Smyrnc. Une lettre du voyageur, adressée a M. G;iy sous la date du 7 juillet, con- firme les heureux présages que les nouvelles précédemment reçues avaient l'ail concevoir. M. Balansa avait fait, au milieu de juin, une excursion a Maenésie et au mont Sipvle, et les résultats avaient dépasse son attente. Il devait partir le 20 juillet pour aller visiter la chaîne du ïmolus, a une assez grande distance au sud-est de Smyrne ; et, d'après la tranquillité qui 108 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. régnait à Smyrne, il espérait pouvoir accomplir ce voyage en toute sécurité. Un fait important de géographie botanique résulterait déjà de sa course au Sipyle. Il aurait trouvé le froment de nos moissons, le Triticum sativum, dans des circonstances où il était impossible de ne pas le croire parfaitement spontané. — M. Chatin, a son herborisation du 23 juillet, a trouvé en grande abondance le Goodyera repens près du Mail d'Henri IV, dans la foret de Fontainebleau. BIBLIOGRAPHIE. Études 'physiologiques sur lés animalcules des infusions végétales, comparés aux organes élémentaires des végétaux, par Laurent (Paul), t. I Des infusions; in-Zf de 22 feuilles avec 22 planches lithographiées. — Dard, Nancy. De la maladie de la vigne, par Cazalis (Frédéric), docteur en médecine, in-8" d'une feuille. — Grollier, Montpellier. Catalogue des graines récoltées au Muséum d'histoire naturelle de. Paris en 1853; in-W de 2 feuilles. Chimie agricole. Analyses comparatives des cendres d'un grand nombre de végé- taux, suivies de l'analyse des différentes terres végétales, par P. Berthier; in-8" de 8 feuilles. — Bouchard-Huzard, Paris. Fragmenta florulœ ethiopico-cegyptiœ , ex plantis prœcipue ab A. Figari Musœo J.-B. Florentino missis, auctore Ph.-B. VVebb; in-8° de !\ feuilles 3/4. — Martinet, Paris. Notice pomologique. Description succinte de quelques fruits inédits, nouveaux ou très peu répandus, par de Liron d'Airoles; in-8° de 2 feuilles, plus l\ planches. — Masseau, Nantes. 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M. de Schœnefeld, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance du 28 juin, dont la rédaction est adoptée. Sur la présentation du Bureau , la Société admet au nombre de ses membres : MM. Bernard, quai delà Mégisserie, 30, à Paris; Réveil, agrégé de l'École de pharmacie, à l'hôpital de Lour- cine, à Taris ; Hooker (Sir William), directeur du jardin royal de Botanique de Kew (Angleterre) ; Durv (le Pasteur), à Genève (Suisse); Lvyernelle (Oscar de), hôtel de la Préfecture, à Besançon (Doubs). Don fait à la Société. De la part de M. H. Lecoq, de Clermont-Ferrand : Etudes sur la géographie botanique de V Europe, et en particulier sur la végétation du plateau central de la Erance, t. Il, 185&. M. Fermond donne lecture d'un Mémoire dont voici le résumé : DE LA SYMÉTRIE VÉGÉTALE , pur M. CH. FERMOND. Les naturalistes ont admis avec raison une symétrie chez les animaux, les végétaux et les minéraux, mais sans distinguer l'espèce de symétrie qui appartient à chacun des grauds règnes de la nature. t. i S 110 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. En botanique, ce mot a été employé d'une manière assez vague par Linné, puis par Correa de Serra. Il faut arriver jusqu'aux savants de notre siècle, pour trouver au mot symétrie, employé dans la science, un sens plus précis; et encore les botanistes ne sont-ils pas nettement d'accord sur sa si- gnification, Ainsi De Candolle donne le nom de symétrie à cette régula/ i/r non géométrique que l'on rencontre dans une fleur dont les péta/es ne sont même pus égaux ou dans une feuille dont les deux côtés ne sont pas mathé- matiquement semblables. Mais, en fixant son attention sur ses écrits, on re- connaît bientôt que c'est moins la division possible, en deux moitiés égales, d'un organe ou d'une série d'organes, que le développement intégral de toutes ses parties, qui doit servir de base à la symétrie. [Théorie élément., 1813, p. IO'i.) Selon Aug. de Saint-Jlilaire, la symétrie est l'orbe respectif suivant lequel les organes latéraux sont placés sur la plante. Ainsi, pour ce savant, la disposition spirale constitue la symétrie des organes de la végétation, tandis que l'alternance constitue celle des organes de la fructi- fication. Enfin, pour Ad. de Jussieu, la symétrie consiste dans cette régularité qui permet de faire passer un plan par le centre d'une Heur de manière à la diviser en deux moitiés exactement semblables. Tous ceux qui commenteront les écrits de ces trois auteurs reconnaîtront que les idées d' Aug. deSaint-Hilaire sur la symétrie sont bien différentes de celles de De Candolle et d'Ad. de Jussieu, et que celles de ce dernier savant se distinguent aussi des idées de l'illustre botaniste de Genève. Nous croyons que ces dissidences d'opinion tiennent a ce que la symé- trie n'a pas été convenablement définie, et qu'on la confond avec d'autres propriétés, et, en botanique particulièrement, avec l'alternance, la régula- rité et la repétition des parties végétales. C'est que la définition que l'on donne généralement de ce mot ne repose sur aucun principe, aucune règle fixes; aussi se ressent-elle de ce défaut de base et ne laisse-t-elle à l'esprit rien de net, rien de précis. C'est afin de fixer les idées sur cette propriété des corps, que nous avons cru devoir faire connaître nos idées sur la symétrie et que nous avons dû lui chercher une définition plus en harmonie avec les exigences de la science. La symétrie est la disposition particulière départies similaires ou homo- logues placées à égales distances ou hauteurs de chèque côté d'un point, d'une ligne ou, d'un plan, et dont un des côtés, quoique en sens contraire, re- présente assez exactement le côté opposé. Partant de cette définition, il faut commencer par considérer les parties constituantes de la symétrie et le centre par rapport auquel ces parties sont ordonnées. Ce centre peut être un point, une ligne ou un plan, et nous di- rons de suite que la symétrie ordonnée par rapport a un point nous a semblé être celle qui appartient aux minéraux ; la symétrie ordonnée SÉANCE DU 12 .IL1LLET 1854. 111 par rapport a une ligne, celle qui appartient aux végétaux , et la symétrie ordonnée par rapport à un plan, celle qui appartient aux animaux. La symétrie végétale, étant, comme nous venons de le dire, celle chez laquelle les parties similaires sont ordonnées par rapport à une ligne que la géométrie'nous apprend être formée par la superposition de points, il s'agit, avant de le démontrer, d'établir quelques exemples de cette symétrie. 1° Cette symétrie existe quand les parties homologues ou similaires sont placées à égales distances et opposées chacune à chacune, de chaque côté d'une ligne ou axe. 2° Les parties n'ont pas besoin d'être opposées pour former symétrie, car il suffit qu'elles soient disposées alternativement à égales distances et sur deux lignes opposées pour constituer une autre symétrie. 3° Les parties semblables peuvent encore être disposées toutes d'après un ordre tel que la quatrième ou toute autre partie arrivera toujours périodi- quement se placer sur la première, prise comme base de l'observation , de telle sorte que le nombre des parties compris entre ces deux parties consé- cutives prises sur une droite parallèle à l'axe, sera toujours le même. Pour distinguer ces symétries, on pourrait les nommer la première oppo- sitive, la seconde alternative, la troisième hélicoïdale, parce que toutes les parties étant à égales distances de Taxe, et également distantes entre elles, il faut, de toute nécessité, qu'elles soient disposées suivant les spires d'une hélice qui se développerait autour de l'axe. Dans le cas de symétrie oppositive, au lieu de deux parties, il peul ar- river qu'il y en ait trois, quatre ou un plus grand nombre qui soient opposées. Comme cette symétrie représente une disposition fréquente en botanique, disposition qui est connue sous le nom de verticillarité , on pourrait la nommer verticillaire. Voyons maintenant si la symétrie végétale se rapporte à cette symétrie par rapport à un point ou à un plan. 1° Si nous prenons une plante à feuilles opposées, nous remarquons que les feuilles sont d'autant plus petites et par conséquent plus jeunes que nous les examinons plus haut sur la tige. Rigoureusement, quoique ces parties aient le même nom, on voit, pourtant, qu'elles ne sont pas homologues ou similaires, puisque celles du bas sont plus âgées et souvent d'une autre forme que celles du haut. Chacune de ces paires de feuilles, prise séparément, pourrait être consi- dérée comme appartenant à la symétrie par rapport à un point, puisque l'on peut toujours supposer, au centre de la tige, un point par lequel passe- rait une droite qui irait aboutir à des parties de même nom, comme le sont les extrémités des deux feuilles, par exemple, ou bien leurs côtés ou leurs nervures. Dans ce cas, l'assemblage de ces deux feuilles s'ordonne évidem- ment par rapport a un point, et si nous n'avions que cette seule paire de 112 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANGE. feuilles ?\ considérer, rien, symétriquement, ne la différencierait de la sy- métrie des minéraux. Mais, aussitôt que nous venons à supposer un ou plusieurs autres assemblages de feuilles placés au-dessus de ce premier, l'idée de symétrie par rapport à une ligne nous arrive, car, mathématique- ment, la superposition des points est justement la condition de la formation d'une ligne, et alors on pourrait reconnaître que. toute droite qui ne lui se- rait pas perpendiculaire irait évidemment rencontrer des parties de diverses natures. Par exemple, une droite qui passerait assez obliquement par l'axe d'un arbre, irait rencontrer d'un côté les branches, les feuilles et les fleurs, de l'autre les racines, choses que rigoureusement l'on ne peut pas considérer comme similaires. Ainsi, ce seul exemple suffit pour nous démontrer que la symétrie végé- tale ne saurait être celle qui a pour centre un point. Voyons actuellement si elle peut être rapportée à celle qui a un plan pour centre. Comme nous ne voulons pas nous étendre ici sur la symétrie des animaux, nous dirons simplement que, si nous supposons un plan coupant en deux moitiés égales un chien, par exemple, on peut toujours reconnaître qu'une droite prise au hasard dans les lignes qui circonscrivent l'animal et per- pendiculairement au plan, va traverser des parties similaires situées, cha- cune à chacune, a des distances égales du plan. Toute autre ligne qui ne serait pas perpendiculaire irait joindre des parties très différentes. C'est ainsi que la droite qui passerait par l'œil, l'oreille gauches, etc., pourvu qu'elle soit perpendiculaire au plan qui divise l'animal en deux moitiés égales, passerait aussi par l'œil, l'oreille droits, etc. '2° Pour reconnaître si la symétrie des végétaux a un plan pour centre, nous n'avons qu'a supposer ce plan coupant par le milieu deux feuilles op- posées de l'assemblage des feuilles verticillées du Rubia tinctorum, par exemple, à mener des droites perpendiculaires au plan et à voir si les parties rencontrées sont similaires. Dans le cas dont il s'agit, on voit qu'une droite perpendiculaire au plan et passant par le centre d'une des feuilles divisées parce plan rencontre des parties qui tout d'abord paraissent similaires: mais alors, si nous concevons une autre droite perpendiculaire au plan et touchant l'autre paire de feuilles par le côté, nous arrivons à trouver encore des parties qui semblent similaires et dont la recherche et l'origine sont différentes, puisque, dans le premier cas, les parties homologues appartien- nent a la même feuille, taudis que, dans le second, elles appartiennent à deux feuilles. Cet exemple suffirait pour démontrer l'incertitude où l'on serait de savoir quelles sont, dans ce cas, les parties rigoureusement similaires, et rien, jusqu'à présent, ne nous l'indique. Pour arriver à savoir au juste quelles sont les parties similaires de deux feuilles opposées, nous choisirons de préférence l'exemple des feuilles du séance nr 12 JUILLET 1S5A. 413 Rochon falcata, dont, pour plus de simplicité, nous supposerons les feuilles opposées. Dans ce cas, une droite qui serait appliquée sur le côté des deux feuilles dans le sens de leur longueur correspondrait à des parties évidem- ment de nature différente, puisque, chez l'une, ce serait la convexité que toucherait la droite, tandis que chez l'autre, ce serait la concavité. Or, cette droite peut être perpendiculaire à un plan qui diviserait la tige de manière que chaque feuille en emportât une égale quantité. Au contraire, si la droite passe par le centre de la tige, quelle que soit sa direction, pourvu qu'elle soit dans le périmètre de l'une des deux feuilles, on reconnaît que de part et d'autre elle va joindre des parties similaires, puisque, si elle passe par l'extrémité et la concavité de l'une des feuilles, elle passe également par la concavité et l'extrémité de l'autre. Donc c'est par le centre de la tige qu'il faut faire passer les droites qui doivent conduire aux parties simi- laires, et par conséquent la symétrie végétale n'est pas ordonnée par rapport à un plan. A la vérité les Bégonia Fvansùma, nitida, argyrostigma, etc. , présentent dans leurs feuilles une forme et une disposition qui semblent peu se prêter à cette symétrie, puisque les côtés les plus étroits ou les plus petits se re- gardent, et qu'alors une droite passant par le centre de la tige correspon- drait à des parties qui ne seraient pas similaires. Dans ce cas nous pour- rions admettre que ces plantes échappent à la loi de symétrie ; mais comme la symétrie végétale revêt des formes très diverses, nous avons espéré, pou- voir en trouver une qui fût applicable aux feuilles dont il s'agit; et voici, selon nous, comment on peut envisager cette symétrie. Pour rendre l'exposition plus claire, nous raisonnerons sur les feuilles distiques du Tilia europœa, que nous supposerons opposées, comme dans l'exemple du Rocheo. Et d'abord nous fixerons l'attention sur celte espèce de feuilles, de manière à rappeler que tandis que dans les feuilles ordinaires le plan de leur limbe est ordinairement en croix avec l'axe de la tige, ici, au contraire, le plan lui est plutôt parallèle. Il résulte de cette disposition que l'un des côtés de la feuille est aussi voisin et l'autre aussi éloigné que possible de l'axe. Dans cette position, le côté le plus voisin prend un peu moins d'accroissement que l'autre, de sorte que. la feuille devient inéqui- latérale. Si, dans cet assemblage de feuilles, nous avions à rechercher les parties des deux feuilles qui seraient rigoureusement similaires, nousn'aurionsqu'à tirer une droite perpendiculaire a l'axe de la tige et comprise en même temps dans le plan des deux feuilles; alors, conformément a notre défini- tion, cette droite rencontrerait, a des distances égales, les points des deux feuilles qui devraient être considérés comme les parties similaires, ce que l'œil, au reste, reconnaît aussitôt. Donc ici, la symétrie parait parfaite et ordonnée par rapport à une ligne. 114 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. C'est de cette façon qu'il faut considérer la disposition des feuilles du Bégonia, et cette symétrie nous parait plus rationnelle que celle qui con- sisterait à la faire naître d'une ligne ou d'un plan qui couperait la feuiile dans le sens de la nervure principale. Pour ces exemples nous avons supposé l'opposition des feuilles, tandis qu'elles sont alternes. Dans ce cas, nous avons eu une symétrie oppositive pour mieux faire saisir notre pensée; mais, en restituant à la disposition des feuilles l'alternance qui leur est particulière, nous rentrons dans le cas de symétrie alternative. Voyons maintenant si, par une autre méthode, nous ne pourrons pas ar- river à démontrer que la symétrie des plantes a véritablement une ligne pour centre. Ad. de Jussieu a parfaitement reconnu qu'en faisant passer un plan au milieu d'une Heur et parallèlement à l'axe qui la porte avec son pédicelle, on peut voir que ses deux moitiés se ressemblent. De cette façon on serait tenté de croire à une symétrie par rapport à un plan, mais alors il faudrait admettre autant de plans différents qu'il y a de Heurs, et tandis que la sy- métrie minérale n'admettrait qu'un seul point et la symétrie animale qu'un seul plan, les végétaux, au contraire, seraient symétriques, tantôt suivant un point, tantôt suivant une ligne, tantôt suivant un plan. Telle ne peut être notre manière de voir, et d'ailleurs, en poursuivant notre raisonnement, nous arrivons, même avec l'usage des plans, à reconnaître que la sy- métrie qui nous occupe n'est véritablement ordonnée que par rapport à une ligne. Eu effet, les fleurs comme les feuilles sont placées sur la'tige, soit en for- mant des verticilles, soit en décrivant une hélice. Dans les deux cas il est aisé de voir que tous les plans qui diviseraient les fleurs en deux moitiés égales, s'ils étaient suffisamment prolongés vers l'axe de l'inflorescence, iraient se joindre tous au centre de l'axe, puisque nous les supposons pa- rallèles à cet axe et coupant la fleur par son centre; de sorte que le lieu de leur rencontre ou leurs points d'intersection constitueraient une ligne par rapport à laquelle tous ces plans seraient ordonnés, et par conséquent ils seraient eux-mêmes symétriques par rapport à une ligne. Donc toutes les (leurs sont symétriques par rapport ta une ligne, et cette symétrie est par- ticulière aux végétaux. Le même raisonnement peut être appliqué aux feuilles et à tous les autres organes appendiculaires. Voici maintenant quelques applications plus directes : Si nous examinons un arbre superficiellement, nous lui trouvons un tronc ou axe principal à l'une des extrémités duquel est une tète composée de branches, de feuilles, de fleurs, etc., tandis qu'à l'autre extrémité se trouve la racine. Or, si nous supposons des plans parallèles à l'axe du SÉANCE W 12 JUILLET 185Ô. 115 tronc, passant par cet axe et se coupant tous, quel que soit le plan que l'on considère, on divise toujours l'arbre en deux moitiés à peu près égales. Mais les parties similaires de la tète, en haut, sont bien différentes des parties similaires de la racine, en bas, et celles du tronc se trouvent au milieu; mais tous les plans que nous avons supposé diviser l'arbre en deux, forment, par leurs points d'intersection, une ligne qui est au centre de l'arbre, d'où il faut conclure que la symétrie de l'arbre est ordonnée par rapport a une ligne. A. Feuilles. — Toutes les feuilles opposées des Labiées, Caryophy liées, Caprifoliacées, etc., appartiennent évidemment à la symétrie opposilive, et les bourgeons qui naissent à leur aisselle n'infirment en rien la loi de sy- métrie. Toutes les feuilles dites verticillées, telles que celles des Rubiaeées, de la section des (Huilées, appartiennent à la symétrie verticillaire ; celles des Tilleuls, des Ormes, des Noisetiers, etc., a la symétrie alternative. Toutes les autres dispositions de feuilles rentrent invariablement dans la sv- métrie hélicoïdale; mais, par des considérations que nous ferons ultérieu- rement, connaître, nous regardons cette symétrie comme anomale. B. Ramifications. — Les rameaux foliifères ou florifères n'étant que le résultat du développement des bourgeons, qui d'ordinaire sont axillaires, il est évident qu'ils doivent présenter la même symétrie que les feuilles; qu'ainsi la ramification est oppositive dans le Lilas, verticillaire dans le Laurier-Rose, alternative dans le Tilleul, et hélicoïdale dans l'Asperge. C. Fleurs. — Pour ramener toutes les fleurs a la loi de symétrie ayant une ligne pour centre, il faut que cette ligne coïncide avec l'axe de l'inflo- rescence. Si nous la faisions passer au centre même de chaque fleur, nous pourrions sans doute admettre une symétrie verticillaire ou hélicoïdale; mais alors il y aurait des parties de grandeur et de formes différentes, ou bien des parties dégénérées ou même avortées, et l'esprit ne concevrait qu'une symétrie imparfaite qui le satisferait peu. \u contraire, si nous ordonnons la symétrie par rapport a une ligne pissant au centre de toute l'inflorescence, nous rentrons dans la symétrie la plus parfaite, quelles que soient les modifications ou les irrégularités de la fleur. Pour s'assurer que les fleurs irrégulières, telles que celles d'Orchidées, de l.ohiées, de Renonculacêés, de Papilionacées, etc., sont bien symétriques par rapport a l'axe central de l'inflorescence, il suffit de les supposer en opposition deux a deux, de tracer leur diagramme de chaque coté d'un point représentant, la section de l'axe, et l'on pourra voir que toute droite qui passe par l'axe et qui atteint une des parties d'une fleur, va joindre dans la fleur opposée une partie similaire. Si les diagrammes sont ceux d'une Orchidée, par exemple, la droite qui passe par l'une des élamines avortées et par l'ave de l'inflorescence va rencontrer dans l'autre le même 116 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. organe; tandis que si elle part de l'étamine anthérifère, tout en passant par le même axe, elle va trouver l'étamine anthérifère de l'autre fleur. Toutes les fleurs irrégulières peuvent être ramenées à une semblable sy- métrie; seulement il faut observer que nous l'avons faite oppositive, alors que le plus souvent elle est alternative ou hélicoïdale. Si la symétrie qui a une ligne pour centre existe pour les fleurs irrégu- lières, à plus forte raison doit-elle exister pour les fleurs régulières. Seule- ment ici, en raison même de cette régularité, elle semble indépendante de la ligne par rapport ù laquelle nous l'avons fait naître dans les exemples pré- cédents ; tandis que c'est véritablement le même ordre qu'il faut voir et la même méthode qu'il faut suivre, pour déterminer les parties rigoureusement similaires de ces fleurs. Enfin, pour peu que l'on examine la disposition des carpelles et des graines, on voit aisément qu'il est toujours possible de la ramener à la symétrie par rapport à une ligne, soit par opposition ou verticillarité, soit par alternance ou par disposition hélicoïdale. Si donc toutes les parties sont démontrées placées symétriquement autour ou de chaque côté d'une ligne, il est vrai de dire d'une manière générale que la symétrie par rapporta une ligne est essentiellement la symétrie véyé- tale, laquelle se distingue nettement de la symétrie, minérale et de la symé- trie animale. Mais, comme si la nature s'était plu à confondre ou plutôt à rapprocher les êtres les plus simples de chaque règne, à quelque point de vue que l'on se place, nous trouvons des végétaux dont la symétrie a de l'analogie avec celle des minéraux. A la vérité, ils sont en très petit nombre, et ne détrui- sent en rien la loi générale; car si nous trouvons en effet, parmi les algues de la tribu des Zoosporées, des végétaux qui, ne consistant qu'en une seule vésicule, semblent se rapportera la symétrie par rapport à un point, dès que dans la même tribu nous voyons plusieurs vésicules réunies ensemble, aus- sitôt nous retrouvons les conditions de symétrie par rapport à une ligue. M. Duchartre donne lecture de l'extrait suivant d'une nouvelle lettre adressée à M. Webb par M. L. Kralik : NOUVELLE LETTRE DE M. KP.ALIK. Sfax, le .'(juin 185/|. IMON CHER MONSIEUR WEBB, Voilà déjà trois mois passés à Gabès. C'est long, bien long même, pense- rez-vous, pour une seule localité J'en avais jugé comme vous; et, quoique, à mesure que le cercle de mes herborisations s'élargissait, je trouvasse, à chaque course, quelques plantes nouvelles pour mes collée- SÉANCE DU 12 JUILLET 185/1. 117 tions, j'avais eu le dessein de quitter, pour quinze jours ou trois semaines, le district de Gabès, afin d'explorer l'île de Djerba et la côte opposée de Zerziz. Mais l'homme propose, et souvent les circonstances disposent. C'est ce qui est arrivé relativement à mes projets. J'avais passé la majeure partie de ces trois mois , moi seul Européen, ù Gabès. Des affaires de famille avaient forcé M. Henri Mattei de se rendre chez ses parents àSfax, et il n'est revenu qu'après les fêtes de Pâques, vers la fin d'avril. Alors s'est ouvert pour le botaniste un nouvel et vaste champ d'exploration qui a fait sans peine ajourner l'excursion à Djerba. C'était le moment de la tonte des brebis; M. Mattei était appelé par ses affaires chez les Beni-Zid,'dont il avait acheté les laines ; il me proposa de l'accom- pagner et j'acceptai son offre avec le plus vif empressement. Les Beni-Zid qui, comme je vous l'ai écrit dans ma dernière lettre, sont en guerre conti- nuelle avec la tribu des Hamema, étaient alors campés à cinq lieues envi- ron à l'ouest de Gabès, au delà de la chaine nommée Djebel Keroua , sur la carte de M. Pélissier. Quoique cette chaîne soit d'une médiocre altitude, 2000 pieds au plus, et que le col par lequel nous l'avons traversée n'ait que le quart environ de cette hauteur, nous voyions néanmoins la presque tota- lité de la végétation changer à vue d'oeil . Aux éternels Helianthemum, Echio- chilon fruticosum, Linoria œgyptiaca, \Erodium glaucophyllum, Anthyllis tragacanthoides, etc., etc., qui couvrent d'une désolante uniformité toute la plaine du désert située entre les palmiers de Gabès et la montagne, succé- daient : YErucaria aleppica ; un autre Erucoria, à article supérieur de la silique terminé en long bec arqué , et que je crois me rappeler avoir été nommé récemment par M. Cossou ; le Neurada procumbens; un Culyco- tome; un Chrysanthemum annuel, dont la forme varie beaucoup selon qu'il occupe une station plus ou moins bonne sur le flanc de ces montagnes ; un Teucrium frutescent, à petites fleurs blanches disposées en un long épi : un Carduncellus, le Gymnarrltena micrantha , le Sonchns quercifolius , un Reseda. Ces deux dernières plantes sont des compagnes inséparables l'une de l'autre, en ce sens que, sur tout le parcours où j'ai observé le tteseda, le Sonchus quercifolius se montrait aussi^et en telle abondance, qu'on voyait bien que ce devait être là sa station naturelle et normale. Toutefois, la dis- position particulière de ses fruits, qui leur permet de se transporter à de grandes distances et de se disperser dans toutes les directions sous l'action des vents, fait que cette plante se trouve encore ailleurs par-ci par-là , qu'elle s'avance dans la plaine jusqu'à peu de distance des palmiers, et qu'elle descend surtout de la montagne dans les Ouadis ; mais , dans ces divers lieux , elle est isolée ; on n'y en trouve que de rares individus çà et là ; bref, on reconnaît immédiatement que sa vraie station n'est pas là , mais sur la montagne. Là ces deux plantes, à partir du col où je les avais d'a- bord observées, contournent la montagne à mi-hauteur, manquant complé- 118 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. tement à la hase et sur le plateau. Cette particularité et, en outre, le Reseda en lui-même qui m'était entièrement nouveau , m'ont déterminé à prendre des fragments des roches qui forment la montagne. Je renonce à vous donner une idée de ce Reseda, à vous et à M. Gay qui êtes l'un et l'autre des connaisseurs spéciaux de la famille, vu que, sans analyse, il est impossihle d'en rien dire de satisfaisant. Je me contenterai de vous en dé- peindre le port, de souvenir : Racine annuelle ; tige droite, roide, virgata, comme dans le //. ail/a, mais heaucoup plus grêle; fleurs beaucoup plus lâchement disposées sur l'épi, et plus petites elles-mêmes; les feuilles infé- rieures sont entières, en cœur, épaisses, les supérieures à divisions linéai- res ; toute la plante, feuilles et tige, est d'un rouge foncé. Au premier aspect, cette plante m'a paru si étrange, que je ne l'ai pas tout d'abord reconnue pour un Resoda ; mais la vue du fruit, semblable à ceux de Yalba, ne m'a bientôt plus laissé de doute sur sa détermination. Dans une autre excursion dans la montagne, je n'ai plus retrouvé ce Reseda qui me parait entièrement localisé et renfermé dans une zone fort étroite. Comme vous le voyez, ces résultats d'une première excursion dans la montagne étaient de nature à m'engager à y retourner et à retarder mon voyage à Djerba, dont le pays plat devait m'offrir une végétation peu dif- férente de celle de la plaine de. Gabès. J'étais d'ailleurs désormais l'hôte des Beni-Zict; j'avais goûté de leur conscoussou et dormi sous leurs tentes ; j'avais même donné des consultations et prescrit des tisanes; je pouvais donc, avec une entière sécurité, battre la plaine et la montagne de leur district C'était les 27 et 28 avril que j'avais fait cette excursion chez les Beni- Zid. Le 1 er mai, je. lis une autre course vers la montagne ; mais cette fois je me trouvai séparé de l'âne qui portait mon papier et quelques provisions, et j'eus le regret de revenir le soir avec une récolte tronquée. Toutefois, je découvris ce jour-là une localité des plus intéressantes où je trouvai, à ma grande surprise, quantité d'espèces des basses montagnes du bassin médi- terranéen, telles que Sidcritis romana, Campanula Erinus , AnthyUîs tetraphyila, Psora/ea bituminosa, etc., etc., qui n'arrivent pas jusqu'à la plaine de Gabès. C'était un grand Ouadi, que j'explorai plus en détail les /i et 18 mai suivants, cet Ouadi me présenta un mélange des plus curieux de plantes provençales et africaines. Le h mai , je poussai mon excursion, en remontant l'Ouadi, jusqu'au sommet le plus élevé du Djebel Keroua. Celte montagne, appelée Zemla la Duaria, me donna : un Helichrysum inconnu qui, à ce que je crois, ne peut se rapporter à aucune des espèces méditerranéennes, un Perip/oca, un Soae/ius, le Lacellia lybica, Viv. FI. lyb., p. 58, tab. 22 f. 2. Viviani compare l'habitus de cette plante à celui du Centaurea Cyanus ; elle est bien plus voisine, sous ce rapport, de VAviberboa Lippii. Je retrouvai, le SÉANCE DU 12 JUILLET 185/i. 119 \k mai, cette même plante dans la plaine qui s'étend du Djebel Aziza, au nord, jusqu'aux montagnes des Matmala , au sud. La plante de la monta- gne était plus petite et plus grêle que celle de la plaine ; du reste, identité entre les deux. Je trouvai en outre : un Scabiosa que M, Balansa a déjà récolté; YOn'ganum creticum? ; deux nouvelles localités du Gymnârrhena, un Brctssica, siliquis pendulinis, un Efythrœa, au sommet de la mon- tagne, entre les blocs de roches ; deux Hippocrepis que je n'avais pas en- core trouvés dans la plaine; l'un doit être tout bonnement le multisiliquosa ; deux Antirrhinum; un seul petit échantillon d'un Specularia; de même un seul pied de Callipeltis cucullaria; je le retrouvai, mais encore en un seul pied, le 1A mai, dans un Ouadi, au pied du Djebel Aziza ; un Erodium assez semblable au gl.aucophyllum, mais très distinct par le calice et surtout par le fruit; une grande quantité d'un Linaria très petit, très grêle, à tige tlexueuse; un Umbilicus, etc., etc. Cette excursion me donna également le seul Capsella Bursa-pasto?is que j'aie vu jusqu'à présent. Le 12 mai je fis, avec M. lYIattei cette fois, une autre excursion chez d'au- tres douars des Beni-Zid, qui étaient campés à douze lieues environ au sud- ouest de Gabès , dans une vaste plaine de six ou sept lieues carrées, limitée au nord par le Djebel Aziza, à l'ouest parle Djebel Melâb, qui n'est plus indi- qué sur la cartede Ai. Pélissier, au sud par les montagnes de Matmala. J'y passai les journées des 13 et l'i mai. Le Djebel Aziza, que je visitai le 1.°», quoique plus élevé que la Zembla la Duaria, n'ajouta que peu d'espèces à celles que j'avais récoltées précédemment sur la montagne. Mais j'y reconnus de nouvelles localités pour quelques espèces intéressantes. Le Gymnarrhena , entre autres, s'y retrouva encore. Pour me rendre à la montagne, j'avais à faire trois bonnes lieues dans la plaiue. Toute cette plaine était ravagée et dévorée par les moutons ; mais, au milieu, se trou- vait un grand espace ensemencé en orge non encore moissonnée et du voi- sinage de laquelle les troupeaux avaient toujours été soigneusement écartés. Je fis, le 14, le tour de cette orge, et cette zone me donna à peu près l'idée de la végétation de la plaine entière. Je retrouvai là en abondance un Reseda voisin du Phytéuma (peut-être même n'est-ce que lui?) que j'avais déjà trouvé plusieurs fois dans lesdéserts voisins de Gabès, mais toujours iso- lement, ainsi que plusieurs autres espèces intéressantes , telles qu'un Echi- nospej"inum, un Delphinium, Je pus faire dans cette plaine ample provision d'une Euphorbe dont je n'avais trouvé qu'un ou deux échantillons en Egypte, et qui n'avait été que fort rarement observée par M. Durieu en Algérie. Je l'avais déjà récoltée par-ci par-là dans quelques Ouadis, mais toujours par pieds isolés. ... Vous voyez , par cette légère esquisse de la végétation de ces montagnes, combien cette région offre de plantes intéressantes, et vous conviendrez avec moi qu'il valait mieux profiter de la bonne occasion qui s'offrait d'ac- 120 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. quérir droit de bourgeoisie chez une des tribus les plus importantes de ces régions, et cela sous le patronage de l'agent consulaire, que de faire immé- diatement le voyage de Djerba. Seulement, ce que vous regretterez avec moi, c'est que l'absence prolongée de M. Mattei ne m'ait permis de par- courir cette région que fort tard Cette même circonstance a fâcheuse- ment écorné un beau projet de voyage dans l'intérieur, qui aurait pu se réaliser, malgré les fâcheuses querelles entre deux tribus voisines et puis- santes, j'en ai l'intime conviction, aujourd'hui que j'ai hanté l'Arabe sous sa tente Je crois que mon isolement même aurait été ma sauvegarde, et que mes occupations, ainsi que l'idée de médecine qui en est inséparable aux yeux de l'Arabe, auraient suffi pour me faire respecter Mais ce qui est passé est passé, et il est aujourd'hui inutile d'insister sur ce point Du reste , pour explorer convenablement toute la partie méridionale de la régence depuis Gafsa jusqu'à Tozzer et Nefzaoua, il ne faudrait rien moins qu'une campagne entière D'après les indications précédentes, vous serez peut-être porté à croire que j'ai beaucoup de nouveautés. Mais, quoique, faute de moyens suffisants de détermination, je ne connaisse qu'un petit nombre des espèces que j'ai récoltées, je crois néanmoins que j'en ai fort peu de nouvelles Bref, je l'avoue, je m'attendais à trouver, dans un coin reculé comme Gabès, des plantes plus curieuses et plus spéciales Je suis ici à Sfax, pour ainsi dire, malgré moi. Le 22 mai, j'avais tout em- barqué pour aller à Djerba; mais, pendant deux jours entiers, le vent fut contraire Ce vent pouvait durer encore longtemps. De dépit , je promis un léger supplément au patron de la barque que j'avais frétée, et je fis mettre le cap sur Sfax...., et voilà comment je me trouve ici maintenant. J'ai fait ici quelques petites courses. Sfax est dans une vaste plaine comme Gabès, et la végétation est peu différente J'ai profité d'un bâtiment marseillais qui chargeait des laines à Gabès, pour vous envoyer toutes mes récoltes gabésiennes. Elles forment quarante paquets de la dimension des plus gros de l'herbier Ces quarante paquets sont réunis huit par huit dans cinq nattes rembourrées de paille Il m'a été impossible à Gabès de me procurer des caisses, ni même des planches pour en faire... Je pars ce soir, mercredi 7 juin, pour Djerba. Le temps est fort beau, bon vent du nord, et j'espère être demain matin à Djerba. Je sais d'avance que le gros de la végétation à Djerba et à Zerziz, sur la côte opposée, que je compte aussi visiter, sera passé. Je récolterai les espèces litigieuses en quelque état qu'elles soient; pour les espèces bien connues, je me bor- nerai aies inscrire; je pense arriver ainsi à avoir un aperçu aussi exact que possible de toute la végétation. Je ne m'arrêterai a Djerba que le moins de temps possible le n'y ferai que deux ou trois excursions; puis, je tra- verserai à pied toute l'île, du nord au sud, je m'embarquerai a Bordji cl- SÉANCE DU 12 JUILLET 185/|. 121 Kantara pour passer le détroit et je continuerai mou voyage par terre sur Zerziz. J'espère que cette course ue me prendra que de quinze à vingt jours. Je suis décidé a économiser sévèrement le temps qui me reste, pour en avoir le plus possible à donner au Djebel-Zaghouan. Je resterai dans cette chaîne de moutagnes tant que la végétation sera bonne. Or, comme d'après les renseignements que j'ai pris, l'eau y abonde, j'espère bien y trouver de l'occupation jusqu'à la mi-aoùt Voilà mon itinéraire pour le reste de la la campagne. M. Germain de Saint-Pierre fait à la Société la communication suivante : OBSERVATIONS SUR LA STRUCTURE DE L'OMBELLULE ET DE LA FLEUR DITE CENTRALE DANS LE GENRE D.WCL'S , ET PARTICULIÈREMENT CHEZ LE DAUCUS CAHOTA, par M. E. GERMAIN UE SAINT-PIERRE. A l'occasion de mes recherches de Tératologie végétale, j'ai été conduit a examiner avec attention la valeur organographique de la fleur dite cen- trale de l'ombelle des Daucus, que sa coloration pourpre exceptionnelle a fait remarquer, même des gens du monde, chez la Carotte sauvage si com- mune dans nos prairies. La découverte de plusieurs faits tératologiques dignes d'intérêt a été le résultat de cet examen renouvelé à plusieurs reprises dans différentes loca- lités. J'ai dû, en même temps, déterminer jusqu'à quel point les formes insolites que j'ai rencontrées appartenaient à l'état normal ou devaient être considérées comme étant du domaiue de la tératologie. — Il est en effet, dans la nature, des anomalies fréquentes ou même presque constantes, qui sont sur la limite qui sépare les faits normaux des faits anormaux, et l'état fréquent de la partie centrale de l'ombelle des Daucus me semble dans cette catégorie. Il n'y a, à proprement parler, ni ombellule centrale dans une ombelle, ni fleur centrale dans une ombellule. En effet, les rayons d'une ombelle sont disposés en une spirale très raccourcie et indéfinie; le dernier rayon qui se rapproche le plus du sommet ou du centre, n'est le dernier que parce que l'axe épuisé n'a pu en produire un plus grand nombre qui eussent continué la même spirale; aussi, chez les plantes vigoureuses, la spire se compose- t-elle de beaucoup plus de rayons que chez les plantes maigres. Les rayons du premier tour despire naissent à l'aisselle des bractées qui constituent l'in- volucre ; les rayous suivants manquent de feuilles axillantcs (1). Les rayons de l'involucelle sont exactement disposés comme ceux de l'ombelle; une om- (1) Feuille axillantc : feuille à l'aisselle de laquelle naît un rameau axillaire : bourgeon, rameau, inflorescence unillore ou pluriflore. i-1'2 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. bellule ne présente donc pas normalement de fleur centrale : la dernière fleur est seulement la plus rapprochée du centre. On sait que, chez les inflorescences indéfinies, les axes latéraux tendent d'autant plus à s'appauvrir qu'ils sont insérés plus près de l'extrémité de l'axe général qui les produit ; cet appauvrissement se traduit dans les om- belles et dans les omhellules des espèces du genre Danois, par divers carac- tères de nombre, de forme et de coloration; ces caractères peuvent se pré- senter simultanément dans une même ombelle ou une même ombellule, ou se présenter isolément. C'est à cet appauvrissement normal et aux formes qui en sont la consé- quence également normale, que viennent se joindre fréquemment des acci- dents tératologiqucs variés, mais qui consistent généralement en une multi- plication par divulsion (fasciation ou dédoublement) du nombre des car- pelles ; cette multiplication n'entraîne pas la stérilité: les fruits composés de carpelles multipliés mûrissent et se développent complètement. Cet état d'hypertrophie avec augmentation de parties pourrait être considéré comme une sorte de compensation organique, chez une ombellule réduite a sa plus simple expression (une fleur unique surmontant un rayon de l'ombelle); le dédoublement semble résulter, dans ce cas, d'un effort suprême plus ou moins désordonné que fait la nature à l'instant où sa force va complètement s'épuiser (1). Après avoir acquis la conviction qu'il n'existe de fleur centrale qu'en apparence dans les omhellules, et particulièrement dans l'ombellule la plus voisine du centre de l'ombelle, j'ai remarqué que, chez un très grand nombre d'ombelles de Daucus, toutes les ombelles sont conformes les unes aux autres : toutes pluriflores, a fleurs également blanches ou rosées, les om- hellules les plus voisines du centre étant seulement un peu pauciflores; j'ai remarqué, en second lieu, que, chez un grand nombre d'autres ombelles, l'ombellule qui parait occuper le centre, bien que pluriflore et à fleurs blanches, présente certaines anomalies; enfin, que sur une quantité déter- (1) Le pédicelle de la fleur à carpelles multiples présente loujoiifs des indices de fasciation^ et j'ai démontré que les phénomènes de la fasciation des tiges et du dé- doublement des organes appendiculaires constituent deux modes d'un même phé^- nomène que j'ai nommé phénomène il'' lu divulsion. .Néanmoins, dans le cas où l'involucelle est à plusieurs bradées, cl où les fruits adhérents parlent de niveaux différents» et semblent terminer des pédicelles distincts, on peut invoquer l'inter- vention du phénomène de la soudure entre plusieurs pédicelles; Mais il ne faut pas perdre de vue qu'un axe soumis au phénomène de la divulsion peut se dédoubler en plusieurs axes, qui peuvent atteindre des longueurs très inégales et se terminer par des fleurs isolées; et aussi que les axes provenant de la divulsion d'un même axe peuvent rester à demi confondus, el présenter l'aspect d'une soudure, lors- qu'il s'agit en réalité d'un dédoublement incomplet. SÉANCE DU 12 JUILLET 185/i. 123 minée d'ombelles, le nombre de celles qui présentent vers le centre une Heur pourpre est assez restreint. Voici la proportion relative d'ombelles normales et d'ombelles plus ou moins anormales que m'a fournie une récolte faite au bois de Boulogne. J'ai recueilli au hasard 314 ombelles dans des stations variées : pelouses sèches, lieux herbeux découverts, lieux herbeux ombrages, etc. ; plantes, les unes maigres et rabougries, les autres robustes, quelques-unes ayant repoussé après avoir été broutées. Sur ces 3'1/r ombelles que j'ai examinées avec soin, 150, e'est-a-dire moitié environ, ne différaient en rien des ombelles normales dans les autres genres : les ombellules les plus voisines du centre étaient, comme les autres, pluri- flores et a fleurs blanches. De ces 3 1 ^i ombelles, 3/i seulement, c'est-à-dire environ une sur dix, pré- sentaient l'aspect général conforme à la description des auteurs : fleur du centre de l'ombelle de couleur pourpre. On pouvait répartir les autres ombelles de la manière suivante : ombel- lule centrale composée de deux à quatre fleurs pourpres, 2. — Ombellule centrale pluriflore à fleurs, les unes blanches, les autres rouges ou pana- chées, h. — Deux à neuf ombellules uniflores à fleur blanche, petite; ce groupe d'ombellules uniflores occupant la partie centrale de l'ombelle, 57. — Même disposition, en fruits couleur des fleurs inconnue), 9. — Une seule ombellule uniflore, à fleur blanche, petite, 33. — Même disposition, en fruits (couleur de la Heur inconnue), S. — Ombellules du centre abor- tives ou complètement avortées, réduites à un fdet stérile ou a un petit tu- bercule, ou a un involucelle sessile, 13. — Ombellule centrale uniflore ou biJlore, présentant un ovaire dédoublé et lascié, a quatre carpelles, fleurs blanches ou roses, U. Dans les diverses catégories que nous venons de passer en revue, nous avons remarqué un assez grand nombre d'ombellules subcentrales uniflores, a fleur soit blanche, soit rouge (les fleurs blanches en plus grande propor- tion) ; la fleur de cette ombellule uniflore a complètement l'aspect d'une fleur centrale ou terminale, et ne diffère pas en apparence d'une inflores- cence définie uniflore ; mais les lois de l'analogie doiveut ici nous guider : les transitions qui existent entre cette ombellule uniflore et les ombellules pluriflores, transitions qui consistent en des ombellules biflores et triilores, nous démontrent que la Heur de l'ombellule uniflore est réellement axillaire de l'une des bractées ou de la bractée de l'involucelle. Ces ombellules uniflores paraissent quelquefois dépourvues d'inVoluceileSj mais, si l'on examine la base du pédieelle de leur fleur, on y remarque une bractée; or cette bractée représente un involucelle réduit à l'imité de bractée, appartenant a un rayon d'ombelle abortif; le résultat est une ombellule acaule réduite à une bractée et à une fleur pédicellée. 124 SOCIÉTÉ BOTANIQUE 1)L FRANCE. Quant a la couleur, elle ne présente rien non plus d'absolument caracté- ristique: en effet, l'ombellule dite centrale peut être pluriflore et blanche ou rosée, ou uniflore à fleur blanche, rosée ou pourpre, enfin à fleur panachée, on rencontre, en effet, fréquemment vers le centre des ombelles, des fleurs ayant deux a trois pétales blancs et deux à trois pétales rouges. Reste le caractère de fleur abortive, donné par plusieurs auteurs à la fleur rouge, dite centrale: ce prétendu caractère est complètement inexact ; les ombellules du centre peuvent être abortives ; les fleurs centrales de l'om- bellule dite centrale, peuvent être abortives et stériles, ainsi que cela arrive généralement à l'extrémité des iufloresceuces indéfinies ; mais cet avortement ne coïncide pas plus avec la couleur rouge qu'avec la couleur blanche de la fleur; il y a plus, la fleur rouge est généralement plus vigoureuse que les fleurs blanches qui l'entourent immédiatement, et est presque toujours fer- tile. La fleur rouge, quand elle existe, est souvent, mais non toujours, plus large que les (leurs voisines ; ses pétales sont en général plies et dressés, et son pedicelle est plus long ; de sorte que cette fleur dépasse alors les autres: c'est là le commencement de ce balancement organique dont j'ai parlé plus haut, balancement qui, porté à son maximum d'intensité, donne lieu aux fleurs à ovaire multiple qu'il n'est pas rare de rencontrer. Le dédoublement de la corolle ne coïncide pas généralement avec le dédou- blement carpellaire, les pétales sont seulement plus grands, leur couleur est indifféremment blanche ou rouge. — Dans un cas où une fleur m'a offert six pétales, l'ovaire n'était qu'à deux carpelles. — Les étamines sont aussi en nombre normal, quelquefois elles sont abortives et, dans ce cas, la fécon- dation s'opère par le pollen des fleurs voisines. J'ai rencontré des fruits à quatre, à six et à huit carpelles : ces carpelles se disposent symétriquement ou irrégulièrement ; ils peuvent être associés par deux ou plougés isolément dans la masse commune ; ils sont, ains' que je l'ai dit, parfaitement susceptibles d'atteindre la maturité ; leur coupe transversale met en évidence la parfaite conformation de la graine. La vigueur de la plante et la force de l'ombelle influent, comme je l'ai dit, sur le nombre des ombellules et sur le nombre des fleurs de ces ombellules, mais l'état plus ou moins vigoureux de l'ombelle ne m'a pas paru avoir une influence marquée sur la production d'uue ombellule subcentrale uniflore ni sur le mode de coloration de la fleur. M. le Président demande à M. Germain de Saint-Pierre s'il a ren- contré des fruits à 5 carpelles. M. Germain de Saint- Pierre répond qu'il les a toujours trouves en nombres pairs. Pour lui, il s'agit d'une multiplication par dédou- blement qui ne pourrait amener qu'accidentellement le retour an SÉANCE DU 12 JUILLET 1854 . 125 nombre quinaire. La disposition des carpelles varie beaucoup : quel- quefois ils constituent deux paires alternes, et tendent à la disposi- tion circulaire; ils sont parfois comme alignés; ailleurs on rencontre jusqu'à huit carpelles, disposés sans ordre appréciable. Ces fleurs à carpelles multiples présentent généralement des pétales et des exa- mines en nombre normal. M. Trécul présente la communication suivante : NOTE SLR L'INFLORESCENCE UNILATÉRALE DU TRIFOLIUM LUPINASTER, par M. A. TRÉCUL. Tous les trèfles ont une inflorescence indéfinie, ordinairement resserrée en un élégant capitule, qui s'allonge quelquefois sensiblement; mais sur toutes les espèces qui affectent cette forme, les fleurs sont régulièrement distribuées autour d'un axe eylindracé, de manière à présenter une ligure symétrique. Une seule espèce parmi celles que j'ai observées, qui ont un pédoncule cylindrique ou seulement strié, présente une certaine irrégularité dans la disposition de ses fleurs: c'est le Trifolium Wormskioldii, Don. Le sommet organique de son inflorescence est un peu excentrique, ses fleurs étant notablement moins nombreuses du côté qui regarde l'axe de la tige. Mais, le Trifolium Lupinaster, dont je veux entretenir la Société, est bien plus remarquable encore. Ses Heurs, au lieu d'être symétriquement reparties autour d'un axe central, constituent une inflorescence unilatérale. Ce trèfle n'a pas, en effet, comme les autres, le pédoncule cylindrique; celui-ci est profondement déprimé sur la face antérieure ; il est couronné par un involucre membraneux, denté, qui parait unilatéral à la première vue, mais qui se prolonge tout autour de la base de l'inflorescence, dont il suit les sinuosités. Cet involucre, du côté externe, a la forme d'un fer à cbeval dont la courbure répond au sommet géométrique du pédoncule. C'est donc sur la face antérieure de ce réceptacle que sont insérées les fleurs, qui sont pédicellées à l'état adulte. Si l'on étudie l'évolution de cette inflorescence, on la trouve formant, à l'aisselle des jeunes feuilles, une sorte d'écaillé à l'extrémité supérieure de laquelle apparaissent les rudiments de l'involucre et ceux des premières fleurs. Celles-ci sont disposées de telle manière que la plus âgée et la plus avancée dans son accroissement est terminale; les deux qui sont immédia- tement à côté d'elle, sont un peu moins développées; celles qui viennent ensuite a droite et à gauche, en suivant toujours de haut en bas le bord de l'écaillé, sont d'autant moins avancées qu'elles sont placées plus bas sur le réceptacle. Pendant que cette première série périphérique de fleurs se forme, il en nait une deuxième immédiatement au-dessous d'elle et concentrique- t. i. ^ 126 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. meut. La première fleur de celle-ci est également la plus élevée de la série; les autres apparaissent successivement de chaque côté et aussi de haut en bas. Avant que les dernières fleurs de la deuxième rangée soient visibles, les premières d'un troisième rang sont apparentes; elles naissent dans le même ordre que les fleurs des séries précédentes. Une quatrième rangée et une cinquième sont produites de la même manière; mais comme les pre- mières Heurs d'une série naissent avant les dernières de quelques-unes des séries qui ont précède, il eu résulte un peu de confusion quand un grand nombre de fleurs existent déjà; cependant on remarque toujours que les dernières formées sont le plus bas placées sur le réceptacle. Quand celui-ci est couvert de toutes ces jeunes Heurs, i'inllorescence res- semble à une calathidetrès fortement déprimée, qui aurait été coupée ver- ticalement en deux parties égales. Il est à peine nécessaire d'ajouter que l'épanouissement des fleurs s'effectue dans le sens suivant lequel elles sont apparues; que ce sont, par conséquent, les plus élevées sur l'axe qui étendent les premières leurs jolis pétales roses : la première fleur, puis ses deux collatérales et leurs deux voisines, c'est-à- dire les premières de la série la plus externe, celles enfin qui sont au sommet géométrique de I'inllorescence, s'épanouissent d'abord; celles qui sont plus bas dans la même série s'ouvrent en même temps que les premières {leurs de la deuxième rangée. L'épanouissement s'étend ainsi progressivement de haut en bas d'un rang a l'autre, et de Heur en fleur dans chaque série, à mesure que l'on descend sur l'axe, ou plutôt a mesure que l'on s'approche de la base géométrique du réceptacle. Je dis géométrique , parce que cette base apparente est en réalité le sommet organique de I'inllorescence; en sorte que cette dernière est indéfinie comme les capitules ou grappes contractées des autres trèfles. Il y a donc ici une anomalie seulement dans la forme. L'étude anatomique achèvera de mettre cette manière de voir en évidence. Si l'on fait une coupe transversale du pédoncule canaliculé, on trouve que les faisceaux iibro-vasculaires y sont isoles les uns des autres et distribués autour d'un centre médullaire. Ceux qui sont situés près de la face interne du pédoncule sont notablement plus faibles que ceux de la face externe ; ce sont aussi ces derniers principalement qui fournissent aux fleurs les vais- seaux qu'elles renferment. En effet, si l'on examine des coupes longitudi- nales, on voit les faisceaux de la face externe se prolonger dans les fleurs de la première série, mais auparavant ils émettent des ramifications qui se rendent dans les fleurs des séries subséquentes ; et cette division s'opère de manière à produire, d'arrière en avant, des fascicules de différents degrés. Ces fascicules ou ramifications vasculaires du premier degré, iraient dans les fleurs de la deuxième série; leurs subdivisions se rendraient dans les fleurs de la troisième, etc. Ainsi, ces fleurs reçoivent des ramifications des faisceaux SÉANCE DU 12 JUILLET 1854. 127 primitifs d'un degré d'autant plus élevé que ces fleurs sont insérées plus bas sur l'axe. Les faisceaux de la face interne du pédoncule ne donnent de vaisseaux qu'aux fleurs les dernières développées. Il est donc bien évident que !e sommet organique de l'inflorescence du Trifolium Lupinaster corres- pond à sa base géométrique. On se rappelle sans doute que j'ai décrit [Comptes rendus des séances de V Académie des sciences, 1853, t. XXXVII, p. i86, et Annales des sciences nat., 3 e série, t. XX) dans une Note sur la formation des feuilles, note qui fait suite a mon mémoire sur la même question; on se rappelle, dis-je, que j'ai décrit des inflorescences basifuges ou se développant de bas en haut, des inflorescences basipètes ou de haut en bas, et des inflorescences mixtes, c'est-à-dire dont les rameaux primaires naissent de haut en bas, et les rameaux secondaires, ou les fleurs, de bas en haut. Je comparais ces trois sortes d'inflorescences aux types de même nom que j'ai signalés pour le développement des feuilles (1). Chaque série des fleurs de l'inflorescence du Trifolium Lupinaster se dé- veloppe dans le même ordre que les folioles des feuilles digitées, ou que les nervures principales des feuilles digitinerviées, qui, toutes, appartien- nent au type de formation basipète; c'est pourquoi j'avais cru d'abord que l'inflorescence de ce trèfle me donnerait l'explication de ce développement basipète des feuilles. Je me disais : Voici une inflorescence évidemment in- définie; les fleurs de chaque rangée, prises a part, naissent en s'avançant de la face externe du pédoncule vers sa face interne ; ne serait- il pas logique de considérer les fleurs d'une même rangée, les plus rapprochées de cette face interne, comme les plus voisines du sommet organique, puisqu'elles naissent les dernières? Ceci admis, je pensai que ce raisonnement pouvait être appliqué au développement des feuilles basipètes, c'est-à-dire à celui des feuilles digitées, des digitinerviées et des pennées-basipètes, dont les folioles ou les lobes ont assurément le même ordre d'apparition. En effet, chaque série de l'inflorescence du Trifolium Lupinaster se développe ahso- lument dans le même ordre que les folioles des jEsculus, des Pavia, des Carolinea, etc., et comme les lobes ou les nervures principales digitées des feuilles du Ricinus communis, du Ficus Carica, du Géranium pratense, du Tropœolum mojus, etc., dont la formation appartient au type basipète. Dans ces feuilles, c'est la foliole ou le lobe médian qui naît le premier, puis ses deux voisins immédiats, ensuite la seconde paire, et ainsi des autres, de haut en bas et d'arrière en avant. Il semble par là que, de tous les fais- ceaux du pétiole, le médian de la face externe, qui se prolonge dans la fo- liole terminale, soit le plus âgé, et que les autres soient d'autant plus jeunes (1) Voyez mon Mémoire sur la formation des feuilles (Annales des sciences naturelles, 3 e série, t. XX). T28 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. qu'ils sont plus rapproches de la face interne du pétiole, de même que les folioles ou les lobes auxquels ils correspondent. Ces faisceaux de la face interne étant les derniers formés, il me paraissait rationnel de les regarder comme les plus voisins du sommet organique. Ces feuilles rentraient alors dans le type de formation basifuge; et de la je croyais pouvoir conclure qu'en général les folioles les dernières formées devaient recevoir les fais- ceaux les plus rapprochés de la face interne du pétiole. Cette théorie était séduisante comme beaucoup d'autres; elle était aussi erronée, et je dus l'abandonner. Je n\m parle ici que pour montrer combien il est aisé de se laisser tromper, en généralisant trop vite quelques faits particuliers. J'ou- bliais, en effet, des dissections que j'avais faites antérieurement (car nous sommes toujours très disposes a oublier les phénomènes qui contrarient nos opinions favorites), mais de nouvelles études très multipliées me persuadè- rent qu'il est beaucoup de feuilles dont les faisceaux antérieurs du pétiole se rendent dans les folioles ou dans les lobes inférieurs, mais qui sont, dans ce. cas, les premiers nés, et dont les faisceaux postérieurs du même pétiole vont à des folioles d'autant plus jeunes et plus élevées sur le rachis qu'ils sont plus rapprochés du faisceau dorsal médian, qui se prolonge dans la foliole terminale, dans la formation basii'uge comme dans la forma- tion basipète. Il y a doue là une lacune a combler, une loi naturelle a découvrir, loi qui, jusqu'à ce jour, s'est soustraite à mes investigations. Telle est la structure de l'inflorescence du Trifolium Lupinaster, quand elle est simple; mais il arrive quelquefois qu'elle est prolifère, c'est-à-dire que, d'entre ses fleurs", partent d'autres rameaux dont le sommet est aussi revêtu de fleurs. Ces inflorescences partielles ont une structure et un déve- loppement identiques avec ceux de l'inflorescence que je viens de décrire. Comme chez elle, le pédoncule est canaliculé sur la face interne, l'inflo- rescence est unilatérale, et les fleurs y naissent et s'épanouissent de haut en bas. M. Brongniarl l'ail à la Société la communication suivante : NOTE SUR L'EXISTENCE D'UN ARILLE DANS 01 ELQUES GENRES HE LILIACÉES par n. AD. BKO\(i\UKT. Des productions analogues à un arille, du moins quant à leur position autour de la graine mûre, ont été déjà signalées dans les Ravenala de la famille des Musacées, et les graines des Hedyckium sont accompagnées de filaments nombreux et légèrement charnus qui paraissent de même nature; dans les plantes de la famille des Liliacées, la présence <\\m arille n'a été indiquée que très sommairement et avec doute par Kunth dans son Enumeratio plantarum (18/i 3) , à l'occasion des genres Asphodelus^ Ere- SÉANCE DU 12 JUILLET 185/j. 129 murus et Aloe, sur lesquels il ne parait pas en avoir étudié le dévelop- pement. Cependant, dès 1841, je remarquais que quelques genres de cette famille ont autour de leurs graines une enveloppe supplémentaire dont le développement est tout à fait celui des vrais arilles, quoique sa consis- tance ne soit pas charnue comme dans les arilles ordinaires. J'ai d'abord observé ce tégument accessoire dans les Asphodelus lutens et ramosus. Ici les ovules collatéraux et sessiles ont leur micropyle dirigé inférieurement, et le hile latéral est très rapproché de la chalaze ; ces ovules offrent les deux téguments habituels parfaitement distincts. A l'époque de la floraison, ils sont en outre entourés, à la base et au-dessus de leur point d'attache, par une enveloppe courte et incomplète, en forme de capuchon, qui nait de tout le pourtour du hile, mais surtout du côté supérieur, et re- couvre d'abord la chalaze; bientôt elle s'étend en couvrant le micropyle, et ses bords, se rapprochant sur la face externe de la graine, deviennent contigus et forment, vers la partie inférieure de la face externe, une fente et comme une cicatrice linéaire assez courte. C'est tout à fait le mode de développement des arilles ; mais cet arille n'est pas charnu, il est sec, presque crustacé, noir, et ressemble au testa de beaucoup de graines de cette même famille. Le même mode de développement de ce tégument accessoire se présente dans V Ercmurm aliaicus, dont chaque loge de l'ovaire renferme quatre ovules. J'ai observe une membrane extérieure semblable, quant à son origine, dans divers Alo'è ; dans ces plantes (Aloë nigricans et A. subtubercn- lata), les ovules, très nombreux et bisériés dans chaque loge de l'ovaire, sont dirigés presque horizontalement et sont insérés par un funicule très court et latéral à l'angle interne des loges ; ils sont donc comme couchés parallèlement au hile. C'est ce funicule qui produit un rebord en forme de coupe ovale qui embrasse la moitié de l'ovule correspondant au placenta, depuis la chalaze jusqu'au micropyle, qui n'est pas recouvert par lui a l'époque de la fécondation et jusqu'au moment où l'on voit les tubes polli- niques pénétrer par le micropyle jusqu'au nucelle; plus tard cette sorte de coupe s'accroit, ses bords s'avancent, recouvrent peu a peu la jeune graine, et se rapprochent sur sa face externe, comme dans les Asphodèles. Les Aloï et les Kniphofta sont les seuls genres de ce groupe dans lesquels Kunlh indique un arille sans y joindre de point de doute , mais le nom de ce tégument de la graine est si souvent mal appliqué, qu'il m'a paru utile de décrire son développement et d'établir ainsi sa nature réelle. M. Payer annonce qu'il a, lui aussi, récemment constaté, sur les Asphodèles, les faits que M. Brongniart vient d'exposer. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. PHYSIOLOGIE VEGETALE. Ilelier die gestielten Traiibeiikorper im Blatte vielei* lirticeen «nul nebei* ilnieii iiali verwantlte lSildiingeii Iiei einigen Acantliaeeen. (Sur les corps en grappe pédicules qui se trouvent dans les feuilles de beaucoup d' Urticées, et sur des formations très voisines de celles-ci qui se trouvent chez quelques Acanthacées), par M. Hermann Schacht (Abhandlungen herausgeg. v. d. Senekenbergis- chen naturforsch. Gesellschaft. I er vol., l re liv. Francfort-sur-le-Mein, 1854, in-4°, p. 133-153, tab. vu). Meyen a écrit un mémoire remarquable sur les singulières masses pédi- cnlées qu'il avait observées dans la feuille du Ficus elastica , et qu'il re- gardait comme étant une concrétion gommeuse. M. Scbleiden et M. Payen ont repris ces observations qu'ils ont étendues à un assez grand nombre d'autres plantes du groupe des Urticées considéré dans son acception la plus large. On se rappelle que le dernier de ces savants avait vu dans ces corps une agglomération de cristaux enfermés dans des cellules. A son tour, M. Hermann Scbacbt vient de s'occuper de ce sujet, et le mémoire dont il est question ici renferme les résultats de ses recherches. Il serait impossible de donner de ce travail important un meilleur résumé que celui qu'en pré- sente l'auteur lui-même dans ses conclusions, que, pour ce motif, nous nous contenterons de traduire : 1° Les corps en grappe pédicules que l'on connaît chez quelques Urticées (Urtica, Cannabis, Humulus, Ficus) doivent leur naissance a un épaissis- sement particulier de la paroi de la cellule; ainsi que le pédicule qui les supporte, ils sont formés de couches de cellulose superposées. Le pédicule ne contient pas de traces du carbonate de chaux qui existe en grande quan- tité dans les couches du corps en grappe lui-même. 2° Ces corps ne sont pas propres aux Urticées ; les productions en forme de bélemniteset de broches, découvertes par M. Gottsche dans l'intérieur de certaines cellules particulières des Ruellia, possèdent absolument la même structure et la même composition chimique. Des corps du même genre se trouvent chez beaucoup d'Acanthacées (Justicia, Ruellia, Barlcria, Belo- perone), ainsi que chez une Urticée (Pilea urticœfolia). REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 131 3° On ne peut considérer ces formations comme appartenant uniquement à i'épiderme; elles se montrent encore fréquemment clans les tissus inté- rieurs, même dans la moelle [Justicia sanguinea, Pilea urticœfolia). h° La configuration et la grosseur de ces corps se règlent sur celles de la cellule dans laquelle ils prennent uaissance , et ils croissent , à ce qu'il parait, avec cette cellule. 5" La présence de sels particuliers dans une cellule se rattache à des mo- difications également particulières dans la vie de cette cellule. (i° La formation de ces corps se lie , à ce qu'il parait , à la présence du carbonate de chaux dans la cellule. IVlM'M'alie BliktlieiieiitYiiekliiiig cinigei* ïlijisaceeii, "Vale- rimieeii iiik! Compositen. [Sur l'organogénie florale de quelques Dipsadées, Valérianées et Composées) , par le docteur Franz Buchenau. [Abhandl. herausgeg, v. d. Senckenbergischen naturforschenden Gesells- chaft, I er vol., l re livr., 1854, in-4, p. 106-132, tab. v et vi.) Dans l'impossibilité d'analyser succinctement ce long mémoire, rempli nécessairement de détails minutieux, nous indiquerons le résultat principal auquel l'auteur a été conduit par ses observations. D'après lui , l'aigrette des Composées et ce qu'on a nommé le calice intérieur dans les Dipsacées ne doivent pas être considérés comme des organes foliaires indépendants , mais seulement comme des formations accessoires. « Si, dit M. Buchenau, je conteste l'existence d'un calice chez la plupart des Composées, je ne veux pas dire par là que cet organe ne se montre chez aucun membre de cette vaste famille. Il me parait plutôt vraisemblable qu'il se trouve souvent dans celles de ces plantes qu'on a décrites comme ayant des capitules unillores ; l'enveloppe de ces capitules (correspondant au calice extérieur des Dipsa- cées) est un vrai calice , et il me parait nécessaire de soumettre ces plantes (particulièrement le Lagascea et ses voisins) à un examen particulier et approfondi. » Uelier die F.Baimvipk.elant^; n. «les» KassstHiKtteiiïiaiig vosa .18- jieffjilltfs fftfisfctes u. Ettt'»Sin»n (Sur le développement et la connexion de Z'Aspergillus glaucus et de riDurotium), par M. Ant. de Bary, professeur de Botanique à Tubingue. — (Botanische Zeitung de Berlin, 12 e ann. (1854), cah. des 23 et 30 juin et 7 juillet, planche xr.) L'intérêt principal de ce mémoire consiste en ce qu'il renferme une nou- velle preuve de la polymorphie singulière des Champignons. L'espèce d'Eu- rotium dont il y est parlé diffère très peu de Y E. herbariorum Lk. ; elle a coutume de vivre en compagnie de VAspergillns glaucus Lk. , et ses innom- brables conceptacles globuleux, à peine visibles a l'œil nu, recouvrent comme 132 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. d'une poussière d'or, les corps divers aux dépens desquels elle se nourrit. Là où l' Aspergillus croit avec le plus de vigueur, YEurotium n'est encore que médiocrement fructifié; mais les progrès du développement de celui-ci déterminent en apparence un affaiblissement proportionné dans la végéta- tion de Y Aspergillus. Quelque soin qu'on apporte à l'examen comparatif des éléments du mycélium commun à l'une et a l'autre de ces productions, il est impossible de découvrir des différences appréciables entre les fila- ments qui engendrent directement les fruits de YEurotium, et ceux dont certains rameaux dressés portent les capitules fertiles de ['Aspergillus. D'ail- leurs les lils dont se compose la portion rampante de ce mycélium ne sont point uniformes; il y en a de très déliés qui mesurent au plus 1/600 de ligne en diamètre, et sont privés de cloisons intérieures; d'autres dont le diamètre est deux à trois fois plus considérable, ont leur cavité divisée en une multitude de logettes ou cellules distinctes; mais, outre ces formes si différentes, on en observe une foule d'intermédiaires qui les unissent les unes aux autres, et ne permettent pas de douter un instant qu'elles n'appar- tiennent toutes à un seul et même mycélium. Les tiges fructifères de Y Aspergillus sont généralement plus volumineuses que les filaments dont elles procèdent ; elles sont simples; leur cavité est continue, et l'iode joint à l'acide sulfurique ne colore point en bleu leur membrane hyaline. Quand leur sommet renflé prend la forme d'une vési- cule globuleuse, il attire à lui les parties les plus solides de la matière grenue qui les remplit, et c"est aux dépens de ces matériaux riches en protéine que se forment très rapidement à la surface du capitule les processus sporifères. Ceux-ci sont ellipsoïdes-allongés; un étranglement qui se forme au-dessous de leur sommet, dessine la première spore ; une seconde la suit bientôt, puis une troisième, et d'autres encore, engendrées de la même manière; et les jeunes spores restant unies par des isthmes très étroits, constituent des chapelets dont le grain extrême ou le plus éloigné du capitule est toujours le plus avancé dans son développement. Les spores mûres sont finement hérissées, et d'un brun pâle, quand elles sont vues isolées et dans l'eau ; leur multitude communique au capitule qui les porte une teinte générale d'un gris bleuâtre ou verdâtre, et parfois presque noire. A ces spores nor- males, il s'en joint quelquefois d'autres plus petites, dont la membrane est lisse et presque incolore, et qui cependant ne sont pas moins aptes à germer que les premières. Pendant la formation de, ces corps reproducteurs acrogènes, on voit des filaments déliés et continus du mycélium de Y Aspergillus décrire des cir- convolutions irregulières, ou imiter exactement le mouvement spiral d'une vrille ou d'un tire-bouchon. Ce phénomène se produit généralement a l'extrémité antérieure des iilaments, bien plus rarement en un point quel- conque de leur longueur. Il n'est arrive qu'une fois à M. de Bary de voir REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 133 deux filaments distincts concourir à la formation d'un même corps spiral. Ces fils, contournés d'une façon si remarquable, sortent d'ailleurs des mêmes brandies que les rameaux dressés (sporopbores) et l'on ne saurait un seul instant les croire étrangers au mycélium de VAspergillus. Les spires nor- males rappellent les vrilles de beaucoup de Phanérogames, celles, par exemple, de la Bryone quand elles manquent d'appui. D'abord assez lâches, leurs tours se rapprochent peu à peu et finissent par s'appliquer intimement les uns sur les autres. Six tours de spire, plus rarement sept ou huit, se rapprochent ainsi sans laisser entre eux d'intervalle, et forment un cylindre court ou un tronc de cône, dont la cavité plus ou moins spacieuse n'a bientôt plus d'issue. Ces constructions spirales sont, suivant M.deBary, la première ébauche d'autant de fruits d' Eurotium ; mais il est fort difficile, ajoute-l-il, de se rendre un compte satisfaisant de toutes les modifications qu'elles ont à subir pour atteindre leur but final. Aussitôt achevées néanmoins, elles se métamorphosent, sans perdre leur forme, en une masse cellulaire d'un moindre volume et dont les éléments globuleux rappellent par leur dispo- sition symétrique le mouvement du filament générateur de la spire : s'il eu est ainsi, cela tient évidemment à ce que ces éléments ou cellules résultent de la division du contenu plastique de ce filament. En même temps, selon toute apparence, l'espace circonscrit par la spire originaire se remplit de la sub- stance destinée a former bientôt les sporanges et les spores ; mais l'opacité du nouveau peridium, et sou volume trop exigu pour en permettre la dis- section, empêchent de suivre les progrès de ces développements. Le fruit parvenu à sa maturité est assez régulièrement globuleux, et son diamètre varie entre 1/20 et 1/15 de ligne. Dans chacun des innombrables conceptacles qu'il a renfermés, ont mûri huit spores globuleuses à peine colorées, el dont le nucleus n'a jamais joué le rôle de cytoblaste ; ce qu'on peut dire égale- ment du nucleus des spores de beaucoup d'Algues. Une circonstance assez singulière à signaler chez les spores endotheques de Y Eurotium, c'est que leur épispore se divise fréquemment en deux parts, et laisse à nu l'endospore qui, par suite, semble flanqué de deux écailles. Lors de la germination, cette cellule interne se gonfie un peu et s'allonge en un filament qui se ra- mifie bientôt et engendre un mycélium tout a fait pareil à celui qu'on a vu naître des spores de VAspergillus. La conclusion principale que tire naturellement M. de Bary de l'expose de tous ces faits, c'est que VAspergillus et V Eurotium, quoique distingues génériquement par les mycologues, ne sont que des formes fructifères dif- férentes d'un seul et même Champignon. Et bien que des spores de VAsper- gillus comme de celles de V Eurotium, cet observateur eût vu sortir un même 'mycélium, parfaitement identique avec celui qui porte à la fois les deux sortes d'organes reproducteurs ainsi qualifiés, il a dû se demander si les mêmes spores aerogènes et endotheques avaient une égale faculté de repro- 13/| SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. (luire l'intégrité du Champignon. Ses expériences à cet égard n'ont pas eu un succès complet ; il a obtenu facilement et à plusieurs reprises VAspergil- lus ou l'appareil de fructification acrogène, tant des spores produites par cet appareil, que des spores endothèques, engendrées dans les conceptacles dorés de Y Eurotium; mais il n'a pu voir naître ces derniers d'aucun de ses se- mis. Les circonstances qui déterminent la formation de ces fruits ne sau- raient être précisées; mais tout porte à croire qu'ils n'apparaissent qu'après YAspergillus, et quand cette forme de fructification s'est produite seule à la surface du mycélium depuis un laps de temps plus ou moins considérable. En terminant son intéressant travail, l'auteur fait remarquer qu'il est facile de découvrir plus d'une analogie entre ses observations et celles dont les Erysiphe ont été récemment l'objet; mais il ajoute qu'il n'a jamais dé- couvert de pycnides chez les Eurotium, de sorte que si, jusqu'en ces derniers temps, les spores de ces Champignons étaient regardées comme nues ou pri- vées de thèques, cette opinion ne reposait vraisemblablement que sur des observations inexactes. ftuv le phénomène aïe la tlivulsioii citez les végétaux , mémoire présenté à l'Académie des sciences le 10 juillet 1N5/i, par M. Germain, de Saint-Pierre. Dans ce travail, l'auteur s'est proposé de. démontrer que la fasciation des tiges et le dédoublement des feuilles considérés, jusqu'à ce jour, comme deux phénomènes essentiellement distincts, constituent deux phases ou deux modes d'un même phénomène qu'il désigne sous le nom dedivulsion. Il pense cire parvenu à établir: 1° que l'axe de la fleur est fréquemment (comme les autres axes) le siège du phénomène de la fasciation; 2° que les organes ap- pendiculaires de la fleur augmentent en nombre en raison directe de l'inten- sité du phénomène de la fasciation ; 3° que cette multiplication des organes appendiculaires de la fleur s'opère, ainsi que la multiplication des feuilles caulinaires, en vertu d'un dédoublement congénial, analogue à celui qui dé- termine un axe à se diviser ou a s'épanouir en plusieurs rameaux. Relati- vement au mode de dédoublement que présentent les feuilles, M. Germain, de Saint-Pierre, signale les faits suivants: — Si, dit-il, les feuilles étaient simplement fendues selon la nervure médiane, il n'y aurait pas multiplica- tion, il y aurait simplement division ; mais les feuilles dédoublées sont com- plétées du côté dimidié en vertu d'un curieux phénomène, qu'il n'a trouvé signalé nulle part, et qu'il désigne sous le nom de phénomène ou loi de com- plémentation. Dans les feuilles penninerviées, la complémentation s'effectue par la production, au côté dimidié, d'une moitié de feuille semblable à la moitié normale. Dans les feuilles palnainerviées , le lobe médian seul se REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 135 complète. Enfin, dans les feuilles composées, le dédoublement et lacomplé- tation ne lui ont paru intéresser que la foliole terminale. BOTANIQUE DESCRIPTIVE. Flore de l'ouest €le la France [Charente-Inférieure, Deux-Sèvres, Vendée, Loire-Inférieure, Morbihan, Finistère, Côtes-du-Nord, Illc-ct- Vilaine), par M. James Lloyd. Nantes, 1854, 1 vol. in-12 de 7f>0 pag. M. .T. Lloyd, auteur de la Flore de la Loire-Inférieure (18M), vient de publier une Flore de l'Ouest de la France (plantes phanérogames). Cet ouvrage est exécuté sur le même plan que la Flore de la Loire-Inférieure, dont il constitue une seconde édition, considérablement augmentée par l'ad- dition de nombreuses espèces étrangères à la Loire- Inférieure, et qui ont été observées dans les départements voisins. L'auteur présente sommairement les caractères des familles et des genres, et caractérise les espèces par une diagnose courte, mais suffisante pour les distinguer entre elles. Il s'est proposé de présenter le catalogue exact et raisonne des plantes de l'une des régions les plus riches et les plus intéres- santes de la France; et il énumère pour toutes les plantes non triviales les localités de chaque département où les espèces ont été observées, soit par lui-même, soit (et après l'inspection des échantillons) par ses nombreux correspondants. L'examen le plus scrupuleux et une longue expérience pratique ont pré- sidé à la détermination des espèces, et à l'adoption ou au rejet des espèces proposées dans ces derniers temps comme nouvelles. L'ordre adopté, est celui du Synopsis de Kocb, deuxième édition. Le nombre des espèces dé- crites s'élève environ à 1700. Sous le titre d'Introduction, M. Lloyd consacre 120 pages à d'intéres- santes remarques sur la distribution des espèces dans les diverses parties des départements compris dans la circonscription de sa Flore. Des listes d'espèces groupées par terrains permettent d'embrasser d'un coup d'œil l'aspect de la végétation de ces riches contrées, et donnent aux botanistes explorateurs un aperçu exact de l'association des espèces, ainsi que des récoltes sur lesquelles ils peuvent compter. La Flore de l'Ouest de la France comprend la majeure partie de cette région maritime si intéressante par la présence d'un grand nombre de plantes méridionales, qui, à la faveur de la douce température qui règne dans le voisinage de la mer, remontent vers le nord à des latitudes sous les- quelles la végétation des mêmes espèces est impossible ailleurs. Cette région, signalée depuis longtemps par De Candolle, et qui s'étend de Bayonne en Irlande, rentre dans la Flore de l'Ouest, d'Angoulème à Brest. 13(3 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCK. « Il est intéressant, dit M. Lloyd, de suivre la manière dont chacune de ces espèces méridionales est distribuée, et comment quelques-unes remon- tent un peu loin dans le nord, a la faveur de la température modérée qui règne au bord de la mer et surtout dans les iles. On remarquera qu'en s'éloignant de la Gironde, peu a peu quelqu'une d'entre elles nous aban- donne; et si le nombre d'espèces de plus en plus restreint ne nous faisait pas apercevoir le changement de climat, nous le sentirions facilement dans la végétation moins robuste chez les mêmes espèces. » Voici la liste de ces plantes méridionales : Ranunculus trilobus; H. rnuricatus. Nigclla damascena; N. gallica. Delpkinium cardiopetalum. Rœmeria hybride,. Hypecoum pendulum. Si- symbrium austriacum; S. Columnœ. Matthiola incana. Bunias Erucago. Alyssumcampestre. Cistus salvifolius. Polygalamonspeliaca. Silène T/torei; S. brachypetala ; S. portensis. Arenaria controversa. Linum strict uni ; L. corymbulosum. Mal va mamillosa; M. nicœensis. Althœa cannabina Acer monspessulanum. E radium malacoides. Tribulus terrestris. Ononis striata; 0. reclinata. Medicago littoralis. Trigonella gladiata. Melilotus snlcata; M. parviflora. Trifolium lappaceum ; T. Bocconi. Dorycnium suffruticosum. Lupinus reticulatus. Astragalus purpureus; A. hamosus; A. baijonensis. Coronilla scorpioides. Ornithopus roseus. Vicia bithynica. Ervum cassabicum. Pisum granulation. Lathyrus latifolius. Rasa semper- virens. Sedum Marichalii ; S. anopetalum. Buplevrum affine. Bifora testi- cu/ata. Ammi Visnaga. Asperula galioides. Crucianella angustifolia. Vale- rianella pumila. Pallenis spiuosa. Inula squarrosa. Chrysanthemum graminifolium. Senecio Doronicum. Centaurea aspera. Crupina vulgaris. Xeranthemum inaperturn.Scohjmus /rispanicus. Catananche cœrulea. Toi pis wnbellata. Scorzonera hirsuta. Lactuca chondrillœflora. Crépis nicœensis; C. suffreniana; C. bulbosa. Andryala integrifolia. Campamda Erinus. Arbutus Unedo. Phyllirea média ; P. angustifolia. Cynanchum acutum. Chlora imperfoliata. Erythrœa spicala. Convolvulus lineatus ; C Canta- brica. Echium pyramidale; E. grand i/ïorum. Lithospermum apulum. (hiosma echioides. Verbascum sinuatum. L inaria commutata ; L. sparlea; L.tlnj mi folio. Trixagoapula. Odontites lutea. Salvia pallidiflora. Stachys heraclea. Sideritis Injssopifolia; S. scordioides; S. romana. Prune/ la hys- sopifolia. Lysimachia Linum-stellatum. Androsace maxime Cyclamen neapolitanum. Rwnex bucephalop/torus. Polygonum Bellardi. Daphne Gnidium; D. Cneorum. Osyris alba. Cytinus Hypocistis. Aristolochia ro- tundu; A. longa. Euphorbia serrata. Urtica membranacea. Quercus Cerris; O. Ili'x. Triglochin Barrelieri. Serapias Lingua; S. cordigera;S. triloba. Iris sparia. Allium roseum. Cyperus Monti. Scirpus Holoschœnus ; S. Mi- chelianus. Phalaris paradoxa. Echinaria capital a. Kœleria phleoïdes. Aira média. Airopsis globosa. Avena sulcata; A. longifolia. /Egilops ouata; REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 137 AU. triuncialis. Lepturus cylindricus. Ophioglossum lusitanicum. Gram- mitis leptophylla. Adianthum Capillus-veneris. Quelques-unes de ces plantes s'avancent dans l'intérieur de la France jus- qu'au niveau de Lyon, mais ne vont guère plus loin vers le nord; telles sont les Sideritis, le Cyperus Monti, et plusieurs autres. D'autres plantes méri- dionales, que nous avons omises à dessein, pénètrent beaucoup plus loin, telles sont : Xeranthemum inapertum (qui se trouve dans l'Allier, la Nièvre, le Cher, etc. ), Ylnula montana (dans le Cher, l'Indre, l'Yonne, la Côte- d'Or, etc.), Isatis tinctoria, Ononis Columnœ, Astragalus monspessulanus, I icia servatifolia, et Tragus racemosus, qui s'avancent jusqu'aux environs ou même au delà de Paris. Le Cistus hirsutus, plante d'Espagne et de Portugal trouvée aux environs de Landernau, parait à M. Lloyd provenir d'un parc voisin où elle est cultivée; cette plante serait donc à rayer de la Flore de Bretagne et par conséquent de celle de France. La naturalisation de cette plante méridio- nale est néanmoins un fait digne d'intérêt. « L'ouest de la France, dit M. Lloyd , offre deux llores distinctes : la flore maritime et celle de l'intérieur. » Le sol de la Charente-Inférieure est presque entièrement calcaire...; le bocage des Deux-Sèvres, celui de la Vendée, et le midi de la Loire-Infé- rieure, sont presque, entièrement formés de terrains primitifs. Au nord de la Loire, la Bretagne se compose de deux chaînes de terrains primitifs, l'une au sud, l'autre au nord... » La Flore de l'Ouest de la France se trouve limitée par la Flore de la Vienne, de M. Delastre; celle de Maine-et-Loire, par MM. Bastard, Des- vaux et Guepin ; la Flore de la Sarthe et de la Mayenne, par M. Desportes; celle de la Normandie, par M. de Brebisson. » ^numération des plantes vascnlaires des environs de flontbéliard, par Ch. « ontejeaii — Besauçou, 1854, gr. in-8", 'lk 7 pages, avec une carte géographique et physostatique. [Extrait des mémoires de la Société d'émulation du Doubs , années 1853 et 185/i.) L'auteur s'est propose un double but: faire connaître en détail la végé- tation des environs de Montbéliard ; montrer le rapport qui existe entre la constitution mécanique des roches sous-jacentes et la dispersion des plantes dans le rayon qu'il embrasse. M. Contejean fait précéder son travail d'une notice historique sur les bo- tanistes de Montbéliard , et ceux qui ont herborise dans ses environs. On remarque parmi eux les Bauhin , Cherler , etc. Pour l'intelligence des faits de dispersion des plantes qu'il signale, il fait une description étendue de la 138 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. contrée , sous les rapports , soit géologique , soit orographique , et il y joint des observations climatologiques. Il distribue ensuite ies plantes de sa région suivant plusieurs listes cor- respondantes à des natures et à des compositions de terrains différentes, afin d'arriver à son second point , sur lequel il convient n'avoir aucune loi ni conclusion nouvelle à apporter; mais en revanche, M. Contejean présente un ensemble de faits nombreux pour appuyer les tbéories de M. Thurmann, qu'il déclare accepter complètement. L'énumération proprement dite remplit la seconde partie , et ne fait guère que reproduire dans un autre ordre les faits signalés dans la première. Elle comprend environ 1,200 espèces indigènes, dont les noms sont ac- compagnés de remarques critiques sur la station, les roches sous-jacentes, le mode de dispersion , etc., et , enfin , de quelques diagnoses pour des es- pèces douteuses. Flore seBiérale de fBeEgiciiie , contenant la description de toutes les plantes qui croissent dans ce jiai/s , par E. Mathieu , membre de plu- sieurs Sociétés savantes , ouvrage publié sous le patronage de S. M. le roi des Belges ; Bruxelles, 185i , 2 volumes in-8" ; tome I , Phanérogamie, G55 pages; tome IF, Cryptogamie , 561 pages. La délimitation géographique de cette Flore n'est pas exactement celle que les traités ont donnée à la Belgique. L'auteur y a compris les parties du Luxembourg et du Limbourg, qui en ont été détachées, ainsi que le Brabant septentrional. Ces parties du territoire sont , suivant lui, absolu- ment belges par leurs productions et par leur aspect géologique. M. E. Matbieu, dans une courte introduction, exprime une opinion peu favorable sur les travaux de ses devanciers. « Tout ce qui a été publié «jusqu'à ce jour , dit-il , sur la flore de la Belgique , laisse tant à désirer. «qu'on peut le regarder comme nul. » Néanmoins, il cite avec éloge la Flore des environs de Spa de Lejeune, les travaux de M. Tiuant, sur la flore de Luxembourg, et, à l'occasion des Graminées, un ouvrage récent de M. Demoor , d'Alost. .M. Mathieu ajoute que « quarante années d'herborisation dans toutes » les provinces belges , dont il a exploré avec soin les parties les plus recu- ;> lées, l'ont mis en position de vérifier par lui-même, et sur place, les espèces » annoncées comme existantes dans telle ou telle localité , d'en rejeter plu- » sieurs , et au contraire d'en admettre quelques autres, non comprises « dans les catalogues qui ont précédé son travail. » « Je n'ai, dit-il, négligé aucune source de lumière, j'ai tout vu et tout » vérifié. J'ai pu me tromper $ comme tout autre , mais je l'ai fait île bonne » foi, et j'inviterai mes confrères en science à m'iudiquer franchement les » erreurs que j'ai involontairement commises. » REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 139 M. Mathieu termine son introduction en faisant remarquer que la Cryplo- gamie de la Belgique , si riche et si intéressante, n'a jamais été publiée en corps d'ouvrage. La Phanérogamie comprend 1,829 espèces, rangées par familles natu- relles, suivant l'ordre adopté par De Candolle. Toutes les diaguoses sont en français. L'auteur n'a employé le Nobis qu'avec sobriété. Il n'a ajouté son nom qu'à quelques variétés, et seulement a trois espèces nouvelles, * nommées par lui : Biscutella verna, Orobanc he Ilicis et Poa ambigua. Voici la liste du petit nombre d'espèces phanérogames et de quelques variétés que l'auteur indique, avec plus ou moins de certitude, comme appartenant à la Belgique , et qui ne sont pas comprises dans les Flores de Fiance : Thalictrum nigricans, Jacq. Th. minus, var. dunense, Nob. (Th. dunense, Dum.) Isopyrum fumarioides, L. Epimedium alpiuum, L. Biscutella veina, Nob. (B. varia, Dum. B. lœvigata, Le/.). Erysimum altissimum, Lej. Viola montana, L. Dianthus arrectus, Dum. Sagina .snxalilis, Lej. Elaline syphosperma, Dum. ; E. majuscula, Dum. Spergula maxima, Weihe. Slcliaria média, var. pallida, Dum.; S. crassifolia, Ehrh. Oxalis parvîflora, Lej. Spiraea belgica, Dum. Geum rubifolium, Lej. Fragaria coltina, var. flor. luieis. Uosa canina, var. Malmumdariensis, Lej. Epilobiuin liirsiitum, var. sparsiflorum, Nob. (E. spavsiflorum, Dum.). Epilobium hirstitum, var. umbrosum, Nob. (E. umbrosum, Dum.); E. montanum, var. milans, Nob. (E. nutans, Lej.); E. decumbens, Dum. Ceratophyllum demersum, var. tricuspi- datum, Nob. (G. tricuspidaium, Dum.); G. demersum, var. unicorne, Nob. Ly- tbrum virgatum, L. Scdum reflexum, var. fragile, Dum. S. rupestre, L. Peuceda- ntim montanum, Koch. Aster lanceolatus, Lej. Solidago minuta, L. Achillea alpiua, L. Car du us polyanlhemos, L. Girsium carminans, Dum.; C. selosum, Rckb.; G. nemorale, Ihhb.; G. dissectum, Willd. Barkhausia gracilis, Lej. Hieracium prasinum, Dum. II. rubricaule, Dum. ; Hyoscyamus agrestis, Schultes. Digitalis fer- ruginea,L.;D. purpurascens, var. longiflora, Lej. (D. Libertiana, Dum. ). Orobanelie Ilicis, Nob. Veronica paludosa, Lej.; V. laxiflora, Lej. Kocbia tripteris, Dum. Cheno- podium mariliinum, var. arrectum, Desmaz.; Gh. rubrum, var. bliloides, Lej. Atriplex microsperma, var. flavescens, Dum.; A. oblongifolia, 11", A. Ilumex Pa- tiemia, L. Zanichellia denlala, Willd. Asparagus prostratus, Dum. Gagea belgica, Lej. Blysmus rufus, Panz. Agrostis bryoides, Dum. Calamagrostis subulata, Dum. Ammophila ballica, Host. Hierochloa borealis, Pries. Poa ambigua, Nob. Festuca glauca, var. arduenna, Nob. (E. arduenna, Dum.). Bromus nitidus, Dum.; B. dif- fusus, Dum. Miebelaria bromoidea, Dum. (Libertia arduennensis, Lej.), Lolium decipiens, l)um.;h. Rieffelii, Demoor. Elymus geniculatus, Cuil. Nous croyons devoir ajouter ici rémunération de quelques espèces fran- çaises, que nous avons été surpris de voir attribuer à la flore de la Belgique, attendu que, par leur habitat ordinaire, elles appartiennent, soit à la région alpine, soit a la région tout a fait méridionale. Nous devons d'ailleurs faire 1 Zl SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. remarquer que ce n'est qu'avec doute que M. Mathieu mentionne un cer- tain nombre de ces plantes: Kanunculus platauifolius, Trollius europaeus, Helleborus niger, Aconitum Lycoc- tonum, A. inlermedium, Epimedium alpinum, Arabis auriculata, Lunaria redivivn, L. biennis, Thlaspi alpestre, Subularia aquatica, Dianthus glacialis, Potentilla ru- pestris, Alchemilla alpina, Cotoneasler vulgaris, Circœa alpina, Sempervivum mon- tanum, Saxifraga hypnoides, Meuin athamanticum, Asperula laevigata, Valerianella vesicaria, Valeriana l'im, Cineraria mariiima, Arnica montana, Gnaphalium mar- garilaceum, Ecliinops spliaerocephalus, Carlina acaulis, Gampanula pusilla, Gentiana acaulis, Erythraea linarifolia, Linaria simplex, L. genistsefolia, Scrophularia betoni- caefolia, Nepeta Nepetella, Asterolinumstellatum. Audrosacc septentrionalis, ttumex scutatas, Eupliorbia nicœensis, E. Pilhyusa, E. Paralias, Orchis globosa, 0. varie- gala, Gymnadenia albida, Lilium bulbiferum, L. croceum, Phalaris aquatica, Pli. paradoxa, Pli. alpina, Phleum alpinum, Agrostis pungens, Stipa Calamagrostis, Milium scabrum, Briza maxima, .Egilops ovata, .K. trkincialis, Gaudinia fragilis. La Cryptogamie comprend W 2,S06 espèces. Inclicatio filantariiiii îtovaresnt aut nomlmii recte co- giiitai*«im, qua* in pugillo primo «lescripsit icoiii- Dmimiim- illustravit Graells ; Brochure in-8° de 30 pages; Madrid, mai 18f)fr. Cette brochure contient deux parties : Dans la première, intitulée Indicatio plantarum novarum, l'auteur décrit les espèces suivantes, toutes du centre, de l'Espagne. : 1. Genista Barnadesii, Graells (Spartium radiatum , L., Barnades in herbario Cavanillesiano); 2. Centaurea amblensis, Graells; 3. C. Cavanillesiano, , Graells Sp. n" 3 {C. acaulis, L., Cav. in herb.); h. C. Lagascana, Graells Sp. n° 3 (C. acau- lis, L., Lag. in herb. hor. reg. Matri.);5. Microlonchus ysernianm, Gay etWebb;6. Narcissus (Corbularia) Graellsii, Webb in litt. [N. Bulboco- dium, Botanic); 7. N. Corbularia) nivalis, Graells (N. Bulbocodium i Bo- tanic); 8. N. (Ganymedes) pallidulus, Graells. L'auteur ajoute ensuite quelques caractères a ceux qui ont été signales par MM. Boissier et Beuter dans la description qu'ils ont donnée (Diag. plant, nov. Hisp.) de leur Narcissus apodanthus et de leur Crocus Cor- petanus. La seconde partie est intitulée Addenda et corrigenda in catalogo Col- meiroano Florulœ Castellanœ. C'est une liste de plantes des Deux Castilles signalées les unes pour de nouvelles localités , d'autres parce qu'elles n'avaient pas été signalées dans le catalogue de M. Colmeiro , d'autres enfin parce qu'elles ont été décrites comme espèces nouvelles depuis la publica- tion du même catalogue, soit par MM. Boissier et Beuter, en commun ou isolément, soit par M. Willkomm. Les plantes de cette dernière catégorie REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 1/|1 sont au nombre de :j6; celles de la seconde s'élèvent au chiffre de b'i Pha- nérogames et de 20 Cryptogames. Examen «le las JEncinas y «ïeanas arlioles de la Peuiu- stila «iue produceii liellolas, eoia la designaeioii «le los «lue se Hantait JKestos {Examen des Chênes verts et des autres arbres rie la Péninsule qui produisent des glands doux, avecladésignationde ceux qu'on nomme Mestos), pardon Miguel Colmeiro et don Esteban Boutelou. Brochure in-8" de 16 pages. Séville, 1854. Le principal intérêt de ce travail consiste dans les documents qu'il ren- ferme au sujet de la distribution géographique des Chênes espagnols, et dans l'indication des noms vulgaires par lesquels ces arbres sont désignés dans les parties diversesde la Péninsule. La partie purement botanique y est peu déve- loppée, chacune des espèces admises par les deux auteurs étant uniquement caractérisée par une simple diagnose. A cesdiagnoses est jointe l'indicationdes variétés observées. Une question sur laquelle MM. Colmeiro et Boutelou ont porté spécialement leur attention est relative a la détermination botanique des Chênes désignés vulgairement par les Espagnols sous le nom de Mestos. Ces Chênes out ete l'objet de beaucoup d'écrits et d'articles de journaux, à cause surtout de l'idée très répandue en Espagne que leur écorce est un spécifique contre la rage. Les deux auteurs pensent que le vrai Mesto est le Quercùs hispanica , Lamk; d'après eux, ce nom est encore applique a d'autres espèces, notamment au Quercus Mesto, Boiss., et au Q. pseudo- coccifera, Desf. Nous donnerons ici l'indication des espèces sur lesquelles porte le, travail de MM. Colmeiro et Boutelou , en y joignant le relevé de leur distribution géographique dans la Péninsule, et des noms vulgaires sous lesquels chacune d'elles est connue. I" Chênes à feuilles persistantes. 1. Quercus Suèer, Linn. Noms vulgaires: Alcornoque(CdLSli\\é) ; Sobreiro, Sobro (Portugal) ; Sobreira (Galice) ; Alsina surera, Arbre surer, Surer, Suro (Catalogne). Hab. : Toutes les provinces de l'Espagne et du Portugal, surtout dans la Catalogne et l'Estramadure ; on le trouve indifféremment dans toutes les natures de terres, dans les sables a peu près stériles, peu éloignés de la mer, comme dans les sols fertiles, sur les montagnes élevées, presque dénudées de terre végétale, etc. 2. Quercus hispanica, Lamk (Q. pseudo-suber, Desf. ; Q. œgilopifoliu, Pers. Nom vulgaire : Mesto (Estram. et Andal.) Hab. : Estramadure, Sierra Morena et de Ronda, parmi les Chênes verts et les Chênes lièges; près de Gibraltar; Navarre (Willk.), Algarbes (Brot). T. I. 10 lll'I SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Il préfère les terres qui ont du fond; on ne le trouve pas en bois touffus. 3. Q. avellanœformis, Colin, et Bout. Nom vulgaire : Mesio de beilotas comoavellanas. Hab. : Lstramadure. Les deux auteurs pensent qu'il est nécessaire d'en examiner un plus grand nombre d'individus pour reconnaître la valeur des caractères qu'ils lui assignent. h, Q. llex, Linn. Noms vulgaires: Encina de beilotas amargas, el, lors- qu'il est bas et ebétif, Carrasca, Chaparro (Cast.); Azinheira, Azinho (Port.); Alsina, Alsinera, Aulina (Ca t.) ; Auzina (Bal.); Carrasca vent (Va'.). Hab. : Toute ou presque toute la Péninsule. 5. Q. Bellota, Colm. et Bout. (Q. Ballota, Desf. ; Q. Alzina, Lapeyr.). Noms vulgaires : Encina de beilotas dulces (Cast.) ; Alsina glanera (Cat.). Hab. : Provinces centrales, orientales et méridionales, et Portugal; très abondant en Lstramadure. Cette espèce se plaît dans les sols granitiques ou calcaires. 6. Q. Mesto, Boiss. iNoms vulgaires : Mesto et Coscoja. Mal). : Près de Almojia, dans le Desierto de las iNieves; près de Lisbonne (Welwitsch). Les deux auteurs expriment du doute sur l'autbenticité de cette espèce, qui pourrait n'être qu'une variété du Q. coecifera, Linn., à feuilles moins épineuses. 7. Q. coecifera, Linn. iNoms vulgaires: Coscoja ou Coscojo, Matarubia (Cast.); Currusqueiro, Carrasco (Port.); Cocollis, Coscoll , Garrichs (Cat.); Coscoll roge, Coscolla (Val.). Hab. : Presque toute la Péninsule, excepté, peut-être les provinces du nord, notamment la Galice. Il aime les solslégers et sablonneux ou calcaires, des parties montueuses. 8. Q. pseudo -coecifera, Desf. Noms vulgaires : Mesto (à Higuera la Beal) ; Coscoja (Gren. et Val.). 2° Chênes à feuilles tombantes. 9. Q.lutmilis, Lamk. (Q. fruticosa, Brot. ; Q. prasina, Bosc). Nom vul- gaire : Carvallio anaon (Port.). Hab. : Terres sableuses des Castilles, de l'Andalousie et du Portugal. 10. Q. lusitanica, Lamk. Noms vulgaires: Quejign (Cast.); Carvalho cerquinho de Bcira (Port.); Roure(Va.\.). Hab.: Presque toute la Péniusule, surtout dans les terres fertiles ou hu- mides, aux bords des ruisseaux ; moins commun dans le centre et au nord : on ne l'a pas trouvé en Galice. Les deux auteurs présument qu'il faudrait y rattacher, comme variétés, les Q. ovalifolia, Boiss., Q. asperata, Pers., Q. Mirbcckii, Durieu. 11. Q. alpestris, Boiss. Hab. : Entre Estepoua et Iguaiejà, dans la Sierra de la Nievc (Boiss.). REVCE BIBLIOGRAPHIQUE. l/lo 1*2. Q. Robur, Willd. Noms vulgaires : Roble (Cast.) ; Carvalko roble (Port.). Hab. : Surtout les Pyrénées et quelques-unes des provinces du nord et du Portugal. lo. Q. pedunculata , Willd. Noms vulgaires: Roble (Cast.); Carvalko comun (Port.) ; Carballo (Gai.) ; Roure (Cat. . Hab. : Abondant en Galice et dans toutes les provinces septentrionales de la Péninsule ; moins fréquent dans les montagnes des Castilles ou du reste de l'Espagne. 16. Q. fastigiata, Lamk. Nom vulgaire : Itoblc acipresado ou pyra~ i aidai. Hab. : Pyrénées et peut-être Galice. 15. Q. pubescens, Willd. Nom vulgaire : Roble (Cast.). Hab. : Surtout les Castilles et le nord de l'Espagne, dans les endroits montueux, formant quelquefois des forêts à lui seul. 16. Q. Tozza, Bosc. [Q. . Egilops, Asso, vulgo Marojo ; Q. pubescens, Brot. ; (>. pyrenaïca, Willd. ; Q. Tauzin, PersA Noms vulgaires: Melojo (Sierra deSegura); Carvalko par do (la Reira (Port.); Cerquino, Cerqueiro (Gai.) ; Roble (Estra., Greu., Sierra Morena). Hab. : Lieux montueux et sablonneux de toute la Péninsule; se tenant sur les hauteurs et sur les pentes septentrionales , dans les provinces du sud. 17. Q. Cerris, Linn. (O. jEgilops, AH., non Linn., FI. Esp. et Pal. . Nom vulgaire : Rebollo (Cast. et Arag.). Hab. : Au Pardo, près de Madrid, à Moncayo, Sierra de Villaroya et autres de l'Espagne, sans être commun. Icônes |»Iantai*um Imliœ orientalie, or figures <>f Indian plants, par B. Wigbt, vol. VI. Le sixième volume de l'ouvrage monumental du docteur Bobert Wigbt sur la tlore de l'Inde, imprimé à Madras en 1853, n'est parvenu en France (lue depuis quelques mois. Il comprend 181 planches litbograpbiées, depuis le n° 19*21 jusqu'au n" 2101, plus une planche (1776 bis) pour deux espèces de la famille des Amarantacées t décrites dans le volume précédent. Les planches représentent au trait 257 espèces dont un grand nombre n'avaient pas encore été iigurées. L'auteur donne pour chaque plante une diagnose ou une description abrégée avec l'indication de la localité et quel- quefois des observations critiques. Le volume commence par la famille des Pipéracées, qui comprend 25 es- pèces réparties en 6 genres , selou le système de M. Miquel ; ce sont toutes plantes déjà décrites. j/l/j SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Les Cblorauthacées qui suivent sont représentées par le Chloranthiis indiens, N\ igbt, nov. sp. , et par le genre Sarcandra que M. Gardner avait institue dans le journal de Calcutta , mais qui est a peu près inconnu des botanistes européens. L'espèce figurée tab. 1946 est le S . chloranthoides , (ianln., recueilli d'abord à Ceylan et ensuite en plusieurs lieux de l'Inde continentale. Après les diagnoses du Ccdlitriche Wightiana, \\ ail., et de trois Ceralo- phyllum déjà connus, viennent lô plantes de la famille des /uiphorbiacces, v compris k espèces de Macaranga déjà mentionnées au cinquième volume. H. R. Wight décrit h espèces nouvelles du genre Sauropus , 3 de l'île de Ceylan, les S. retroversa, Garneriana, zeylanica et le .S. indices. Il donne une notice sur VEuphorbia Cattimandoo, nov. sp. , caulescente, épineuse et ebarnue, et publie un nouveau genre sous le nom de Chorisandra (C. />m- nata, tab. 199^). On remarque parmi les Artocarpées V Anticois saccedora décrit par M. Dalzell dans le journal de Jvew, le Conucephalus niveus, Wight, nov. sp., le Cudrania Javanensis, Trécul, ligure pour la première fois, tab. 19(50. Les Ulmacées, représentées au nombre de 5, sont des espèces déjà dé- crites par M. Planchon. Les Urticacées sont traitées avec quelques développements. L'auteur suit la division de la famille présentée par M. Gaudichaud dans le 1 oyage de VUranie. Il y ajoute , sous le nom de Chamabainia , un genre nouveau institué sur une plante des .Nilgherries [C '. cuspidata , t. 1981). Presque toutes les Urticées ligurées sont des espèces nouvelles. Les Morées qui suivent sont aussi, pour la plupart, de nouvelles plantes: Covellia guttata, Dorstenia indien, Epicarpurm zeylanicm , Thev., etc. M. Wight institue près des Antidesma, un nouveau genre qu'il nomme Astylis {A. venusta, tab. 1992), et qui a été recueilli dans les montagnes des Nilgherries. La suite de l'ouvrage est consacrée à des familles monocotylédones. On y trouve un Dioscorm, le Roxburghia gloriusoides, Dryand., 5 Smilacées, un senre nouveau d'Orchidées Goviendovia (G. nervosa, \\ igbt, t. 2090) , 20 espèces deZingiberacées, entreautres (tab. 2030), le Monolophm scaposus , Dalzell, 12 Curculigo elllypuxis, la plupart nouveaux. On peut y remar- quer encore 3 espèces de Lilium qui doivent être des plantes superbes, à fleurs campanulées : L. neilghemmse, sp. n., L. tubiflorum , sp. n., et L. Wallichianus , Rœm. La famille, des Commélynacées compte 3N es- pèces, et les nouveaux genres, Heterocarpus , Dichospermum ., Dictïo- spermum. Le volume est termine par une monographie du genre Pouzulzia, créé par Gaudichaud sur le Parietaria indien, Lin., et deux autres plantes. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. \!\î) M. Wight en énumère .">."> espèces, toutes des contrées asiatiques , depuis l'île de Bourbon jusqu'à la Chine et à l'archipel des Moluques. «*tjnoi»««M plaiitaiMiisa gliBiBiaveaiuuii , auetore E.-G. Steudel, Fascicul. l-V. ln-/i, p. 1-40O. — Stuttgard, 1854. L'auteur entre en matière dès la première page , la préface et le titre étant réservés pour la dernière livraison. Un avis de l'éditeur, inséré sur la couverture, apprend que M. le docteur Steudel a travaillé pendant plus de dix années au recensement dont la publication vient de commencer, et qu'il a pu ajouter au résultat de ses propres recherches les espèces nou- velles décrites dans un mémoire inédit de Nées d'Esenbeck. L'ouvrage sera divisé en onze livraisons comprenant 80 feuilles. Les cinq fascicules mis en vente contiennent déjà 50 feuilles, toutes consacrées à la famille des Graminées. M. Steudel conserve les grandes sections ou tribus adoptées dans la clas- sification, a peu près telles qu'on les trouve exposées dans V Agrostoyraphia de Kunth, et dans le Gênera plantarum d'Kndlicher. La série des genres est aussi la même dans son ensemble, sauf quelques transpositions. La cinquième livraison s'arrête dans le genre Antisthiria, de la dernière tribu des Graminées. Four les 13 autres sections , le nombre des genres est porté à 271. C'est 7U de plus que clans Y Enumeratîo plantarum, et cependant M. Steudel réunit de nouveau des coupes génériques distinguées par Kunth ; son genre Panicum, par exemple, comprend les Urochloa, Setaria, Ichnanthus, Isachne et Oplismenus. Quant au nombre des espèces, il s'élève, pour les cinq livraisons, a 5,293. V Enumeratîo plantarum n'en contient pour toute la famille que 3,024. Voilà donc, dans l'espace de vingt années, un accroissement de 2,209 espèces , c'est-à-dire de plus de sept dixièmes. Sans doute le Sy- nopsis recèle des doubles emplois et des spécifications douteuses ; de tels inconvénients sont désormais inévitables dans les recensements généraux. Mais ces erreurs probables doivent être compensées, quant au nombre, par les plantes omises dont M. Steudel n'a pu avoir connaissance. Ainsi le Sy- nopsis ne fait aucune mention des Graminées du Chili , rapportées par M. Claude Gay et décrites tout récemment par le regrettable M. Desvaux (Emile) ; on n'y trouve point les espèces comprises dans les deux dernières collections envoyées de Swan River par J)rummond, ni les plantes en assez grand nombre reconnues nouvelles par M. Desvaux , dans les herbiers que Boivin avait formés à Madagascar, Mayotte, etc. Si l'on concluait d'une seule famille au règne végétal entier, il se trou- 146 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. verait que, clans une période Irentenaire, le nombre des plantes reconnues aura probablement doublé. Les espèces du genre Paspalum, portées par Kuuth au nombre de 179, sont portées par M. Steudel à 263. Les Panicum, avec les genres réunis qui figurent dansKunth pour 551 espèces, s'élèvent ici à 852. Les Pennisetum montent de 26 à 88 ; les Stipa, de 60 a 105 ; les Aristida , de 80 à 1^3 ; les Agrostis , de 90 à 171. M. Steudel énumère 89 Calamagrostis au lieu de 14. Il enregistre 192 Poa et 245 Eragrostis, tandis que les deux genres réunis ne figurent dans Kuntb que pour 279 espèces. L'Andropogon , auquel M. Steudel rattache de nou- veau VIschœmum et l' Eitonurus , s'élève au chiffre énorme de 459 , étant ainsi plus que doublé. H en est de même dans la plupart des autres grands genres. Sur la famille des Tropéolées, considérée dan» son organographie , son anatomie, son organogénie , sa tératologie, ses propriétés médicales, s» géographie botanique et ses affinités, Mémoire présenté à l'Académie des sciences, le 10 juillet 1854, par M. Ad. Cbatin. L'auteur pense que les faits d'orgauographie (la symétrie florale surtout), d'anatomie, d'organogénie , de tératologie et de géographie botanique qu'il signale dans ce mémoire éloignent les Tropéolées des Limnantbées et les rapprochent plus de l'alliance des Malpighinées que de celle des Géranioïdées. « Si, » dit-il , « étant admises les affinités des Tropéolées avec les familles de l'alliance des Malpighinées, j'avais à signaler leurs rapports divers avec ces familles, je placerais sur un premier cercle les Acériuées et les Ery- throxylées; les Malpigbiacées , les Sapindacées et les Hippocastanées for- meraient un cercle plus intérieur dans lequel se trouveraient les Tropéolées, plus rapprochées toutefois des Malpigbiacées, par la structure du péricarpe, l'ovule unique, la chalaze placée sur le côté des cotylédons, la présence et la nature des stipules, les tiges et racines à structure anomale ; des Sapin- dacées, par leurs fruits quelquefois à une seule loge, quoique tricarpellaires, par leurs espèces herbacées et par quelques faits d'organogénie et de téra- tologie; des Malpigbiacées et des Sapindacées, à la fois par la structure "énérale du fruit et de l'embryon; des Hippocastanées, par la soudure et la nature amylacée des gros cotylédons; des Sapindacées et des Hippocasta- nées réunies, par l'androcée et la largeur du bile. » REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 147 Note sur la synonymie îles Ulva Fs«cf*€ca et ttilisshêia, L. , suivie de quelques remarques sur la tribu des Ulvacées, par M. Gustave Thuret. (Mémoires de la Société des sciences naturelles de Cherbourg, 2 e vol., 1" livr., 1854, p. 17-32.) Ainsi que le titre l'indique, cette note se compose de deux parties. Dans la première, l'auteur démontre que MM. C. Agardh et Greville ont eu tort de changer le nom d' Ulva Lactuca, par lequel Linné et tous ceux qui l'ont suivi désignaient la plus commune de nos (Jlves, et d'attribuer cette déno- mination à une espèce qui parait avoir été tout à fait inconnue de leurs prédécesseurs. A cette occasion, M. Thuret fait observer que la plante dé- crite par MM. C. Agardh et Greville doit être placée dans le genre Entera- morpha à cause de sa fronde en forme de sac. Il l'appelle E. Grevillai; il a vu les zoospores de cette plante se mouvoir encore au bout de six jours, ce qui est la plus longue durée de mouvement qu'il lui ait été donné d'ob- server chez les zoospores des Algues. Dans la deuxième partie de son travail, l'auteur donne les caractères de la tribu des Ulvacées, qui comprend seulement les genres / Iva, Entero- morpha, et un genre nouveau, Monostroma, dans lequel se réunissent les rives formées d'une seule couche de cellules. Les espèces qui rentrent dans ce genre sont Y Ulva bullosa, Roth.; l' Ulva oxycocca , Kutz., et une espèce nouvelle que l'auteur fait connaître sous le nom de Monostroma laceratum. Note sur le geatee 8i»irulinn , Turpin , par MM. Crouan frères. [Mémoires de la Société des sciences naturelles de Cherbourg, 2" vol., 1" livr., 1854, p. 38-40.) Dans celte note, les auteurs donnent la diagnosc de trois espèces nou- velles de Spirulina. Toutes trois sont marines : ce sont les Spirulina pseudo-tenuissima, S. oceanica et .S'. Thuretii. Les deux premières ont été publiées en nature dans les Algues marines du Finistère, par MM. Crouan, sous les numéros 323 et 324. BOTANIQUE GÉOGRAPHIQUE. Himalayau jounials, or notes of a iiaturalist in Beng-al, tlie Sikkii» anil Népal lliiiaalayas, llie Kliasia momi- taiiis, etc. (Journal d'un voyage dans V Himalaya, ou notes prises par un naturaliste dans le Bengale, l'Himalaya de Sikkim et du Népaul, dans les montagnes de Khasia , etc.), par le docteur Joseph Dalton Hooker. Londres, 1852, 2 vol. grand in-8°. Dans son voyage avec sir James Ross, le docteur Hooker n'avait pu 148 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. qu'effleurer l'étude de l'histoire naturelle des tropiques: aussi le désir qu'il avait de parcourir quelques-unes de ces terres promises du naturaliste le decida-t-il à entreprendre le grand voyage dont il a, cette année, publié le récit. Le docteur Hooker partit d'Angleterre en novembre 1847 avec le marquis de Dalhousie, gouverneur général de l'Inde. Arrivé à Calcutta le 12 jan- vier 1848, il ne lit qu'une rapide excursion dans l'ouest du Bengale. Il s'empressa ensuite de diriger ses pas vers l'Himalaya de Sikkim, dont le nom même était alors presque inconnu en Europe. Il séjourna deux ans dans ce district sauvage; il réussit même à gagner le Thibet et à s'élever sur les montagnes jusqu'à une hauteur de 20,000 pieds (1). Il alla ensuite étudier la riche végétation des monts Khasia, dansleSilhet, et il s'emharqua enfin pour l'Europe au mois de février 1851. L'ouvrage dans lequel M. Hooker vient d'exposer les détails deson voyage renferme tout ce qui peut intéresser le physicien, le géographe et le natura- liste; il est illustré par 82 figures et 2 cartes. Ne pouvant l'analyser dans toutes ses parties, nous suivrons le savant voyageur dans quelques-unes de ses herborisations qui donneront une idée de la végétation des pays qu'il a explorés. Le 18 mars 48/j7, le docteur Hooker quitta Benares pour descendre le Gange. Sur les rives sablonneuses de ce fleuve, il récolta plusieurs plantes européennes, un Rumex, un NastwHium, le Ranunculus sceîeratus, la Fu- meterre, le Juncus bufonius, la Verveine commune, le Gnaphalium luteo- album et le Veronica Anagallis. Sur les berges croissaient le Tamarix, r Acacia arabica (abondant dans toute cette région) et quelques autres ar- bustes. Le Blé, le Haricot en arbre (Cajanus), le Pois chiche, le Carthame, la Vesce et le Riz étaient les principaux produits des cultures de cette partie du pays. Les arbustes y étaient en petit nombre, à l'exception de VAdka- toda et du Calotropis. Les arbres aussi y étaient rares et rabougris ; les Figuiers, l'Arbre à pain et quelques Légumineuses étaient ceux qui s'y montraient le plus communément. Il ne s'y trouvait que deux espèces de Palmiers, le Palmier a éventail [Borassus flabelliformis) et le Dattier, ce dernier caractérisant les lieux arides. Plus bas et en se rapprochant de Patna, la scène changea; le voyageur avait laissé derrière lui le désert du nord-ouest de l'Inde et ses brises dessé- chantes pour gagner des régions plus humides. Des bosquets de Palmiers, des bouquets de Bambous, des Orangers, Y Acacia Sissoo, le Melia, le Guof- teria longifolia, le Spondias mangifera, VOdina etplusieurs espèces d'Eu- phorbes se montraient fréquemment sur les bords du chemin. Les plantes (1) Le pied anglais vaut 0"'.:>or> : d'où 1.000 pieds font 305'", et ;>0.000 pieds font G,loû m . REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 1/|9 cultivées, parmi lesquelles se faisaient remarquer le Papayer, le Manioc, le Cocotier et toutes les variétés de Citronnier et d'Oranger, témoignaient de leur côté du changement qui avait eu lieu dans le climat. Quittant enfin le Gange, le docteur Hooker se dirigea directement vers l'Himalaya, dont il ne commença, par suite des brouillards, à apercevoir la chaîne extérieure que lorsqu'il fut arrivé à 8 ou 10 kilomètres de son pied. Là commence un district, dont tous les traits botaniques, géologiques ou zoo- logiques sont différents de ceux de la région que l'on vient de laisser en ar- rière. A une élévation de 15,000 pieds environ, la végétation est admirable ; les arbres y sont gigantesques, et leurs troncs, entrelacés de grandes lianes, telles que des Bauhinia ou des ftobinia, sont revêtus d'Orchidées épiphy tes, de l'othos, de Poivriers, de Gnetum, de Vignes, de Convolvulus et de Bi- gnonia. Parmi les autres habitants de la forêt, le docteur Hooker cite le Bananier sauvage, un Pandanus dont la tige grêle se termine par une touffe de feuilles de 2 à 3 mètres de longueur, diverses Araliacées, des Kuphorbiacées dont les feuilles ont plusieurs pieds de diamètre, enfin des Bambous géants et vingt ou trente espèces de Fougères, dont une arborescente. Telle est la végétation des forêts tropicales de la chaîne extérieure de l'Himalaya. A 4,800 pieds, la Flore change complètement et rappelle vivement celle de l'Europe centrale. On était alors au printemps ; un Chêne et un Bouleau commençaient a fleurir, ainsi qu'une Violette, un Chrysosplenium, un Stel- laria, le Fraisier sauvage, un Érable, un Géranium et une Uonce. Des Mousses et des Lichens tapissaient le bord des chemins. Mais ces plantes, il faut le dire, étaient accompagnées d'un grand nombre de genres tropicaux qui montraient que l'on était encore bien au-dessous de la zone tempérée. A. partir de ce point, le chemin montait a travers une forêt magnifique de Châtaigniers, de Noyers, de Chênes et de Lauriers. On pourrait difficile- ment concevoir, dit le docteur Hooker, quelque chose de plus grandiose que la masse de végétation présentée par ces arbres élevés, dont les troncs disparaissaient quelquefois sous les fleurs des épiphytes qui y avaient pris naissance. Quelques-uns des plus âgés n'étaient plus, pour ainsi dire, que des faisceaux de liaues entrelacées: c'étaient des Araliacées, des Légumi- neuses, des Vignes, des Ménispermees, des Hydrangea et des Poivriers dont les rameaux circonscrivaient un creux occupé jadis par l'arbre auquel leur étreinte avait donne une mort précoce. Du sommet et. de tous les côtés de ces piliers végétants pendaient des branches flexibles tantôt feuillées, d'au- tres fois nues, jetées comme des câbles d'un arbre a un autre et balançant à la brise de grands bouquets de Fougères ou d'Orchidées perches sur leurs anses élevées. Des Mousses pendantes et des Lichens se rencontraient aussi eu profusion dans cette forêt, que nourrissait une humidité perpétuelle. Le docteur Hooker passa la saison pluvieuse de 1848 dans l'établissement 150 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. sanitaire de Dorjiling, dernière possession anglaise dans le Sikkim, à une élévation d'environ 7,100 pieds et en vue des pics les plus élevés de l'Hi- malaya. Douze d'entre eux s'élevaient à plus de 20,000 pieds, et l'un d'eux, le Kinchinjunga, atteignait 28,178 pieds d'altitude; le mont Chumulari, autre géant (23,928 pieds) des Andes du Thibet, était visible d'une éleva- lion voisine (le Sinchul), pendant l'ascension de laquelle notre auteur fit connaissance avec quelques-uns des admirables Rhododendrons dont il a réussi à enrichir nos jardins. « Dans les mois d'avril cl de mai, dit-il, quand les Magnolias et les Rhododendrons sont en fleur, la végétation fastueuse du Sinchul ne le cède en rien, sous certains rapports, à celle des tropiques; la beauté de l'effet est cependant bien diminuée par la tristesse constante de la saison. Le Magnolia a fleurs blanches (M. excelsa, \\ ail.) est un des ar- bres qui prédominent à une élévation de 7,000 à 8,000 pieds, et en 1848 il a Henri si abondamment, qu'il semblait que sur les larges lianes du Sin- chul et d'autres montagnes de la même élévation, on eût répandu de la neige. L'espèce à Heurs purpurines {M. Campbellii) ne se montre guère au- dessous de 8,000 pieds; c'est un grand, mais bien vilain arbre, à écoree noire et à rameaux peu nombreux, dépourvus de feuilles en hiver et durant la floraison, mais émettant alors de leur extrémité de grandes fleurs campa- nulées d'un rose purpurin, dont les pétales charnus couvrent tout le sol d'alentour. » Sur ses branches et sur celles des Chênes et des Lauriers croit épiphyti- quement le Rhododendron Dalhousiœ, grêle arbrisseau qui porte à l'extrémité de ses rameaux trois à six cloches blanches à odeur de citron, d'une dou- zaine de centimètres de largeur. Le Rhododendron à Heurs écarlates est 1res rare dans ces bois, mais celui-ci est bien surpassé par le fi. argenteum, qui devient un arbre de M pieds, avec des feuilles magnifiques de 3 à h dé- cimètres de longueur, d'un vert foncé au-dessus et argentées au-dessous, et des fleurs aussi grandes que celles du II. Dalhousiœ. Rien n'est plus beau qu'un rameau fleuri de II. argentewn avec son large feuillage et ses masses de corolles. Des Chênes, des Lauriers, des Érables, des Rouleaux, des Hy- drangea, une espèce de Figuier (qui occupe le sommet même de la mon- tagne), et trois genres chinois et japonais, constituent les traits principaux de la végétation forestière de cette partie du Sinchul. 'Au-dessous de cette région, c'est-à-dire au-dessous de Dorjiling, les zones de végétation sont bien caractérisées entre 6,000 et 7,000 pieds par : 1° Le Chêne, le Châtaignier et les Magnolias, qui caractérisent également la végétation entre 7,000 et 10,000 pieds; 2" immédiatement au-dessous de 6,500 pieds apparaît une Fougère en arbre (Alsop/rilagigantea, Wall.), es- pèce largement répandue, commune a toute la partie de l'Himalaya qui s'étend du Népaul vers l'est, et se retrouvant dans la péninsule malaise, a Java et a Ceylan; 3° une espèce de Palmier du genre Calamus et un Plec- REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 151 tocomia, Ce dernier s'élance jusqu'aux cimes des plus hauts arbres et s'étend à travers la forêt jusqu'à une distance de près de kù mètres de sa souche. Jl se rencontre jusqu'à 6,500 pieds, limite supérieure des Palmiers dans le Sikkim Himalaya; mais il est le seul qui atteigne à cette hauteur. 4° Enfin, un dernier trait caractéristique est présenté par un Bananier sauvage qui s'élève presque à la même hauteur que la plante précédente. A des niveaux inférieurs, cette espèce est remplacée par une autre un peu plus grande; toutes les deux produisent de petits fruits âpres, pleins de graines et nulle- ment comestibles. L'espèce à fruits gros et sans graines, mais peu savou- reux, que l'on cultive communément dans le Sikkim , n'est pas indigène. » Le docteur Hooker n'obtint qu'avec beaucoup de peine des autorités in- digènes du Sikkim la permission de pousser au delà de Dorjiiing, et en par- ticulier de visiter les hautes passes de l'Himalaya au Thibet. Cependant, après bien des délais, cette permission lui fut enfin accordée, et il s'équipa aussitôt pour une expédition de trois mois qui devait le porter aussi près que possible de la masse principale de Kinchinjunga, Suivons-le dans son as- cension. A 8,000 pieds, il rencontre les premières Conifères et tout d'abord VAbies brunoniana, belle espèce, affectant la forme d'une pyramide obtuse, avec des branches étalées comme celles du Cèdre. Elle est inconnue dans la chaîne extérieure, et occupe, sur l'intérieure, une zone moins élevée de 1,000 pieds que celle du Sapin argenté (A, Webbiana). On rencontre vers ce niveau un assez grand nombre de plantes subalpines des genres Leyces- teria, Thalictrum, Rosa, Gnaphalium, Alnus, Betula, Ile.r, Herbert*, Hubus, etc., des Fougères, des Anémones, des Fraisiers, le Bambou alpin et des Chênes. Plus haut, notre voyageur vit des Genévriers se mêler aux Sapins ar- gentés, et ces arbres furent bientôt remplacés par des Rhododendrons tou- jours verts, répandus sur les pentes en immense profusion et entremêlés çà et là de buissons de Rosiers, de Spirœa, de Genévriers nains et de petits Bouleaux, de Saules, de Chèvrefeuilles, d'Epine-vinettes et d'une espèce de Sorbier. A 12,000 pieds, la végétation était presque uniquement constituée par une multitude d'espèces de Rhododendrons qui formaient, sur les pentes escarpées, une zone continue de 1,000 pieds de largeur. Un petit Andromède éricoïde s'y faisait aussi remarquer, et, sur les bords du chemin, le bota- niste put cueillir deux plantes émigrées de sa patrie lointaine, le Poa annua et la Bourse du pasteur. A 13,000 pieds, le sol se trouva partout dur et gelé, et à 18,000, laneige jonchait tout le flanc de la montagne et s'élevait a près d'un mètre de chaque côté du sentier. Le voyageur atteignit enfin le sommet de la passe, situé a 16,7f)0 pieds au-dessus du niveau de la mer, cl trouva encore à y 152 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. récolter plusieurs espèces de Composées, des Graminées el un Arenaria, L'espèce la plus curieuse était le Saussurea gossypina, qui forme de grandes massues revêtues d'une laine blanche et liés douce, au toucher, hautes de o décimètres environ. L'espèce de couverture donnée par la nature a cette plante est à peu près exceptionnelle dans l'Himalaya ; les genres alpins qui y sont le plus répandus, tels que Arénaires, Primevères, Saxifrages, Fume- terres, Renoncules, Gentianes, Graminées et Cypéracées, ayant un feuillage parfaitement nu. L'année suivante, 1SA9, le docteur Hooker entreprit un second voyage à travers le cœur du Sikkim , et atteignit des hauteurs plus considérables encore que celles auxquelles il s'était élevé précédemment. Dans l'une de ses excursions vers la frontière du Thibet, sur une des crêtes de l'Himalaya appelée Kongra Lama, il recueillit, au-dessus de H, 000 pieds, 200 espèces de plantes, parmi lesquelles se. trouvaient 10 Crucifères, 20 Composées, 10 Renonculacées, Alsinées, 10 Astragalées, S Potentillées, 12 Graminées, 15 Pédiculaireset 7 Borraginées. Sur le sommet des hauteurs qui surplombent la haute vallée de Lachen , et à une altitude de 17,000 pieds, notre voyageur nous montre des trou- peaux de moutons broutant les touffes d'uni' petite Cypéracée voisine de notre Carex pulicaris, entremêlées d'autres touffes formées par le Festuca ovina. Sur ces sommités arides, se voyaient encore plusieurs plantes arcti- ques naines, eu société du Rhododendron nivale, la plus alpine des plantes ligueuses. Les pentes stériles donnaient naissance à une plante curieuse , voisine du Cherleria de nos hautes montagnes , V Arenaria rupi- fraga, Fenzl. , qui forme sur le sol des masses hémisphériques de 2 ou 3 décimètres de diamètre , et ressemblant beaucoup, pour le port, au Bolax glebaria des îles Falklaud. Fnlin , le 9 septembre 1 îS /i 9 , notre botaniste arriva a l'apogée de la flore de l'Himalaya, en atteignant sur le mont Donkia une élévation de 19,300 pieds. La passe elle-même est à environ 18,500 pieds , et se trouve située au-dessous de la limite inférieure des neiges perpétuelles que le docteur Hooker y fixe a environ 19,000 pieds. V Arenaria rupifraga est la seule phanérogame que l'on rencontre encore a cette hauteur : le Festuca ovina, un Saussurea (1) et une petite fougère (Woodsia), s'approchent cependant d'assez près du sommet, ou l'on voit plusieurs Lichens, tels que le Cladoniavermicularis , le Lecidea geographica (une des plantes les plus universellement répandues) , et le /., miniatu , au thalle orange, ainsi (pie quelques Mousses stériles. (1) Un Saussurea laineux à fleurs roses, ci le Delphinium glaciale, sont deux des plantes qui s'élèvent le plus haut dans l'Himalaya, leur habitat étant entre 17,500 et 18,000 pieds. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 153 \ son retour;. Dorjiling, vers la fin de l'année $49, le docteur Hooker fat joint par le docteur Thompson . qui revenait de son côte d'une expé- dition dans le nord-ouest de l'Himalaya et le Thibet. Ils passèrent l'année 1850 à voyager et à récolter , et regagnèrent ensemble l'Europe en 1851. Le docteur Thompson ayant obtenu du gouvernement de l'Inde laper- mission de distribuer ses collections botaniques, qui . pour l'étendue et la valeur, égalent celles du docteur Hooker, les deux voyageurs se sont dé- cides à les réunir. La collection ainsi formée , constitue un herbier de 6,000 à 7,000 espèces indiennes, et comprend en outre nu nombre immense d'échantillons doubles, que ces botanistes s'occupent , en ce moment , a nommer, et qu'ils se proposent de distribuer entre soixante des princi- paux herbiers publies et particuliers de l'Europe , de l'Inde et des Etats- Unis. BOTANIQUE APPLIQUÉE. Traité des plantes médicinales indigènes , précédé d un Cours de botanique, par Vutonin Bossu, docteur en médecine. Ouvrage accompagné d'un atlas de 60 planches gravées sur acier, représentant les organes des végétaux, les caractères de chaque famille, et 270 plantes. Paris, 1854, in-8°. L'auteur annonce qu'il n'a pas eu la prétention de publier un livre dans lequel la science présentera quelques points de vue nouveaux ; il s'applique « a exposer, succinctement les principes élémentaires, les fondements théo- riques et les déductions pratiques des traités ex professo, trop étendus pour être lus. trop savants pour être compris, trop chers pour être achetés par le commun des hommes. » La première partie, de cet ouvrage comprend les éléments de botanique que l'auteur a empruntes a plusieurs sources, et particulièrement au pro- fesseur Achille Richard. L'histoire de chaque famille est suivie d'un examen général très rapide des usages des plantes qui y sont comprises. La seconde partie, plus étendue, renferme l'histoire particulière des plantes médicinales, divisées en sept groupes correspondant aux sept classes fondamentales de médicaments. Sous le titre de Préparation* et dovs, sont notés les divers modes d'administration des médicaments et les cas les plus favorables a leur emploi. La réunion de toutes ces matières forme un volume de 840 pages, non compris l'atlas du même format, dont les planches laissent un peu a désirer quant a leur exécution artistique Ihll SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Sur Bes propriétés tinctoriales «les l/icliens. INI. Laucler Lindsay a présente à la Société botanique d'Edimbourg, dans sa séance du 13 avril dernier, le tableau des résultats de cinq à six cents expériences qu'il a faites, il y a deux ou trois ans, sur les propriétés tinc- toriales des Lichens. Sa communication a pour but d'appeler l'attention sur ce fait, que l'Ecosse possède des Licbens capables de fournir des teintures presque, sinon tout à fait égales en beauté à celles qu'on retire des Roccellu tinctoria et fuci- formis et du Lecanora tartarca. {Armais and Magazine ofnatural histonj, juin 185k, p. :>03.) Ueber Kultur «1er Orolmiiclien {Sur la culture des Orobanches), par JNJ. G. Tittelbacb, attaché au Jardin botanique de Schœneberg. Brocb. in-8° de 5 pages, récente, mais sans date. Les Orobanches sont généralement vivaces; cependaut, quelques-unes sont annuelles , et ce sont celles qui vivent sur des plantes annuelles et bisannuelles. Pour celles-ci , il est évident qu'on ne peut songer qu'à la multiplication par graines ; mais les expériences de M. Tittelbacb prouvent que ce mode de propagation est aussi le seul qui soit possible pour les pre- mières. Naturellement les graines qu'on sème doivent être parfaitement or- ganisées et mûres, et les insuccès auxquels on est arrivé dans beaucoup de tentatives de semis de ces plantes tiennent à ce qu'on en avait pris les graines sur des échantillons d'herbier cueillis trop tôt après la floraison. On sème les graines des Orobanches annuelles au printemps, en même temps que celles de l'espèce qui doit les nourrir, ou peu après celles-ci , à la même profondeur , c'est-à-dire à environ 1 pouce en terre : par exemple, ïOrobanche ramosa avec les graines du chanvre, VO. pruinosa avec les fèves, etc. Pour les espèces vivaces , on réussit surtout en en semant des graines dès leur maturité, vers la fin de l'été ou en automne, sur des pieds très vigoureux , des plantes nourricières dont on met à nu quelques raci- nes. On a reconnu que les très petites graines des Orobanches ne se déve- loppent que sur de très jeunes racines, lu) semant a la lin d'août ou sep- tembre, les jeunes plantes germent avant l'hiver , et ne produisent leur tige florifère que l'année suivante. Si le semis est fait sur une plante en pot, il est bon de répandre les graines vers la circonférence, là où se trouve la plus grande quantité de racines; ou ad'ailleurs ainsi l'avantage de pouvoir suivre l'évolution des jeunes plantes, en retirant pour un moment la motte de son pot pour l'examiner. Pour éviter que la plante mère ne soit affamée, dès que les jeunes Orobanches sortent de terre, on transplante le tout dans un pot plus grand. Généralement les graines de ces parasites germent en peu de REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 155 temps; mais la souche des jeunes plantes est très lente a croître, reste longtemps avant de se développer complètement. Ainsi l' Orobanche Hederœ végète sous terre pendant un an et demi avant d'émettre sa tige florifère. La germination parait se faire de telle sorte que l'embryon s'allonge jus- qu'à ce qu'il rencontre une racine très jeune à laquelle il s'attache. Alors l'extrémité correspondante a la tige forme un épaississement tubéroïde , revêtu d'écaillés, dans lequel s'amasse l'aliment pour la tige florifère. Pendant ce temps , des portions de la souche qui entourent le point d'at- tache de l'Orohanche naissent dans tous les sens des racines courtes et épaisses, qui s'étendent dans le sol, et pour lesquelles on ne sait si elles absorbent les matières alimentaires dans le sol , ou si ce sont de simples crampons. Si la tige florifère se développe la première année, le parasite meurt après la floraison , sa portion tubéroïde , souterraine , n'ayant pas le temps de se remplir de nouvelles matières nutritives : cela se passe non- seulement chez les espèces annuelles, mais encore chez les vivaces, ainsi que l'auteur l'a vu plusieurs fois chez Y Orobanche tninor. M. Titteibach a vu de vieux pieds de Lathrœa squamaria , qu'il avait mis en pot, pour être certain qu'ils n'étaient plus nourris par les racines de la plante mère, continuer a végéter, fleurir au printemps suivant, et déve- lopper des graines. I! a vu aussi le Lathrœa clandesttna végéter et fleurir parfaitement dans un état d'isolement complet. Cependant il n'a pu faire germer les graines de la première de ces espèces ni eu les jetant sur des racines de jeunes Chênes, Marronniers, Frênes, Ormes, ni en les semant dans la terre. N. B. Qu'il nous soit permis de dire , a propos du travail dont on vient de lire l'analyse , que M. Durieu de Maisonneuve , l'un des hommes les plus habiles que nous connaissions en matière desemi^ , a réussi , il y a déjà plusieurs années, à faire germer des graines d'Orobanches en les répandant sur les racines des plantes qui nourrissent habituellement ces parasites. L'auteur de cette note doit à .M. Durieu lui-même la communi- cation de ce renseignement intéressant. Il doit ajouter que lui-même a essayé, il y a plusieurs années, de faire germer des graines parfaitement mûres de Lathrœa dandestina, et que ses tentatives a ce sujet ont été in- fructueuses comme celles que M. Titteibach a faites pour le Lathrcea squa* maria. MÉLANGES ET SOl'VULLES. Une découverte intéressante pour la Flore française vient d'être faite près de Bordeaux. M. Durieu de Maisonneuve, a qui rien n'échappe dans une exploration botanique, a trouvé le Zostera nana croissant en grande abondance dans le bassin d'Arcacbon , ou il reste a découvert lorsque la marée est basse. Cette plante est si commune dans cette localité, qu'on a peine a s'expliquer comment elle a échappé jusqu'à ce jour a tous les re- gards; peut-être ses petites dimensions l'ont-elles fait prendre pour le Zos- tera marina encore très jeune, l/hidigénat de cette espèce intéressante était jusqu'à présent un peu douteux; le seul botaniste sur l'assertion duquel on l'avait admise comme appartenant a notre flore était Delile, qui l'avait indiquée comme croissant dans les eaux de la Méditerranée, près de Mont- pellier. — M. Bourgeau. dont les botanistes ont appris, il y a peu de mois, le départ pour l'Espagne, est de retour a Paris depuis quelques jours. Bien qu'il n'ait pu mettre entièrement a exécution le plan de voyage qu'il s'était trace, et que les circonstances politiques au milieu desquelles il s'est trouvé l'aient mis dans l'impossibilité d'explorer la Sierra de Gredos, ainsi qu'il en avait le projet, il a pu former de belles collections préparées avec le soin et l'habileté qu'on lui connaît. Ces collections seront mises en distribution lorsque les botanistes distingués auxquels on doit la détermination des col- lections antérieures du même voyageur, MM. Gay et Cosson. en auront ter- miné l'arrangement et la classification. Les localités explorées cette année par M. Boureeau sont : les environs de Madrid, la Sierra de Guadarrama et les montagnes de Tolède. BIBLIOGRAPHIE. Flore (!<■ l'arrondissement d'Hazebrouck, ou Description dos plantes du nord delà France. Ouvrage élémentaire, méthodique et médical, disposé selon le système de Linné, avec la concordance des familles naturelles de Jussumi : par Yandamme (Henri), pharmacien à Hazebrouck. - Taris et Hazebrouck , 1856, i"-8" de '268 pages. Considérations sur la in du pommier et sur sa plantation E FRANCE. 1800 mettes, en partant du fond de la vallée, seul point où il nous fût permis de camper. Il nous a pourtant été possible de nous assurer que les sommités ne présentaient pas une végétation distincte de celle des points que nous avons explorés. La végétation du Djurdjura peut se partager naturellement en plusieurs zones : 1° Zone Inférieure, caractérisée par l'Olivier, le Figuier et le Frêne (Fraxinus australis, qui remplace là le F. dimorpha de l'Aurès). 2° Zone moyenne, caractérisée par la culture de la Vigne, par la présence de Y Acer rnonspessulanum et de Y A. neapolùanum, Tenore (espèce nouvelle pour l'Algérie), et surtout par les bois de Quercus Ballota, entremêlés de {). Mirbeckii. A la limite de cette zone se trouve Yllex Aquifolium, dont quelques individus atteignent un mètre de circonférence; on y observe éga- lement le Ruscus aculeatm. 3° Zone supérieure. Cette région de la montagne est boisée dans toute son étendue ou seulement dans sa partie la moins élevée. Là se rencontrent les espaces couverts de Cèdres. On y voit aussi quelques pieds d'Ifs; l'un de ces derniers arbres, tronque il est vrai par le vent, se ramifiait, dès la base, en trois troncs, dont chacun, mesuré à un mètre du sol, ne présentait pas moins de 4 mètres 80 centimètres de circonférence. On y retrouve Y Acer rnonspessulanum, qui, sur les sommités, forme des buissons rabougris. La zone inférieure ne nous a guère offert que les plantes des montagnes du Sahel d'Alger. Cependant, à sa limite supérieure, nous avons recueilli un magnifique Isatis (voisin de 1'/. alpine, ou plutôt d'une espèce décrite, je crois, par M. Spacb dans les 11 lustrât iones plantarum orientalium), et le Santolina incana, Lagasca. La zone moyenne est plus riche en plantes remarquables, sans présenter toutefois un grand nombre d'espèces nouvelles pour l'Algérie. A la zone supérieure appartiennent les espèces les plus intéressantes : Berberis œtnensis, Juniperus nana, Hanunculus multifidus, Avenu macro- stachya, Vicia glauca et onobrychioides, Paronychia aurosiaca, Asphodeline lutea, Amelanchier vulgaris, Draba hispanica, Buplevrum spinosum, Cala- mintha alpina , Carduncellus atractyloides, Cerastium brachypetalum , un Sedum vivace à feuilles plaues, etc. La plante la plus remarquable de ces sommités est une Borraginée appartenant au genre Mattia, voisin des Cyno- glossum, dont il diffère par le fruit lisse, bordé d'une membrane, et par les étamines exsertes. Je crois avoir vu cette plante ou une espèce voisine dans la collection des plantes recueillies en Orient par M. Kotschy. L'exploration de nos montagnes algériennes sera complétée par nos ex- cursions dans le petit Atlas et dans l'Ouarsenis. — Je me vois forcé, par l'impatience de mes compagnons de voyage (MM. H. de la Perraudière et Gallerand), de renoncer a vous donner plus de détails, car il nous faut, dans SÉANCE du 26 JUILLET 1854. 1«55 quelques minutes, monter à cheval pour visiter la montagne d'Aïn-Telazit. Demain nous partons pour Médéah, par les gorges de la Chiffa; de la nous nous rendrons à Milianah, point de départ de notre voyage dans l'Ouar- senis, que nous commencerons en traversant la belle forêt de cèdres de Teniet-el-Haad. Je ne vous parle pas de notre santé , car elle a été parfaite jusqu'à présent ; nous n'avons pas eu à souffrir de la chaleur, l'année étant, en Afrique comme en France, exceptionnelle par la fréquence des pluies. M. Germain de Saint-Pierre fait à la Société la communication suivante : DE LA STRUCTURE REMARQUABLE DU BULBE CHEZ VAGRAPHIS GAMPANULATA, par M. E. GERMAIN DE S \ i \ I - 1 R | Au nombre des faits les plus remarquables appartenant à la série des observations qui font l'objet de mon traité encore inédit de Rhizo- graphîe, ou histoire des tiges souterraines et des racines, on peut placer en première ligne le mode de développement du bulbe de YAgraphis campa- nulata, Link [Scillacampanulata, Ait.). Je suis redevable d'avoir porté mon attention sur cette plante, à M. Lloyd (auteur de la Flore de l'ouest de la France). Le 28 mars 1851, M. Lloyd m'adressa plusieurs bulbes de cette plante en pleine végétation : « Je vieus, » m'écrivait M. Lloyd , de déplanter dans mon jardin un Scilla (S. cam- » panulata) qui offre une végétation assez curieuse : une souche charnue » actuellement croissante, en forme de radis long , horizontale ou oblique, » doit probablement servir à continuer la plante pour l'année prochaine ; » une semblable souche de l'année dernière lui a donné naissance ; d'autres » croissent aussi quelquefois sur celle-ci. Des feuilles et des racines sortent » saus ordre de différents points de la vieille souche, qui devient flasque et » se dessèche en vieillissant. » Cette description piqua vivement ma curiosité, et la vue de la plante elle-même ne lit qu'accroître cet intérêt pour un mode de végétation qui me parut tout exceptionnel et digne de la plus scrupuleuse attention. Dans l'empressement amical que M. Lloyd avait mis à me faire part de ce fait intéressant de biologie végétale, il s'était contenté de décrire l'aspect extérieur du bulbe. La structure exacte de ce bulbe se fût immédiatement révélée à cet habile et consciencieux botaniste, s'il en eût pratiqué une coupe longitudinale. Ayant, en effet, coupé longitudinalement, par le centre de son axe, l'un de ces singuliers bulbes, je pus reconnaître la structure et la disposition suivantes : 1(36 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANGE. Un bulbe étroit et d'une, longueur démesurée relativement à sa largeur, a parois flasques et tendant à une destruction prochaine , renfermait dans une cavité centrale irrégulière de jeunes bulbes échelonnés et superposes a de longs intervalles irréguliers; les feuilles de ces jeunes bulbes, d'une part, et leurs racines, d'autre part, s'étaient fait jour à travers les pa- rois de l'ancien bulbe, en traversant ces parois comme un corps inerte , comme une sorte de terrain, qui ne présenterait aucune résistance. Enfin, un ou plusieurs des jeunes bulbes émettaient une sorte de racine pivotante dauci forme et d'un blanc nacré, charnue, seule ou accompagnée d'autres racines plus grêles. C'est cette racine principale, qui m'avait été signalée comme une sorte de stolon destiné à continuer la végétation de la plante. Je me hâte d'ajouter que cette racine très remarquable présente tout à fait l'aspect de certains stolons ; j'en ai fréquemment observé d'analogues chez les Hyacinthus et chez plusieurs autres Liliacées bulbeuses, et j'ai cherché par de nombreuses expériences (qui trouveront place dans mon Traité de Rhizographié) à m'assurer si ces racines dauciformes, que je n'ai trouvées signalées nulle part, ne seraient pas d«s stolons rudimentaires, susceptibles, dans quelques cas exceptionnels, de se développer en slolons bien caractérisés. L'insertion de cette racine dauciforme qui m'a paru partir, en général, du centre de la base du plateau , et non de l'aisselle d'une tunique , comme cela aurait lieu si elle constituait réellement une sorte de stolon ; l'absence complète de feuilles squamiformes rudimentaires a la surface de cet or- gane ; certains cas où l'on peut observer toutes les nuances entre ces racines volumineuses et les racines les plus minces, m'ont amené à conclure que ces organes sont de véritables racines, destinées par la nature à constituer un réservoir de principes nutritifs. En effet, lorsque les jeunes bulbes ne trouvent plus de matériaux nutritifs dans les tuniques épuisées du bulbe mère, ils paraissent grossir aux dépens de leur racine dauciforme, laquelle s'épuise successivement, se ride et se flétrit à son tour, puis se détache en laissant une large cicatrice a la base du bulbe. Après avoir constaté la structure réelle des bulbes que j'avais sous les yeux , je les plantai en pots , afin de pouvoir suivre commodément et sans crainte d'erreurs les périodes successives de leur végétation. Au bout de peu de jours, les tuniques du bulbe mère, complètement molles et gélatiniformes , tombaient par lambeaux, et marchaient à une complète destruction ; les jeunes bulbes dépouillés de l'enveloppe mère étaient devenus libres et conservaient naturellement entre eux la distance qui les séparait dans le bulbe mère ; ceux dont les racines étaient pe- tites se comportant absolument comme ceux qui présentaient une racine charnue dauciforme. Chez quelques individus la racine pivotante présen- SÉANCE DL 2(5 JUILLET 185/1. 167 tait déjà des plis transversaux, indices d'un commencement d'épuisement. La coupe longitudinale des jeunes bulbes, alors subglobuleux ou ovoïdes, montrait qu'ils étaient formes d'une masse indivise, les feuilles naissant de leur partie supérieure. Au bout d'un certain temps, ces bulbes s'étaient singulièrement allongés, leurs feuilles s'étaient détachées et leur racine pi- votante était complètement épuisée. Vers le mois d'août de la même année, ces mêmes bulbes avaient pris la forme d'un long rhizome quelquefois tortueux : leur sommet tronque présentait la cicatrice des feuilles détruites, et leur base présentait une cicatrice circulaire correspondant à la naissance de la racine pivotante (détruite ainsi que les autres racines*. La coupe longitudinale des bulbes à cet elat était fort intéressante ; en effet, au lieu de la masse solide de l'état précèdent, on distinguait plusieurs tuniques libres, dans leur partie supérieure, selon une étendue variable; et au point où chaque tunique cessait d'être adhérente on remarquait un petit bourgeon globuleux et indivis, premier état d'un jeune bulbe pour l'année suivante; enfin le bulbe était tubuleux jusqu'à sa base, et la partie infé- rieure et dilatée de la cavité centrale était occupée par un bourgeon foliacé assez développé. Ce bourgeon, destine à fleurir au printemps suivant, était le bourgeon central ou terminal du bulbe. Ces bulbes rhizoraorphes restèrent stationnai res dans cet état pendant tout l'automne, je les sortis de terre le *2l) décembre de la même année; des changements importants s'étaient opères ; les bulbes présentaient de jeunes racines à leur base et sur différents points de leur longueur; un bourgeon central, sortant de l'intérieur des tuniques tronquées, s'allongeait au delà de ces tuniques, et d'autres bourgeons commençaient a poindre de distance en distance, en déterminant par leur éruption des déchirures laté- rales dans les parois du bulbe mère. Des coupes longitudinales me démontrèrent alors que toutes les racines de nouvelle formation étaient émises par les bourgeons ou jeunes bulbes, et non par le bulbe devenu bulbe mère. Néanmoins, le bourgeon central, qui était la continuation du bulbe mère , avait aussi émis des racines en même temps que les bourgeons axillaires; mais ce bourgeon central, bien que con- tinuant l'axe du bulbe mère, est doué d'une individualité distincte aussi bien que les bourgeons latéraux , et les racines qu'il émet n'ont aucun rap- port d'insertion avec les racines émises par le bulbe mère pendant sa pre- mière période (racines depuis longtemps détruites) . Les racines nouvelles traversent les parois de la partie ancienne du bulbe, comme elles traverse- raient un corps inerte , et de la même manière que les racines des bulbes axillaires traversent les mêmes parois. Pendant les intervalles de gelée de l'hiver suivant, les jeunes bulbes con- tinuèrent à se développer; vers la fin de mars les bulbes mères fleurirent , et vers le commencement d'avril, les bulbes étaient a l'état qui m'avait été 108 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. communiqué l'année précédente , et par l'examen duquel j'ai commencé cette étude. Le bulbe de VAgraphis campanulata présente donc des tuniques soudées pendant une certaine période de son existence , et ces tuniques deviennent libres plus tard. — Ce bulbe, globuleux dans son jeune âge. s'allonge ensuite et prend la forme d'un rhizome. —Enfin, et j'insiste spécialement sur ce point, les bourgeons naissent non pas à l'aisselle réelle des feuilles, mais au point où ces feuilles soudées entre elles deviennent libres. Ces bourgeons et leurs racines traitent le bulbe mère comme un corps inerte, et le traversent dans tous les sens en déchirant ses parois constituées par les tuniques libres ou soudées. Ce bulbe, qui emprunte la forme d'un rhizome , ne semble-t-il pas être, dans certaines limites, un exemple démonstratif de la théorie de la structure des tiges émise par Lahire et développée par Dupetit-Thouars , puis par M. Gaudichaud , théorie à l'appui de laquelle j'ai produit à mon tour un certain nombre d'arguments et d'observations nouvelles? Ne pourrait-on pas, en effet, voir dans le bulbe solide un axe composé , pendant une première période, de feuilles étroitement soudées entre elles ; puis cet axe, pendant une deuxième période, pourvu de nouveaux éléments qui résultent du développement de bourgeons a différents points de sa lon- gueur, ces bourgeons émettant des racines qui cheminent dans une certaine étendue à travers la substance de cet axe décomposé (que l'on pourrait nommer un rliizo-bulbe) ? Cet axe anormal ne présente point de canal médullaire central : cela ne saurait être puisqu'il s'agit d'une plante monocotylée. La coupe transver- sale de ce rbizo-bulbe présente en réalité une sorte d'analogie avec la coupe transversale d'une véritable tige chez les monocotylées : indépendamment des faisceaux fibreux de la première année et qui appartiennent aux feuilles soudées, de nouveaux faisceaux descendent ultérieurement des bourgeons, à travers les faisceaux primitifs : ces nouveaux faisceaux, dont le centre pré- sente un cercle fibro-vasculaire, sont des racines. Je ne veux pas dire cependant que l'apparente analogie que je signale dans la structure de ces rhizo-bulbes , et la structure des tiges chez les monoco- tylées, soit une analogie bien complète ; évidemment la disposition des tissus est différente chez les racines libres qui descendent des jeunes bulbes à travers la substance du bulbe mère, et chez les faisceaux radiculaires qui descendent des bourgeons chez les véritables tiges et font corps avec elles en contribuant à l'accroissement de son diamètre; mais l'origine des deux productions me parait être la même. Un observateur attentif surprend quelquefois la nature ébauchant en quelque sorte un type général dans la production incomplète ou approxi- mative d'un type exceptionnel, et loin de rejeter dédaigneusement ces faits, SÉANCE DU 26 JUILLET 185/|. 169 comme des jeux ou des caprices de la nature, il doit les mettre eu évidence et en faire l'objet de ses méditations, jusqu'à ce qu'il ait pu réussir à com- prendre l'enseignement renfermé dans cette anomalie (1). M. Trécul necroitpas que la direction, dans le rhizome, des racines observées par M. Germain de Saint-Pierre soit un fait qui milite en faveur de la théorie de Dupetit-Thouars et de Gaudichaud. Il a vu lui-même, dans une pomme de terre, une racine partie de la base d'un bourgeon adventif traverser tout le tubercule. M. Lesliboudois ajoute que souvent les racines adventives se déve- loppent dans des tissus qui ne contribuent pas à leur formation. II a vu un Pelargonium zonale présenter une végétation très vigoureuse sur un tronc pourri à sa base. La partie supérieure de la plante avait envoyé des racines à travers toute l'écorce de la partie infé- rieure désorganisée. Cette marche des racines ne lui paraît pas non plus une preuve en faveur de la théorie de Dupetit-Thouars. S'il est un fait, dit-il, qui puisse, en apparence, rendre cette théorie plausible , c'est le cours descendant de la sève et la formation des parties nouvelles de haut en bas. Mais le fond de cette théorie reste inadmissible, parce que, dans toute leur étendue, les tissus de nouvelle formation sont en réalité formés par les tissus anciens , sur lesquels ils reposent et avec lesquels ils sont continus. M. Germain de Saint-Pierre reconnaît que les faits qu'il a observés chez YAgraphis campanulata sont, en effet, analogues à ceux qui viennent d'être rapportés. Les racines descendent d'un bourgeon à travers un tissu inerte qui leur sert en quelque sorte de terrain. Néanmoins il pense que ces faits, dans certaines limites, viennent à l'appui de la théorie de Dupetit-Thouars et de Gaudichaud. M. le Président fait observer que cette théorie est ici hors de cause, et que sa discussion entraînerait beaucoup trop loin. M. de Schœnefeld présente à la Société un échantillon deSemper- vivum tectorum en fleur, et donne, à cette occasion, lecture de la note suivante : (1) VAgraphis campanulata n'est pas la seule espèce du genre qui présente celte curieuse structure; VAgraphis patula, et même noire Agraphis nutans, pré- sentent une structure analogue, mais les phénomènes signalés plus haut s'y obser- vent à un bien moindre degré, le bulbe restant souvent globuleux chez ces espèces, malgré une certaine tendance à l'élongation. 170 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. NOTE SI li L'INFLORESCENCE DU SEMPERVIVUM TECTORUM, par M. W. DE M IKIMIII ». Deux de nos honorables confrères ont récemment présenté à la Société des observations pleines d'intérêt sur l'inflorescence des Graminées, el parti- culièrement sur les différents axes auxquels doivent être rapportées certaines parties de l'epillet. Je crois pouvoir, à mon tour, saisir l'occasion de signaler, chez une, plante très éloignée des Graminées, quelques faits qui ont une certaine analogie avec les difficultés que présente la structure de l'epillet, car il s'agit aussi d'axes de divers degrés, et de feuilles ou de bractées qu'on est tenté, au premier abord, d'attribuer a un axe auquel elles n'appartiennent pas en réalité, .l'ignore d'ailleurs entièrement si ces faits ont déjà été remarqués et publies quelque part. Voici un Sempervivum tectorum que j'ai cultivé ou plutôt conservé sur une fenêtre pendant plusieurs années et qui porte des fleurs en ce moment. Eu examinant son inflorescence, j'ai été frappé d'un fait assez singulier et qui est dû vraisemblablement a l'extrême rapidité avec laquelle s'est al- longé l'axe principal. Les feuilles de cet axe, déjà presque toutes fort déve- loppées au moment où ce brusque allongement s'est effectue, sont pour ainsi dire restées en arrière et n'ont pas complètement suivi l'évolution de l'axe. Il en resuite que ces feuilles se trouvent placées à une certaine dis- tance au-dessous des points qu'elles devraient occuper, et où les bourgeons ou rameaux latéraux, nés dans leur aisselle, se détachent de l'axe princi- pal. Cette distance, qui sépare l'insertion de la feuille du point où se détache le rameau latéral, est à peu près nulle dans le bas de la tige, où l'on voit les bourgeons (avortés) situés presque exactement dans l'aisselle des feuilles; mais elle devient de plus en plus grande a mesure que l'on s'élève vers la partie supérieure de l'inflorescence. On peut en suivre aisément la gradation successive, et quand on arrive presque au sommet, on voit le point où chaque rameau florifère se détache de l'axe, sépare de la feuille dans l'ais- selle de laquelle il prend naissance par deux ou trois mérithalles. dont, les deux ou trois feuilles sont situées dans I intervalle, sur les autres côtés de la tige. Enfin, lorsqu'on atteint l'extrémité de l'inflorescence, on voit une chose plus remarquable encore. I.e phénomène se reproduit en petit sur les derniers rameaux floraux ou axes secondaires, et les feuilles de ces rameaux restant, elles aussi, en arrière, quelques-unes de ces feuilles se trouvent placées non plus sur le rameau dont elles font partie, mais à sa base, de telle sorte qu'elles semblent être les bractées qui ont donné naissance à ces rameaux, tandis que les feuilles, dans l'aisselle desquelles ces rameaux sont réellement nés, se trouvent bien loin au-dessous. La réalité de ce que j'avance est prouvée : SÉANCE 1)1 26 JUILLET IS5/|. 171 1° Par !a gradation successive de la distance qui sépare les feuilles de leurs rameaux et qui ne permet pas de se tromper lorsqu'on rattache les rameaux supérieurs à l'aisselle de feuilles fort éloignées d'eux. 2° Par une côte très sensible qui fait légèrement saillie sur la tige, qui est moins velue que le reste de cette tige, et qui va de l'aisselle de chaque feuille au point où se détache son rameau. Cette côte, plus visible dans le basque dans le haut de l'inflorescence, est produite par les faisceaux fibro- vasculaires qui constituent le rameau, et qui, recouverts par l'épiderme de la tige, se trouvent soudés avec cette tige. Je dois ajouter que, chose bizarre et que je ne m'explique pas bien, cette côte se prolonge un peu au-dessus du rameau. Constituant en effet la partie inférieure de ce rameau, elle ne devrait pas, ce me semble, dépasser le point où il se détache de la tige. Ce prolongement étrange est surtout très appa- rent dans le bas'de la tige. Je serais très heureux si ceux de nos confrères qui ont plus que moi l'habitude de l'analyse anatomique des organes des végétaux voulaient bien nons donner la solution de cette difficulté, sur la- quelleje n'ose pashasarder la moindre hypothèse. Cette explication, d'ailleurs, quelle qu'elle puisse être, ne se rapporte pas directement au sujet essentiel de cette communication. Ce que je désire surtout, messieurs, c'est de vous faire constater vous- mêmes, sur l'échantillon qui est devant vous : 1° Que, dans une inflorescence rapidement développée, les rameaux peu- vent se séparer de la tige plus ou moins loin de la feuille ou bractée dans l'aisselle de laquelle ils naissent ; 2° Que, par suite de cet éloignement anormal de deux points qui, nor- malement, devraient se confondre, les feuilles ou bractées d'un axe secon- daire peuvent paraître appartenir et l'axe primaire, et que, par conséquent, une feuille ou bractée peut très bien su rencontrer à la base du rameau sur lequel elle devrait être, et sembler ainsi donner naissance au rameau même auquel elle appartient et dont elle émane en réalité (1). Je ne sais si je me fais illusion, mais il me semble que la constatation de ces faits n'est pas entièrement dépourvue d'intérêt, et peut avoir des con- séquences qui ne sont pas sans quelque valeur. En effet, très probablement et bien que le temps m'ait manque pour m'en assurer d'une manière absolue, très probablement, dis-je, des faits de cette nature doivent se rencontrer dans beaucoup d'autres inflorescences, surtout (1) Depuis la rédaction de cette note, j'ai eu occasion de constater chez une plante de la même famille un phénomène tout à fait inverse. Dans l'inflorescence du Sedum Telephium , les derniers rameaux entraînent souvent avec eux les feuilles dans l'aisselle desquelles ils naissent, et ces feuilles appartenant réellement à Taxe primaire, semblent appartenir à un axe secondaire, c'est-à-dire au rameau même qui naît dans leur aisselle. 17*2 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. dans celles qui se développent avec une certaine rapidité. S'il en est ainsi, j'ose croire que quelques points encore obscurs de la ramification des in- florescences et de la disposition des bractées, involucres, etc., pourront être élucidés d'une manière assez satisfaisante. Si l'approbation de la Société m'y encourage, j'essaierai de poursuivre cette petite étude chez quelques autres végétaux, en particulier chez les plautes grimpantes qui croissent très vite, et j'aurai l'honneur de lui rendre compte du résultat de mes recherches. Puisque la Société m'a permis de l'entretenir du Sempervivum tectorum, j'ajouterai quelques mots sur la manière de végéter de cette plante curieuse a plus d'un titre. Ce qui frappe surtout en elle, c'est son extrême vitalité. J'ai, sur uue assiette et sans un atome de terre végétale, des rosettes séparées de la plante mère depuis quatorze mois et qui sont encore parfaitement vi- vantes. Outre l'air atmosphérique, un seul agent vital est nécessaire pour qu'elles se conservent ainsi, c'est la lumière; placées dans l'obscurité, ou seulement à l'ombre, les rosettes ne tardent pas à s'allonger, à s'étioler et à périr. Durant un certain nombre d'années, la rosette plantée en terre émet chaque printemps, vers le mois de mai, plusieurs rejets qui forment de nouvelles rosettes et reproduisent la plante. Ces rejets prennent naissance entre les feuilles de la rosette mère qui se sont développées l'année précédente, et qui n'en produiront plus dans les années suivantes. Le bourgeon central de la rosette mère produit chaque année de nouvelles feuilles et grossit de plus en plus, surtout si l'on a soin de couper les rejets. Knfin il arrive un printemps où la plante n'émet plus de rejets (un ou deux très exceptionnellement). Par contre, le bourgeon central s'allonge très ra- pidement, et en une quinzaine de jours, l'intloresceuce atteint presque toute sa hauteur. Le développement de cette inflorescence n'arrive pas toujours exactement au même âge de la rosette. La première rosette que j'ai cultivée a été cueillie par moi sur un mur, près de Dampierre, le I e ' avril 1850. Klle était déjà alors d'une certaine grosseur et devait être âgée d'un an au moins. Cette rosette fleurit en ce moment, en même temps que deux autres rosettes qu'elle a produites en 1851, que j'ai mises dans des pots séparés et qui sont au moins de deux ans plus jeuues qu'elle. Le développement de l'inflorescence n'est donc pas une conséquence nécessaire d'un certain âge de la rosette, mais peut être retardé ou accéléré par les circonstances extérieures, et sur- tout par la marche plus ou moins régulière des saisons. Au printemps de l'année actuelle, le mois de mars et presque tout le mois d'avril ont été d'une sécheresse inaccoutumée. Mes trois Joubarbes, aban- données sur la fenêtre d'une chambre inhabitée, semblaient souffrir beau- coup de la chaleur précoce de ces deux mois. Leurs feuilles étaient devenues SÉANCE M 26 JUILLET 1854. 173 flasques et presque papyracées. Je les croyais perdues. Quelques arrose- ments ue suffirent pas pour leur rendre la santé; mais les pluies torrentielles de mai et de juin se chargèrent de ce soin. Une réaction brusque s'opéra, et je vis tout à coup mes Joubarbes reprendre une vigueur plus remarquable que jamais. Mais elles ne produisirent pas de rejets, comme je m'y attendais, et leur bourgeon central, par un développement rapide, devint, en peu de semaines, l'inflorescence dont vous avez un exemple sous les yeux. L'une d'elles a atteint une hauteur de 62 centimètres ; les premières fleurs de chacune des trois plantes se sont ouvertes le même jour, le 17 juillet. Ce simple récit peut offrir quelque intérêt aux horticulteurs. Il serait possible, en effet, que pour faire lleurir promptement certaines plantes grasses qui végètent de la même manière, il fût bon de les soumettre, vers la fin de l'hiver, à une extrême sécheresse, puis, de remplacer brusquement ce jeûne sévère par des arrosements très abondants. Quelles que soient les causes qui la retardent ou l'accélèrent, l'inflores- cence est toujours le terme de l'évolution de la plante. Le suprême effort qui transforme une humble rosette en un brillant candélabre épuise ses forces et met fin à sa vie. Alors cette végétation luxuriante s'arrête ; alors cet or- ganisme plein de vitalité, qui semblait se suffire à lui-même et se rajeunir sans cesse, subit à son tour la loi commune. La pauvre Joubarbe doit mourir et meurt en effet, en dépit du nom pompeux dont les botanistes l'ont vai- nement décorée. Sic transit Sempervivum. M. Germain de Saint-Pierre dit qu'il a vu plusieurs exemples ana- logues, notamment sur les tiges d'une pomme de terre qui avaient poussé dans une cave. Un rameau, soudé à sa lige, devenait libre beaucoup plus haut que la feuille dont l'aisselle lui avait donné naissance. M. Brongniart fait observer que cette soudure est normale chez les Solanées, dont plusieurs lui doivent leurs feuilles géminées. M. Trécul rappelle le fait encore plus frappant de Y Erythrochiton hijpophyllanthus, où le rameau floral est soudé jusqu'à la nervure de la feuille supérieure, et semble naître de cette feuille. M. de Schœnefeld présente un rameau de Châtaignier qui porte à son extrémité des chatons femelles presque aussi longs et aussi garnis de fleurs que les chatons mâles. Il ajoute que, dans la châtaigneraie de Chambourcy (Seine-et-Oise), où ce rameau a été cueilli, un grand nombre d'arbres offraient des rameaux sem- blables. Ce fait a peut-être été occasionné par l'extrême humidité de la lin du printemps. t. i. 12 17/| SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 31. Duchartre présente la communication suivanle : EXPÉRIENCES SUR DES BOUTURES DROITES ET RENVERSÉES, par M. P. DUCHARTRE. Pendant l'existence de quelques mois du jardin de l'Institut agronomique, j'avais institué plusieurs séries d'expériences sur divers points de physio- logie végétale. Quoique restées forcément incomplètes , certaines de ces expériences m'ont donné des résultats qui m'ont paru mériter d'être pu- bliés. Tels sont ceux qui vont faire le sujet de cette note. Je m'étais proposé d'étudier expérimentalement diverses questions que soulève l'histoire des boutures, et sur lesquelles la science possède des don- nées intéressantes , mais encore insuffisantes pour amener à une solution définitive. Deux seulement d'entre ces questions m'occuperont ici. 1° Influence de la plantation à différentes profondeurs sur là végétation des boutures. — Un expérimentateur ingénieux de notre Midi, Lardier, a fait à ce sujet des expériences multipliées qui lui ont paru mettre hors de doute les avantages des boutures superficielles. «Les boutures exigent ., dit-il , pour prospérer, d'être plantées à 7 ou 8 pouces de profondeur tout au plus, dans les terrains secs et chauds, et à 6 ou 7 pouces dans les terres naturellement humides ou qu'on arrose. » (Voy. J.-S. Lardier, Nouv. traité théor. et pratique sur les semis et les plantations des arbres, etc. Paris, 1828, p. 148.) Les espèces sur lesquelles cet observateur a opère sont : la Vigne, le Cognassier, le Grenadier, le Citronnier, le Figuier, le Platane, le Peuplier d'Italie, etc. Pour vérifier l'exactitude de la conclusion générale que je viens de re- produire, le 22 juin 1852, j'ai planté 6 boutures de Saule blanc formées de branches de m ,02 environ de diamètre, dans une plate-bande de terre bien ameublie et engraissée par une culture jardinière de plusieurs années. Ces boutures ont été enfoncées : deux à 0"',1 62 (6 pouces), deux autres à m ,32ft (1 pied), les deux dernières à 0"\&86 (18 pouces). L'expérience a été for- cément arrêtée le 10 octobre 1852. Les boutures avaient toutes repris et végété avec plus ou moins de vigueur; mais celles qui avaient donné les plus fortes productions étaient précisément les deux qu'on avait plantées le plus profondément. L'une et l'autre avaient développé une forte masse de racines, dont plusieurs étaient longues de 5 ou 6 décimètres et épaisses a leur base de 5-6 millimètres ou même davantage. Cette masse de racines vigoureuses était née exclusivement dans la longueur du décimètre inférieur de la bouture. Dans l'étendue des deux décimètres supérieurs à cette pre- mière partie, on ne voyait que des racines courtes et grêles, espacées, au nombre seulement d'une douzaine; enfin toute la portion supérieure, encore plongée sous terre , sur une longueur de près de deux décimètres , n'avait pas émis une seule racine. SÉANCE ULi 2(3 JUILLET 1854. 175 Les quatre boutures enfoncées en terre à 0"\324 et () m ,162 avaient fourni des productions sensiblement plus faillies. Les deux premières avaient dé- veloppé plusieurs fortes racines groupées dans l'étendue du décimètre infé- rieur ou partant du bout même de la bouture entre le bois et l'écorce ; la partie moins enterrée avait donné à peine quelques radicelles très grêles et très courtes qui n'avaient évidemment aucune importance pour la nutrition des deux jeunes arbres. Enfin, les deux dernières boutures, qui étaient les plus superficielles, n'avaient produit qu'une forte racine, et celle-ci partait de leur section inférieure, de manière à paraître les continuer dans une di- rection oblique. Ces six exemples parfaitement concordants sont évidemment en contra- diction formelle avec le principe général énoncé par Lardier comme consé- quence de ses expériences. Ils montrent que, du moins pour le Saule blanc, et dans les conditions de mon expérience, les boutures plantées profondé- ment en terre s'enracinent mieux, végètent plus vigoureusement que les autres, et que dans toutes, quel que soit leur enfoncement dans le sol, les racines naissent ou uniquement ou principalement clans la portion la plus éloignée de la surface du sol. J'ajouterai que les résultats de cette expérience ont été confirmés par ce que j'ai vu sur plusieurs autres boutures, faites pour des recherchés d'une autre nature. 2° Végétation des boutitres renversé es. — Duhamel me paraitêtre le premier qui ait fait des expériences dans cette direction. C'est le Saule blanc qui lui servit de sujet pour ses recherches. Voici en peu de mots les résultats qu'il constata (Phys. des arbres ,11, p. 115 et suiv. ) : Les branches plantées dans une direction renversée reprirent en général sans difficulté; elles produisirent plusieurs jeunes branches qui, après avoir poussé « comme si elles eussent voulu gagner la terre, » se recourbèrent bientôt pour prendre la direction ordinaire. De leur côté , les racines suivirent d'abord une direction telle que si elles eussent tendu à gagner la superficie du sol; après quoi elles se recourbèrent pour s'enfoncer en terre. Les tiges de ces boutures renversées se firent remarquer par la formation de côtes grosses comme le doigt « qui semblaient répondre à la naissance des blanches. » Il se forma des bourrel